Le prolifique écrivain mondialement connu Bernard-Henri Lévy (BHL), qui compte plus de quarante ouvrages à son actif sans oublier ses nombreux films et chroniques, commence son ouvrage sur une grave amertume, une grande déception, annonciatrice, selon lui, d’un monde nouveau, ce qu’il nomme « le mauvais esprit du monde » : le désintérêt, voire la trahison de l’Occident envers les Kurdes, eux qui ont pourtant été au front du combat contre l’État islamique, donc de la barbarie.

Constatant que « les États-Unis sont une puissance, mais qui ne s’est jamais résolue à l’empire », BHL voit dans le lâchage des Kurdes par les Américains le signe d’un empire qui commence à se « dissoudre ». Malgré la nette domination des GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple), toutes américaines, la force économique et intellectuelle des États-Unis, certes encore indéniable, n’empêche pas le « mouvement général de retrait et de décomposition », les « renoncements » de ce pays à l’égard de ses engagements moraux de liberté.

Devant cet affaissement américain relativement au soutien envers la cause des peuples, bien représenté par l’isolationnisme acharné de Trump, se profile la montée en puissance de cinq rois dirigeant leur pays avec une main de fer : l’Arabie saoudite, la Chine, l’Iran, la Russie et la Turquie.