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100e anniversaire de la LNH: nos meilleurs souvenirs sportifs

Huffington Post, 18 avril 2017

Ça se bouscule en matière d’anniversaire cette année: l’année 2017 marque en effet le 150e anniversaire de la fondation du Canada; le 375e de la Ville de Montréal; et presque tout aussi important compte tenu de l’importance du hockey dans notre culture nationale: cette année consacre le 100e anniversaire de la naissance de la Ligue nationale de hockey (LNH), fondée à Montréal en 1917.

Sans surprise, une flopée d’ouvrages et de documentaires est attendue, qui permettront de nous remémorer les «faits saillants» de ce premier siècle de hockey. Avec d’autant de plaisir au Québec que le Canadien de Montréal (le CH, nos « Glorieux ») demeure l’équipe la plus auréolée, avec ses 24 coupes Stanley, trophée remis au champion des séries éliminatoires. Une coupe devenue le couronnement suprême du sport professionnel en Amérique du Nord, en raison du nombre d’équipes à affronter et de victoires à aligner durant les séries pour remporter les grands honneurs.

Le livre de Simon Grondin, Les faits saillants du match. Les 100 ans de la LNH (Presses de l’Université Laval, 2017) est un des rares livres en français publiés jusqu’à maintenant à l’occasion de ce premier centenaire.

Professeur de psychologie à l’Université Laval et expert du «temps psychologique», M. Grondin apparaît comme une figure iconoclaste dans l’univers des analystes du hockey. Il a déjà publié un livre hors norme, Le hockey vu du divan, paru en 2012, une singulière incursion dans le monde du hockey sous des angles nouveaux qui permettent de parler en profondeur des manies des joueurs, de leurs salaires, des bagarres, de l’arbitrage, de la latéralité, de l’amour des partisans pour leur équipe, de l’évolution des règles du hockey.

Le professeur Grondin en remet sur le métier, et profite de ce 100e anniversaire de la LNH pour nous faire de nouveau profiter de son talent de conteur et de gardien de la mémoire de notre sport national.

La LNH : des débuts modestes
Son livre commence par un retour en arrière sur l’histoire du hockey d’avant la LNH et son développement bancal et incertain au Canada et aux États-Unis: plusieurs ligues à vocation professionnelle sont en effet mises en place, avec des durées de vie se limitant souvent à un an.

Mais ce tâtonnement aboutit: la LNH démarre ses activités avec quatre équipes. Deux sont de Montréal: le Canadien et les Wanderers, les autres équipes représentant Ottawa et Toronto. Les Wanderers ne finissent pas la première saison. Québec devait être de l’aventure dès le départ, mais n’intègre la ligue que pour la troisième saison … avant de déménager l’année suivante.

Puis Boston rejoint la ligue en 1924, et New York, Détroit et Chicago entrent aussi dans l’aventure, en 1926. Durant une longue période, soit de 1942 à 1967, la LNH ne compte que six villes représentées: Montréal, Toronto, Boston, Chicago, Détroit, New York. Durant ce deuxième quart de siècle de la LNH, il y a toujours Montréal ou Détroit en finale, sauf en 1962.

L’année 1967-1968 permet enfin une expansion: six autres équipes épousent la LNH. La lancée se poursuit depuis, si bien qu’il y aura l’an prochain 31 équipes nord-américaines dans la LNH, dont sept au Canada. Fait singulier: trois clubs opèrent en Californie et deux en Floride… bref, dans des endroits où la seule glace que l’on voit est celle des cocktails qui nous rafraîchissent de la grande chaleur…

La rivalité historique Canadien-Boston
Un chapitre est consacré à une des plus grandes rivalités du sport professionnel: les affrontements Canadien-Boston en séries éliminatoires. Pour les plus âgés, les souvenirs se bousculeront et pour les plus jeunes, il sera permis de se frotter à des moments historiques de notre club à Montréal.

Savez-vous que ces deux clubs se sont rencontrés quelque 34 fois au printemps, et que le CH a été victorieux… pas moins de 25 fois !

Des séries âprement disputées, remplies de moments uniques de tension et de rivalité, avec les grands noms qui ont marqué le destin des deux équipes: les Orr, Esposito, Bourque chez Boston; les Béliveau, Lafleur, Dryden, Roy, Koivu et tant d’autres chez le CH.

Les derniers chapitres du livre de M. Grondin représentent un défi pour les experts avisés : ce sont des questionnaires testant les connaissances en hockey, groupés par décennie dans un cas et en catégories distinctes (équipes d’étoiles, gagnants de plusieurs Coupes …) dans l’autre. Les réponses sont parfois accompagnées d’un complément d’information qui offre une perspective nouvelle au lecteur. Malgré les millions de partisans au Québec qui suivent notre sport national presque pas à pas, il y a fort à parier que très peu de connaisseurs pourront répondre adéquatement à la majorité des questions soumises…

Bref, une lecture intéressante et instructive, qui nous replonge dans des moments uniques ayant défini l’évolution du hockey de la LNH. À recommander autant pour les partisans occasionnels que pour les amateurs aguerris…

Communiquer pour changer le monde

par Nataly Rainville
Hydro-Presse, octobre 2015

Conseiller – Affaires institutionnelles, Yvan Cliche a trouvé avec Relations publiques sans frontières une cause qui lui permet de mettre son expertise au profit des pays en développement.

« Mon intérêt pour les affaires internationales remonte à l’adolescence. Puis, pendant mes études de maîtrise en science politique, j’ai passé un an en Algérie et six mois en Tunisie. Quant à mon mémoire de MBA, il a porté sur le développement international d’Hydro-Québec.

« En 2008, j’ai obtenu un congé sans solde afin de réaliser un mandat de trois ans à la Banque africaine de développement, à Tunis. Cette organisation a pour mandat de réduire la pauvreté en Afrique en octroyant des prêts à des taux favorables.

« Ce fut une expérience extraordinaire, sur le plan tant personnel que professionnel. J’étais accompagné de ma conjointe et de mes deux filles. Nous avons notamment vécu de l’intérieur la Révolution tunisienne, qui a mené à la chute du président Ben Ali.

« À mon retour au Québec, en 2011, le président du Cabinet de relations publiques NATIONAL, Luc Beauregard, m’a invité à faire du bénévolat au sein de Relations publiques sans frontières (RPSF). Il avait fondé cet organisme quatre ans plus tôt avec d’autres communicateurs. En plus de siéger au conseil d’administration, je dirige le Comité des projets.

« Essentiellement, RPSF réalise des missions en collaboration avec des organismes partenaires tels qu’Oxfam-Québec, Equitas et Terre sans frontières. Nos interventions bénévoles visent à aider des organismes de pays en développement à utiliser les relations publiques comme levier de progrès. À ma connaissance, RPSF n’a pas d’équivalent dans le monde.

« Comme responsable du Comité des projets, mon rôle consiste à élaborer des projets en partenariat avec des organismes de développement et à trouver les communicateurs bénévoles qui pourront les mener à bien. Je suis impliqué de la définition du mandat au rapport final soumis par le chef de mission.

« À mon arrivée, je m’étais donné pour objectif de faire croître le nombre de missions réalisées. De deux missions par année en 2009, nous en avons réalisé sept en 2013 et autant en 2014.

« Les missions durent d’une à trois semaines. Ce sont des mandats qui marquent les participants : nos chefs de mission reviennent tous enchantés de leur expérience.

« Bien qu’exigeant, le travail que j’accomplis pour RPSF m’apporte une grande satisfaction. Il est gratifiant de constater qu’on peut contribuer, même à petite échelle, à l’essor de projets dans des pays en développement.

« Pour l’heure, RPSF est financé au moyen de dons privés. Notre objectif à moyen terme est d’obtenir du financement public afin d’accroître notre portée et de multiplier les missions. »

Pour en savoir plus : RPsansfrontieres.org

RPSF en bref
À ce jour, RPSF a organisé près de 30 missions en Afrique, en Amérique latine et en Asie. Les projets contribuent par exemple à lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants, à encourager la participation à des programmes de relance agricole ou encore à soutenir des coopératives de commerce équitable.

Polyglotte
Jusqu’à maintenant, RPSF a réalisé des mandats en français, en anglais, en portugais, en espagnol et en arabe.

Pour la cause
Lors de son plus récent événement-bénéfice, RPSF a pu compter sur des conférenciers bien connus : Jean Charest et Pierre-Marc Johnson, anciens premiers ministres du Québec, et Raymond Chrétien, ex-ambassadeur. La tenue de tels événements s’avère une importante source de financement.

Un intérêt marqué
Intéressé par les questions arabes, Yvan Cliche est l’auteur du livre Initiation au développement international (2006) et le coauteur de La dernière croisade : la guerre du Golfe et le rôle caché du Canada (1992). Il a de plus signé plusieurs articles parus dans divers médias québécois. Pour les lire, consultez le www.yvancliche.orgOuverture de la page dans une autre fenêtre.

African media call on each other to play a crucial role in climate change

Outreach, South Africa, 25 juin 2011

The media have had a strong voice at the Climate Investment Funds (CIF) Partnership Forum in Cape Town, reiterating the fundamental role media and communications has in sensitizing policy makers and African communities to the challenges of climate change.

However fundamental to their futures, governments and people across the continent remain poorly informed of what climate change really means for them. This is compounded by the current predominant state of the media, which is under resourced across many African nations, including those most vulnerable to climate change.

The African media is still not organized by area of specialty, with stories linked to climate change falling under environmental reports if such a portfolio exists within an individual publication or most likely climate change related news is covered in an ad hoc fashion by general reporters and editors.

Few journalists understand the nuances of climate change, its implications for the continent and the mammoth task ahead for the continent both in terms of adapting to various implications, as weil as galvanizing a young generation on a continent receiving the most prolific combination of population and economie growth.

Media participants at the CIF meetings agreed that the effects of climate change in Africa are real: desertification and severe water shortages, for example were highlighted. lt is this initial stage of understanding that needs to be capitalized on, with journalists facilitated, through targeted capacity building to portray such issues in the context of their readership and importantly engage policy players on these issues.

What will it take to raise awareness on environmental matters in Africa? At the local level, the media at the GIF partnership commented that focus should be put on education to increase the quantity and quality of information on the effects of climate change. This allows a connection with the readership at an emotive level to galvanize action relating to what an individual can do on a daily basis to help conserve the world’s resources and reduce their individual contribution to global climate change.

Africa’s media, despite its lack of resources, can raise awareness through good story telling, and by using low-cost tools, like social media which are rapidly increasing in popularity across the continent. In addition international organizations need to facilitate a targeted approach to increase capacity amongst journalists and to convene more training session’s, both focusing on content of publications and attaining a balance between scientific tact and emotive engagement. lt should also focus on how African journalists can link into existing networks and expertise housed on the continent.

In this manner effort will be placed on building up existing resources and connecting partners, the advantage of this is an imbedded knowledge of the readership they are targeting. As the media gathered at the CIF Partnership have reiterated ‘we need a cultural adjustment policy », emphasizing the magnitude of the task facing climate change advocates on the continent.

Inga, un des piliers du développement futur de l’Afrique et une solution idoine au changement climatique

Site web de la Banque africaine de développement, 7 juin 2011

Dans un contexte de combat contre le changement climatique, le développement du site d’Inga, en République démocratique du Congo (RDC), représente une opportunité pour l’ensemble de la planète, ont souligné les panélistes d’un séminaire tenu le 7 juin 2011 intitulé «Le projet de développement hydroélectrique d’Inga», tenu dans le cadre des Assemblées annuelles 2011 de la Banque africaine de développement (BAD).

Le séminaire, intitulé La croissance verte : une perspective africaine, s’est penché sur deux sujets, soit la croissance verte et le projet Inga.

Le projet Inga, avantageux sur le plan économique et environnemental
Au plan économique, le développement d’un tel projet de production d’énergie propre implique la réalisation d’un grand volume d’études et de travaux, qui devront s’exécuter selon les meilleures pratiques en cours dans le monde, ont rappelé les auteurs d’un consortium franco-canadien d’une étude sur le développement du site.

L’utilisation de l’hydroélectricité, ressource propre, renouvelable et à coût compétitif pourrait permettre à la RD Congo de se garantir une autosuffisance en matière d’énergie électrique, d’autant plus que le pays dispose d’un immense potentiel hydroélectrique, dont la part économiquement exploitable est estimée à plus de 100 000 mégawatts.

De plus, sur le plan de la production, il pourrait alimenter en énergie propre et fiable, via des interconnexions, tout le continent africain, a indiqué un panéliste.

Au plan environnemental et climatique, le développement du site d’Inga comporte aussi des effets bénéfiques. En effet, l’énergie hydroélectrique constitue une énergie propre qui, dans certaines régions du continent, viendra se substituer à l’énergie d’origine thermique.

Une telle substitution conforterait l’Afrique dans sa position de continent émettrice de faibles émissions de gaz à effet de serre.

La BAD, qui est résolument engagée dans le développement des infrastructures en Afrique, souhaite accompagner le Gouvernement congolais pour identifier les meilleures solutions aux nombreux défis que pose la mise en valeur réussie de cet énorme potentiel. Mais il faudra trouver des solutions ingénieuses, créatives, a souligné le vice-président de la BAD, Bobby Pittman, car ce projet est tout à fait unique en Afrique.

Le secteur financier africain a besoin de plus de compétition

Site web, Banque africaine de développement, 6 juin 2011

Pour se développer et être plus performant, le système financier africain a besoin de plus de compétition, disent des spécialistes de la Banque africaine de développement (BAD) et de la Banque mondiale.

Dans un ouvrage intitulé La finance en Afrique : au-delà de la crise, publié par La finance au service de l’Afrique, une organisation hébergée par la BAD, les spécialistes soutiennent qu’une concurrence accrue favoriserait l’innovation financière, l’adoption de nouveaux produits et de nouvelles technologies, et une diversification permettant à la fois un meilleur service aux clients et l’élargissement de ces services à de nouvelles clientèles.

Comment y arriver ? Par la voie de la réglementation, ce qui nécessite l’intervention des gouvernements. «Encourager l’innovation implique est un état d’esprit plus ouvert de la part des organes de régulation», soulignent les experts, qui insistent sur le besoin d’une réglementation souple, qui vise à la fois à assurer la stabilité du secteur, mais aussi son évolution face aux défis posés par le marché financier, sur le plan local, régional et international.

Cet élargissement doit se réaliser tout en accordant une attention accrue aux utilisateurs des services financiers. Une culture financière plus adéquate doit être infusée à la fois aux entreprises et aux ménages, notamment par le développement des compétences financières et l’instauration de cadres de protection du consommateur.

Cartographie de la finance en Afrique
L’ouvrage recèle une série d’indicateurs sur l’accès, la taille et l’efficacité des services financiers africains. Aujourd’hui, les systèmes bancaires africains sont stables, bien capitalisés et affichent un bon niveau de liquidité. Toutefois, ceux-ci manquent de profondeur, car trop dominés par les banques. Les transactions se font majoritairement à court terme, ce qui ne favorise guère le développement des affaires.

Les systèmes financiers manquent aussi d’ampleur : le taux de pénétration des agences bancaires par habitant est bien en dessous de la moyenne mondiale, ainsi que la disponibilité des guichets automatiques. Enfin, les services bancaires sont chers et en limitent l’accès pour des populations disposant en majorité de maigres ressources.

Thorsten Beck, Samuel Munzele Maimbo, Issa faye, Thouraya Triki, La finance au service de l’Afrique: au-delà de la crise, 2011.

La coopération Sud-Sud: pourquoi cet intérêt croissant ?

Site web, Banque africaine de développement, 5 novembre 2010

La coopération Sud-Sud est le nouveau sujet à l’ordre du jour des débats au sein de la communauté du développement. Cette coopération n’est certes pas toute nouvelle, mais elle semble aller en s’accroissant, à la faveur de la progression économique de pays tels le Brésil, l’Inde, la Chine, voire l’Arabie saoudite, la Turquie, l’Afrique du Sud. Sans compter les banques arabes de développement, actives dans les pays récipiendaires depuis les années 60.

Il n’est pas étonnant, dans ce contexte, qu’une table-ronde ait été consacrée à ce sujet au cours de la Deuxième réunion régionale sur l’efficacité du développement, qui s’est tenue à Tunis les 4 et 5 novembre 2010.

Devant les résultats parfois mitigés de l’aide traditionnelle Nord-Sud, certains voient dans cette coopération une voie nouvelle pour propulser les pays en développement. Ces pays ne partagent-ils pas en effet une expérience commune, similaire, moins éloignée l’une de l’autre, rendant le transfert d’expertise et de technologies plus fluide ?

Plusieurs idées ont circulé au cours de cette table-ronde. Pour l’un des participants, la coopération Sud-Sud, même si elle revêt une forme différente de la coopération plus traditionnelle entre le Nord et le Sud, ne peut faire l’économie des principes régissant la Déclaration de Paris, soit l’appropriation, l’alignement de l’aide, l’harmonisation, la gestion axée sur les résultats, la redevabilité.

De plus, cette coopération ne doit pas être vue comme un substitut à la coopération avec les pays riches, mais comme un complément. Les deux axes de coopération doivent se renforcer mutuellement, en fait optimiser les efforts de développement engagés par les pays africains.

Si un encadrement formel de la relation d’aide Sud-Sud n’existe pas encore, certains participants souhaiteraient au moins voir émerger un « protocole » régissant les ces liens d’aide entre pays donateurs et pays récipiendaires.

Pour l’heure, peu de pays ont des structures institutionnelles bien établies régissant leur relation d’aide, ni de politiques très claires d’intervention. Et encore moins de mesures concrètes des résultats atteints.

Bien qu’encore peu étudiée et analysée, la coopération Sud-Sud s’imposera à l’ordre du jour du quatrième Forum de haut niveau sur l’efficacité de l’aide (HLF-4), qui se tiendra à Busan, en Corée du Sud, en novembre 2011.

D’ici cette importante rencontre, les Africains devront tenter de dégager les leçons apprises de la coopération Sud-Sud, conclut un participant. De manière à la rendre encore plus effective dans le cadre des actions menées par la communauté internationale pour plus d’efficacité dans les actions de développement consacrées au continent africain.

L’aéroport d’Enfidha de la Tunisie : promouvoir des partenariats public-privé

Site web, banque africaine de développement, 6 octobre 2010

Selon les experts en développement, le partenariat public-privé constitue la solution tout indiquée pour mettre pleinement en valeur le potentiel de l’Afrique.

Le projet de l’aéroport Zine El Abidine Ben Ali à Enfidha, en Tunisie, une ville émergente située à environ 100 km au sud de Tunis et à 60 km de l’aéroport de Monastir, en est une bonne illustration, autant pour l’Afrique du Nord que pour tout le continent africain.

Selon les autorités tunisiennes, la modernisation et l’expansion des infrastructures aéroportuaires étaient devenues une priorité, notamment en raison des importants projets de développement touristique et industriel programmés.

Les principaux aéroports actuels de la Tunisie, situés au nord-est du pays, sont soit déjà saturés (Aéroport de Monastir), soit proches de la saturation (Aéroport de Tunis- Carthage). Ils desservent les principales zones touristiques de Sousse, Hammamet et Monastir, sur la côte méditerranéenne.

Un nouvel aéroport devenait donc nécessaire, et la participation du secteur privé a agit comme catalyseur pour la conception et la réalisation du projet.

Logique : Au lieu d’assumer seuls les coûts et les risques du projet, les autorités tunisiennes ont préféré se fier à l’apport du capital privé, misant au surplus sur la capacité managériale du secteur privé et sur ses technologies de pointe.

Résultat : un aéroport moderne, spacieux, confortable et efficace.

Le projet d’Enfidha
Le modèle retenu d’investissement implique des contrats de concession pour 40 ans. Le premier pour l’exploitation, la maintenance et le développement de l’aéroport de Monastir, et le second, sous le modèle «construction/exploitation/transfert», pour un tout nouvel aéroport à Enfidah.

Le projet a été décerné à TAV Airports Holding, une compagnie turque basée à Istanbul, spécialisée dans la construction, l’exploitation et la gestion des aéroports. En plus de Monastir et d’Enfidah en Tunisie, TAV gère présentement quatre aéroports en Turquie, à savoir Istanbul Ataturk, Ankara Esenboga, Antalya Gazipasa et Izmir Adnen Menderes, deux aéroports en Georgie, Tbilissi et Batumi, et deux autres en Macédoine, Skopje et Ohrid.

En mai 2008, TAV Airports, par le truchement de sa filiale TAV Tunisie S.A., a élaboré un plan financier faisant intervenir la Société financière internationale (SFI), filiale de la Banque mondiale, et plusieurs banques commerciales.

Cependant, suite aux perturbations intervenues sur les marchés financiers mondiaux, les banques commerciales ont dû revoir à la baisse le niveau d’investissement envisagé dans le projet.

La Banque africaine de développement (BAD), ainsi que d’autres institutions financières, ont ainsi été approchées pour aider à combler le manque de financement et réaliser le bouclage financier. La BAD a fait une contribution financière de 70 millions d’euros à titre de prêt.

Le projet a débuté en juillet 2007 et la première phase a été complétée en octobre 2009.

Selon la direction de l’aéroport, l’aéroport a déjà atteint les standards de performance internationaux. Il dispose d’une capacité de traitement de quelques 4 500 bagages l’heure, tout en respectant les standards de sécurité des aéroports européens.

L’aéroport se fait une fierté d’offrir les meilleurs services aux passagers, tout en minimisant leur temps d’attente à l’arrivée comme au départ.

Les impacts du projet
Pendant la phase de construction du projet, qui durera environ deux ans, environ 2 200 emplois directs à plein temps ont étés créés.

Près de 70 % de la main d’œuvre a été recrutée localement, le reste étant constitué essentiellement d’expatriés turcs.

Durant la phase d’exploitation, le projet génère environ 1 400 emplois directs.

Rencontrés sur place, des employés ont exprimé leur fierté de travailler à l’aéroport d’Enfidha. Pour plusieurs, ce projet leur procure un emploi de qualité, un salaire compétitif et leur évite l’exil vers les grands centres urbains.

Des passagers interrogés expriment aussi leur surprise à l’arrivée à l’aéroport, surprise qui contribue à les mettre en confiance dès le début de leur séjour.

La stratégie de la Banque pour la Tunisie (2007–2011) s’articule autour du renforcement des politiques macroéconomiques et l’accélération des réformes, la modernisation des infrastructures (le transport en particulier), le renforcement du secteur productif et la consolidation du capital humain.

Le projet d’Enfidha s’inscrit dans le deuxième chapitre, qui prévoit la modernisation de l’infrastructure, le développement d’opportunités pour la création de richesses dans le domaine des infrastructures et la fourniture aux divers acteurs économiques d’un ensemble d’installations à un coût abordable.

Ceci s’inscrit pleinement dans le droit-fil de la priorité accordée par la Banque à l’accélération du développement des infrastructures en Afrique par le biais des partenariats public-privé.

Le projet de l’aéroport Enfidha Zine El Abidine Ben Ali est également conforme à cet objectif, étant désormais plus important investissement public-privé en faveur de l’infrastructure à ce jour en Tunisie.

Le projet constitue de plus la première concession dans le domaine du transport en Tunisie et la première concession d’aéroport dans la région du Maghreb.

Via ce projet, la Banque et le gouvernement tunisien reconnaissent le rôle vital que joue l’infrastructure dans le développement économique du pays et ailleurs sur le continent.

Afrique : quand et comment se sortir de la crise

Site web, Banque africaine de développement, 24 août 2010

Depuis le déclenchement de la crise économique et financière, des débats animés ont cours parmi les experts sur les meilleures stratégies économiques à mettre en œuvre pour sortir de la crise.

Si certains prônent la poursuite des programmes de relance massivement financés par les États, d’autres en revanche préconisent des mesures énergiques en faveur la réduction des déficits et des dépenses publiques.

Des économistes de la Banque africaine de développement (BAD) interviennent dans le débat. Dans un document intitulé « Africa Rebounding: When and How to Exit from Crisis Intervention Policies », ces chercheurs favorisent une sortie «ordonnée et graduelle» des programmes de relance.

«Les gouvernements doivent maintenir un équilibre délicat entre les programmes de stabilisation à court terme et l’atteinte de la croissance économique à long terme. Maintenant que les programmes de relance ont été mis en place, les questions clés concernent leur durée, le moment d’y mettre fin, et comment coordonner les stratégies de sortie de crise dans les pays.»

Les auteurs suggèrent aux gouvernements d’éviter des changements brusques de stratégies, pour maintenir une stabilité propice au décollage économique.

Les programmes de relance mis en route depuis la crise et qui se sont montrés relativement efficaces en Afrique pour en contrecarrer les effets, auront d’autant plus d’impacts, soulignent les auteurs, qu’ils viseront aussi à combler les déficits en infrastructure et à établir des systèmes de sécurité sociale encore trop faiblement implantés sur le continent africain.

A moyen terme, préviennent les chercheurs, les dirigeants devront s’atteler au développement du secteur financier, ceci pour en accroître l’efficacité, notamment par une concurrence accrue.

Le développement d’un secteur privé fort doit aussi rester une priorité. Le rôle des gouvernements est de créer un environnement socio-économique et règlementaire stable, de favoriser concurrence loyale et bonne gouvernance. Il s’agit également de promouvoir une plus forte intégration régionale génératrice d’opportunités d’affaires pour les entreprises.

Secteur privé et infrastructure en Afrique : l’Etat a encore un rôle à jouer

Site web, Banque africaine de développement, 29 juillet 2010

Les réalisations des projets privés d’infrastructure sont en hausse en Afrique, d’après une étude publiée récemment. Selon une étude rendue publique en première lecture lors de la Conférence économique africaine de 2008 et publiée en juillet 2010, l’Afrique subsaharienne a vu émerger 357 projets privés d’infrastructure entre 1990 et 2007, représentant des investissements plus de 68 milliards de dollars.

Selon l’étude intitulée « Private Sector Participation in Infrastructure in Africa » et dirigée par Jérôme Afeikhena, le secteur des télécommunications a attiré la plus grande part de ces investissements, suivi du secteur des transports.

L’étude s’inscrit dans le cadre d’une série de publications rendues officielles en juillet 2010 par la Commission économique pour l’Afrique (UNECA) et la Banque africaine de développement (BAD), suite à une revue des pairs. Quelque 18 études ont ainsi été rendues publiques, focalisant sur les divers enjeux du développement de l’Afrique. Ces études visent à tirer les leçons des expériences de développement des pays du continent pour améliorer l’efficacité des politiques publiques.

Les 357 projets identifiés par M. Afeikhena ont été réalisés suite à la vague de privatisations qui a marqué les années 90 dans les pays en développement. Confrontés au manque d’entretien et à une gestion déficiente des infrastructures publiques, ces pays se sont tournés vers le secteur privé pour développer les projets d’infrastructure ou pour en assurer la gestion, une attitude encouragée par les banques multilatérales de développement.

Mais les tenants de la privatisation ont été trop optimistes, signale le chercheur Jérôme Afeikhena : « Il y a eu une erreur de politique, car fondée sur un dogme selon lequel les infrastructures seraient financées par le secteur privé. En fait, pour une multitude de raisons, notamment liées au climat des affaires et à la profitabilité des projets, l’investissement privé s’est avéré limité en termes de volumes, de secteurs et de pays. »

Si les progrès anticipés ont été plutôt décevants par rapport aux résultats attendus, les cas réussis de privatisation ont bel et bien amené les bénéfices prévus en termes de réduction des coûts, de qualité du service, de territoires desservis, précise l’auteur.

Malgré cela, le retard de l’Afrique en matière d’infrastructure reste énorme, et notamment dans le secteur crucial de l’énergie.

Les résultats mitigés de cette vague de privatisation ne signifient pas qu’il faille revenir à l’ancienne formule du tout-Etat, bien au contraire, insiste l’auteur. Un des enseignements à tirer est que les besoins sont simplement trop immenses pour être satisfaits par le seul secteur privé. Celui-ci ne pourra combler qu’une fraction des 38 milliards USD d’investissement annuel nécessaire au cours des 10 prochaines années pour rattraper le retard de l’Afrique dans ce domaine.

Une autre leçon à dégager de cette expérience de privatisation est la nécessité d’accentuer les réformes, légale et réglementaire, pour assainir davantage le climat des affaires, et renforcer la participation du secteur public dans ces projets. Contrairement à ce qui avait été envisagé, l’Etat reste un joueur central dans ces opérations pour identifier et faciliter la participation du secteur privé dans les activités où il a le plus de chances de réussir.

Par ailleurs, à moyen terme, le secteur public ne doit pas se contenter de fournir un appui « passif » en matière de financement ou de garantie, mais aussi favoriser le transfert d’expertise, de technologies, le renforcement des capacités nationales. « Le développement de projets à succès exige des facteurs en quantité rare dans les pays développés. Ce sont le temps, l’argent et des habiletés techniques pointues », souligne l’étude. De plus, la participation du secteur privé ne cadre pas toujours avec tous les types de projets d’infrastructure et avec tous les pays en développement.

Outre l’État, le secteur privé national en Afrique est dorénavant mieux positionné pour initier des financements. Contrairement à un investisseur étranger, l’investisseur africain est mieux protégé contre les risques de change, contre les risques politiques, et il dispose maintenant de meilleures sources locales de financement, plusieurs pays s’étant lancé avec succès dans des financements internationaux d’envergure.

Enfin, une approche régionale aux projets d’infrastructure s’impose plus que jamais, insiste l’auteur. Les projets régionaux offrent l’avantage de fortes économies d’échelle, et peuvent profiter de l’appui actif d’organisations régionales, notamment le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD).

Africa speaks with one voice on the issue of climate change

Site web, Banque africaine de développement, 7 décembre 2009

Interview with Anthony Okon Nyong, Head of Unit, Gender, Climate Change and Sustainable Development, African Development Bank

Question : How important is the issue of climate change for Africa?

Answer: African nations, in both absolute and per capita terms, are not significant sources of emissions on a global scale, but bear a disproportionately larger negative impact of climate change.

Climate change poses an additional burden to the continent, which is currently grappling with the challenge of meeting basic developmental needs. In fact, the continent is at risk of a reversal of the modest gains made thus far towards achieving the MDGs, if the projected negative impacts of climate change are not addressed in the near term.

Considering that climate change poses a formidable threat to the continent’s economic development, Africa needs to seek ways of building resilience into its climate sensitive economic sectors to ensure sustained economic growth.

This ultimately creates competition for the scarce financial resources available. However, climate change is also providing the impetus for the continent to chart a low carbon intensive development pathway that will ensure that the continent does not become a major polluter in its quest for development. This requires substantial financial, technical and human resources that are currently outside the continent’s reach.

Africa Acting Together
Question: What prompted Africa to act together and adopt a common position for the Copenhagen conference on climate change? Could it be the 2008 Algiers Declaration or the 2009 Nairobi Declaration?

Answer: The risks posed by climate change do not respect political boundaries as they are common to the entire continent. There is no single part of the continent that is spared its deleterious impacts, as basic human survival is threatened everywhere on the continent.

This threat has therefore served as a rallying point for all African leaders to seek a common solution to the problem. It underlies the continent’s bid to develop a common coherent African position and to speak with one voice in on-going negotiations. It is also important to send a clear message to Africans and to the world that African leaders take the issue of climate change very seriously, that Africa wants to be a part of the solution to the global climate change crisis.

Question: What is the African position?

Answer: Africans have voiced their concerns and recommendations on a number of issues:

Adaptation to Climate Change
Africans urge urgent international cooperation on the implementation of adaptation actions as well as according adaptation the same level of priority and emphasis as that given to mitigation globally. The continent seeks the establishment of a global adaptation action program that will implement, support and facilitate urgent and immediate adaptation actions, and build the continent’s resilience to the adverse impacts of climate change.

Mitigation
Africa is advocating for the building of a firewall between developed country commitments and developing country actions. There is an objection to the continued reliance on offsets by developed countries for meeting their commitments, insisting that these commitments should be met primarily domestically. The continent also demands that developed country emission reductions include specific targets, be subject to a compliance regime and be comparable in terms of efforts made.

Technology and Capacity Building
Africans are urging for a commitment by developed countries to deploy and transfer accessible, affordable, appropriate and adaptable technologies to developing countries for enhanced action on both adaptation and mitigation. Developed countries should commit to providing full costs and incremental costs to support the development of adaptation and mitigation technologies, as enshrined in the United Nations Framework Convention on Climate Change.

Furthermore, African negotiators are asking for the removal of barriers to technology transfer, which includes addressing intellectual property rights for the development and deployment of climate-friendly technologies. They are also asking developed countries to commit to strengthening the institutional capacity of developing countries to undertake climate action.

Financing Africans support the establishment of new financing mechanisms to deliver financial resources that are adequate, predictable, sustainable and additional to existing ODA. The financial mechanisms should ensure a transparent governance structure, ease of access to funds by developing countries, and an effective disbursement mechanism. They also request that developed countries commit to a target of 0.5% of their GDP for climate action in developing countries.

Moreover, they also urge that financial incentives be developed to implement adaptation actions on the basis of sustainable development policies; and that positive incentives be adopted for developing countries to enhance the implementation of national mitigation strategies and adaptation actions.