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L’effet 11 Septembre. 15 ans après

Collectif, L’effet 11 Septembre. 15 ans après, Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques, Septentrion, Québec, 2016, 205 pages.

Nuit blanche, site web, 8 décembre 2016.

Les différents auteurs de cet ouvrage ont finalement bien raison : notre monde est encore plongé dans les effets des tragiques événements du 11 septembre 2001. Bien que quinze ans se soient écoulés depuis ces attentats, « la tentation de l’exagération sécuritaire est difficilement réversible », écrit Charles-Philippe David en préface.

Une exagération sécuritaire qui fait que nous vivons finalement dans un « état d’exception permanent », avec de nouvelles lois et réglementations qui mettent à mal nos droits et libertés. Mais celles-ci sont perçues comme nécessaires par des populations gagnées par l’anxiété devant d’autres attentats, et qui acceptent ainsi de plus en plus la surveillance sophistiquée des États.

Cet état de « normalisation de l’état d’exception » entraîne un surinvestissement majeur dans l’industrie de la sécurité tous azimuts. D’un monde sans frontières, nous retournons petit à petit à des États avec chacun leurs frontières.

Le livre rappelle certaines réalités propres à cet enjeu devenu central pour tous les pays : le terrorisme. Ce phénomène n’est pas un mal qui frappe surtout l’Occident. Le terrorisme est en fait surtout confiné à trois pays : l’Afghanistan, l’Irak et le Pakistan. Aussi, le fait nouveau du terrorisme depuis quinze ans est l’augmentation des attentats-suicides qui visent des populations civiles. Voilà pourquoi ce type de violence frappe davantage nos esprits.

Et le Canada dans tout cela ? Surtout sous le gouvernement Harper, le pays s’est bel et bien inscrit dans ce nouveau « cadre de référence » tout sécuritaire, avec une politique étrangère au ton quasi militariste. Mais avec plus de rhétorique que d’actions, signale l’ouvrage, comme l’atteste la décroissance de nos dépenses militaires et de nos engagements internationaux. Un nouvel isolationnisme dont le gouvernement Trudeau semble décidé à se défaire, notamment grâce à un réengagement auprès des institutions multilatérales, dont l’ONU et les missions de paix.

Il y a à peine une génération, les Québécois devaient s’abreuver à des sources externes, surtout américaines et françaises, pour comprendre le monde qui les entourait. Il est réconfortant de lire cette contribution québécoise significative à l’analyse de l’évolution récente des enjeux internationaux, au surplus un regard rigoureux, soutenu par de nombreux graphiques : bref, un outil de référence pour les passionnés et les étudiants.