Ces inquiétantes inégalités

Bulletin MBA, décembre 2002-janvier 2003

Le texte de notre chroniqueur Jacques Bouliane, portant sur l’égoïsme croissant d’une partie de nos dirigeants d’entreprise, tombe à point nommé.

Les auteurs, des intellectuels réputés dans leur domaine, dénoncent la course à l’enrichissement qui guide tes dirigeants d’entreprise et la mainmise d’une oligarchie d’actionnaires, obnubilés par la hausse de leurs actions et incapables d’envisager la valeur d’une entreprise autrement que par des ratios financiers froids et implacables.

On en parte, et c’est tant mieux car le problème est réel et profond. Un exemple : déjà immensément riche et craquant sous l’argent, Jack Welch, l’ex-pdg vedette de General Electric, avait quand même senti la nécessité de se négocier des avantages indus exorbitants : accès aux appartements de fonction de la société, billets gratuits à des matchs de baseball et autres inutilités pour un homme dont la fortune personnelle avoisine le milliard.

Depuis un an, la rémunération moyenne des dirigeants d’entreprise a augmenté de … 88 %, alors que les revenus moyens des entreprises sont restés stables et que le cours des actions a fondu, faisant disparaître le pécule de nombre de ménages et petits actionnaires. Bref, les patrons gagnent de plus en plus d’argent, les salaires de la moyenne stagnent, et les inégalités sociales grandissent.

Beau portrait de société !

Nos dirigeants attendent-ils la révolte des gagne-petit pour mettre un frein à leur insatiable appétit de millions ?

Clairement, l’équilibre nécessaire entre une rémunération juste pour les chefs d’entreprise et la paie de ceux qui les aident à faire tout ce bel argent est de plus en plus en faveur des premiers. Pourtant, le message quant à leur responsabilité sociale leur a été envoyé plus d’une fois. À eux, maintenant, d’avoir l’intelligence d’en prendre fait et, surtout, acte.

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