Stratégie militaire et information

Le Continuum, 13 février 1984

POUR NOMBRE d’observateurs de la scène politique, l’année 1983 aura été celle des euromissiles. Le déploiement commencé, à la fin de l’année dernière, des célèbres missiles de l’OTAN aura donc été l’événement politique qui a attiré la plus grande couverture par la presse écrite et parlée et qui a suscité le plus de commentaires des divers spécialistes de la sociologie politique.

Aussi, en ce début d’année 1984, il n’est pas surprenant de constater que l’organisme universitaire « Le Club des Relations internationales (CRI) » ait fait de la stratégie militaire le thème de son 17e Congrès annuel. Plus précisément, le colloque du CRI, qui se déroulera du 16 au 18 février prochain à l’Hôtel du Parc portera sur « L’environnement stratégique dans les années ’80 ».

Selon le directeur du Congrès, M. Jocelyn Coulon, l’intérêt d’une telle session réside « en ce que depuis l’apparition des armes nucléaires, c’est la première fois qu’on en parle tant au Québec. Vu le manque d’information pertinente, c’est l’occasion pour le grand public, et plus particulièrement pour les étudiants, de s’informer sur des questions importantes concernant le débat nucléaire ».

Plusieurs invités de marque viendront situer le rôle des organisations nationales et entretenir le public sur divers aspects de l’environnement stratégique international. Notamment, le général Pierre Gallois, père de la stratégie de dissuasion française, parlera de l’évolution des concepts stratégiques de l’armement nucléaire depuis 1945.

Notons que M. Gallois présidera également la conférence de clôture (banquet) qui portera sur le thème du Congrès.

S’il est un aspect fort complexe du débat nucléaire, c’est bien celui du contrôle des armements. Ce sujet sera abordé par un spécialiste de la question, M. Andrew Pierre, du Council of Foreign Relations. La controverse des euromissiles, quant à elle, soulève encore bien des remous. Pour nous éclairer davantage à ce propos, MM. Yves Boyer, de l’Institut français des Relations internationales et Simon Serfaty, de la prestigieuse Université John Hopkins, interviendront sur l’installation des euromissiles et sur l’avenir de l’OTAN.

La conférence d’ouverture sera présidée par M. Jean-Luc Pépin, ministre d’État aux Relations extérieures, qui discutera du Canada et de la paix mondiale. MM. Charles-Philippe David et Guy Hevey essaieront de situer le rôle des organisations nationales et internationales dans le maintien de la paix. M. Pat Black, adjoint au sous-ministre des relations extérieures, traitera de la politique canadienne de défense, tandis que le docteur Georges Lindsey, directeur de la recherche opérationnelle au ministère de la Défense du Canada, parlera du Canada et de l’armement nucléaire.

Dans tout le débat nucléaire, la place de l’URSS demeure souvent ambiguë. La propagande nous présente ce pays soit comme un agresseur, soit comme un pays subissant « l’assaut » américain. M. Mark Katz, de la Brooking Institution et M. Luc Duhamel, professeur de science politique à l’U de M, tenteront de nous brosser un tableau de la politique militaire de l’Union soviétique face aux États-Unis et à l’Europe de l’Ouest.

La question nucléaire embrasse maints champ d’étude et se répercute sur plusieurs domaines d’activités. Au plan juridique, M. Mircea Mateesco-Matte, professeur à l’Université de Nantes apportera des précisions sur l’enjeu juridique du nouveau champs de bataille que constitue l’espace. Enfin, les conséquences politiques et technologiques seront abordées par M. Harold Klépak, professeur au Collège militaire de St-Jean.

Notons qu’il s’agit-là du plus important Congrès tenu par le CRI depuis sa fondation. Le Club tiendra au cours du colloque un comptoir de livres et de brochures et plusieurs kiosques seront organisés par divers centres de recherche pour le bénéfice des participants.

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