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100e anniversaire de la LNH: nos meilleurs souvenirs sportifs

Huffington Post, 18 avril 2017

Ça se bouscule en matière d’anniversaire cette année: l’année 2017 marque en effet le 150e anniversaire de la fondation du Canada; le 375e de la Ville de Montréal; et presque tout aussi important compte tenu de l’importance du hockey dans notre culture nationale: cette année consacre le 100e anniversaire de la naissance de la Ligue nationale de hockey (LNH), fondée à Montréal en 1917.

Sans surprise, une flopée d’ouvrages et de documentaires est attendue, qui permettront de nous remémorer les «faits saillants» de ce premier siècle de hockey. Avec d’autant de plaisir au Québec que le Canadien de Montréal (le CH, nos « Glorieux ») demeure l’équipe la plus auréolée, avec ses 24 coupes Stanley, trophée remis au champion des séries éliminatoires. Une coupe devenue le couronnement suprême du sport professionnel en Amérique du Nord, en raison du nombre d’équipes à affronter et de victoires à aligner durant les séries pour remporter les grands honneurs.

Le livre de Simon Grondin, Les faits saillants du match. Les 100 ans de la LNH (Presses de l’Université Laval, 2017) est un des rares livres en français publiés jusqu’à maintenant à l’occasion de ce premier centenaire.

Professeur de psychologie à l’Université Laval et expert du «temps psychologique», M. Grondin apparaît comme une figure iconoclaste dans l’univers des analystes du hockey. Il a déjà publié un livre hors norme, Le hockey vu du divan, paru en 2012, une singulière incursion dans le monde du hockey sous des angles nouveaux qui permettent de parler en profondeur des manies des joueurs, de leurs salaires, des bagarres, de l’arbitrage, de la latéralité, de l’amour des partisans pour leur équipe, de l’évolution des règles du hockey.

Le professeur Grondin en remet sur le métier, et profite de ce 100e anniversaire de la LNH pour nous faire de nouveau profiter de son talent de conteur et de gardien de la mémoire de notre sport national.

La LNH : des débuts modestes
Son livre commence par un retour en arrière sur l’histoire du hockey d’avant la LNH et son développement bancal et incertain au Canada et aux États-Unis: plusieurs ligues à vocation professionnelle sont en effet mises en place, avec des durées de vie se limitant souvent à un an.

Mais ce tâtonnement aboutit: la LNH démarre ses activités avec quatre équipes. Deux sont de Montréal: le Canadien et les Wanderers, les autres équipes représentant Ottawa et Toronto. Les Wanderers ne finissent pas la première saison. Québec devait être de l’aventure dès le départ, mais n’intègre la ligue que pour la troisième saison … avant de déménager l’année suivante.

Puis Boston rejoint la ligue en 1924, et New York, Détroit et Chicago entrent aussi dans l’aventure, en 1926. Durant une longue période, soit de 1942 à 1967, la LNH ne compte que six villes représentées: Montréal, Toronto, Boston, Chicago, Détroit, New York. Durant ce deuxième quart de siècle de la LNH, il y a toujours Montréal ou Détroit en finale, sauf en 1962.

L’année 1967-1968 permet enfin une expansion: six autres équipes épousent la LNH. La lancée se poursuit depuis, si bien qu’il y aura l’an prochain 31 équipes nord-américaines dans la LNH, dont sept au Canada. Fait singulier: trois clubs opèrent en Californie et deux en Floride… bref, dans des endroits où la seule glace que l’on voit est celle des cocktails qui nous rafraîchissent de la grande chaleur…

La rivalité historique Canadien-Boston
Un chapitre est consacré à une des plus grandes rivalités du sport professionnel: les affrontements Canadien-Boston en séries éliminatoires. Pour les plus âgés, les souvenirs se bousculeront et pour les plus jeunes, il sera permis de se frotter à des moments historiques de notre club à Montréal.

Savez-vous que ces deux clubs se sont rencontrés quelque 34 fois au printemps, et que le CH a été victorieux… pas moins de 25 fois !

Des séries âprement disputées, remplies de moments uniques de tension et de rivalité, avec les grands noms qui ont marqué le destin des deux équipes: les Orr, Esposito, Bourque chez Boston; les Béliveau, Lafleur, Dryden, Roy, Koivu et tant d’autres chez le CH.

Les derniers chapitres du livre de M. Grondin représentent un défi pour les experts avisés : ce sont des questionnaires testant les connaissances en hockey, groupés par décennie dans un cas et en catégories distinctes (équipes d’étoiles, gagnants de plusieurs Coupes …) dans l’autre. Les réponses sont parfois accompagnées d’un complément d’information qui offre une perspective nouvelle au lecteur. Malgré les millions de partisans au Québec qui suivent notre sport national presque pas à pas, il y a fort à parier que très peu de connaisseurs pourront répondre adéquatement à la majorité des questions soumises…

Bref, une lecture intéressante et instructive, qui nous replonge dans des moments uniques ayant défini l’évolution du hockey de la LNH. À recommander autant pour les partisans occasionnels que pour les amateurs aguerris…

Présentation des joueurs du Canadien de Montréal: on s’est ennuyé de PK!

Huffington Post, 7 octobre 2016

Étant un partisan inconditionnel du Canadien de Montréal et souhaitant renouer avec mon esprit de jeunesse, j’ai eu envie le 5 octobre 2016 d’assister à la présentation des joueurs effectuée au Complexe Desjardins, à Montréal.

Les responsables du Complexe Desjardins n’avaient pas fait dans la dentelle, en profitant de tous les espaces libres de ce centre d’affaires bien tenu pour faire la promotion de ce «spectacle», sans compter les nombreuses caméras de télévision sur place pour diffuser l’événement.

À ma surprise, il n’y avait pas une foule très nombreuse à ce rassemblement.

Mais il y avait quand même un nombre appréciable de personnes présentes pour apercevoir de plus près «nos Canadiens», comme le clame la chanson-thème de l’équipe au Centre Bell.

Malheureusement, cette rencontre des joueurs avec les partisans n’a été rien de moins qu’un rendez-vous manqué.

Un flop tant le langage corporel des représentants de la Sainte-Flanelle semblait indiquer un désintérêt total pour cette apparition publique, qui semblait vécue par eux comme une obligation, voire un mauvais moment à passer, à expédier au plus vite.

Dieu qu’on s’est ennuyé de PK Subban, échangé cet été par le Canadien aux Predators de Nashville! Lui au moins aurait mis le party dans la place!

Aucun joueur du CH n’affichait le moindre sourire ni n’a même daigné saluer de la main la foule présente qui applaudissait leur apparition sur scène. Tous sont montés sur la plateforme créée pour l’occasion comme des robots sans émotion, comme si on les appelait au tribunal pour recevoir leur sentence.

Je ciblais des yeux les trop rares Québécois de cette équipe, les Desharnais, les Danault, les Mitchell, et eux aussi participaient à ce collage de visages plats, qui rappelaient les photos prises à une certaine époque des membres du Politburo de l’ex-URSS, rendus célèbres pour leur visage de marbre sur lesquels planchaient les soviétologues en mal de compréhension des rouages internes du pays dirigé depuis Moscou.

Les joueurs du Canadien avaient-ils reçu consigne de rester sobre face à la clameur populaire? Avaient-ils été briefés pour éviter tout sursaut d’émotion face à une foule potentiellement en délire? Si c’est le cas: mission réussie.

Seul Michel Lacroix, annonceur-maison du Canadien, animateur de cette présentation, s’est évertué à mettre un peu d’âme à ce spectacle dénué d’élan.

Heureusement pour nous, l’exercice s’est conclu en à peine quelques minutes. Après avoir balancé à la foule quelques souvenirs lancés du haut de leur tour d’ivoire, les joueurs se sont faufilés vite fait, bien fait.

«Les Canadiens, c’est une partie de nous», dit aussi la chanson-thème de l’équipe.

C’était vrai avant. C’est passablement moins le cas maintenant.

L’apparente indifférence des joueurs du CH lors de leur présentation au Complexe Desjardins nous le rappelle, amèrement.