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Africa speaks with one voice on the issue of climate change

Site web, Banque africaine de développement, 7 décembre 2009

Interview with Anthony Okon Nyong, Head of Unit, Gender, Climate Change and Sustainable Development, African Development Bank

Question : How important is the issue of climate change for Africa?

Answer: African nations, in both absolute and per capita terms, are not significant sources of emissions on a global scale, but bear a disproportionately larger negative impact of climate change.

Climate change poses an additional burden to the continent, which is currently grappling with the challenge of meeting basic developmental needs. In fact, the continent is at risk of a reversal of the modest gains made thus far towards achieving the MDGs, if the projected negative impacts of climate change are not addressed in the near term.

Considering that climate change poses a formidable threat to the continent’s economic development, Africa needs to seek ways of building resilience into its climate sensitive economic sectors to ensure sustained economic growth.

This ultimately creates competition for the scarce financial resources available. However, climate change is also providing the impetus for the continent to chart a low carbon intensive development pathway that will ensure that the continent does not become a major polluter in its quest for development. This requires substantial financial, technical and human resources that are currently outside the continent’s reach.

Africa Acting Together
Question: What prompted Africa to act together and adopt a common position for the Copenhagen conference on climate change? Could it be the 2008 Algiers Declaration or the 2009 Nairobi Declaration?

Answer: The risks posed by climate change do not respect political boundaries as they are common to the entire continent. There is no single part of the continent that is spared its deleterious impacts, as basic human survival is threatened everywhere on the continent.

This threat has therefore served as a rallying point for all African leaders to seek a common solution to the problem. It underlies the continent’s bid to develop a common coherent African position and to speak with one voice in on-going negotiations. It is also important to send a clear message to Africans and to the world that African leaders take the issue of climate change very seriously, that Africa wants to be a part of the solution to the global climate change crisis.

Question: What is the African position?

Answer: Africans have voiced their concerns and recommendations on a number of issues:

Adaptation to Climate Change
Africans urge urgent international cooperation on the implementation of adaptation actions as well as according adaptation the same level of priority and emphasis as that given to mitigation globally. The continent seeks the establishment of a global adaptation action program that will implement, support and facilitate urgent and immediate adaptation actions, and build the continent’s resilience to the adverse impacts of climate change.

Mitigation
Africa is advocating for the building of a firewall between developed country commitments and developing country actions. There is an objection to the continued reliance on offsets by developed countries for meeting their commitments, insisting that these commitments should be met primarily domestically. The continent also demands that developed country emission reductions include specific targets, be subject to a compliance regime and be comparable in terms of efforts made.

Technology and Capacity Building
Africans are urging for a commitment by developed countries to deploy and transfer accessible, affordable, appropriate and adaptable technologies to developing countries for enhanced action on both adaptation and mitigation. Developed countries should commit to providing full costs and incremental costs to support the development of adaptation and mitigation technologies, as enshrined in the United Nations Framework Convention on Climate Change.

Furthermore, African negotiators are asking for the removal of barriers to technology transfer, which includes addressing intellectual property rights for the development and deployment of climate-friendly technologies. They are also asking developed countries to commit to strengthening the institutional capacity of developing countries to undertake climate action.

Financing Africans support the establishment of new financing mechanisms to deliver financial resources that are adequate, predictable, sustainable and additional to existing ODA. The financial mechanisms should ensure a transparent governance structure, ease of access to funds by developing countries, and an effective disbursement mechanism. They also request that developed countries commit to a target of 0.5% of their GDP for climate action in developing countries.

Moreover, they also urge that financial incentives be developed to implement adaptation actions on the basis of sustainable development policies; and that positive incentives be adopted for developing countries to enhance the implementation of national mitigation strategies and adaptation actions.

L’Afrique peut-elle s’en sortir ? Pourquoi l’aide publique ne marche pas

Robert Calderisi, L’Afrique peut-elle s’en sortir ? Pourquoi l’aide publique ne marche pas, Fides, Montréal, 2006

Stephen Lewis, Contre la montre. Combattre le sida en Afrique, Léméac, Montréal/Actes Sud, Arles, 2006, 242 p.

Nuit blanche, avril 2007

Le secteur de l’aide publique au développement, qui comprend des acteurs tels que l’Agence canadienne de développement international (basée à Gatineau), la Banque mondiale (Washington) et des ONG comme Oxfam, est peu connu du grand public. Pourtant, des milliards de dollars s’y brassent et des projets d’envergure s’y réalisent. Plusieurs firmes québécoises, notamment dans le génie-conseil, tirent une part majeure de leurs revenus des contrats de l’aide internationale.

Coup sur coup, deux Cana­diens viennent de publier des ouvrages sur le sujet. Le premier est celui d’un diplomate bien connu, Stephen Lewis. Le second est l’oeuvre d’un ex-cadre de la Banque mondiale, Robert Calderisi. Malgré leur citoyen­neté commune, les thèses qu’ils défendent sont diamétralement opposées.

Les deux nous font plonger dans le débat qui a présente­ment cours dans ce petit milieu influent. Pour les uns, il faut de toute urgence augmenter les budgets d’aide. C’est la thèse de Lewis, conseiller spécial de l’ONU sur la question du sida. Pour les autres, il faut au con­traire diminuer l’aide et mieux la cibler, au profit des gouver­nements affichant une bonne conduite en matière de droit et de démocratie. C’est la thèse de Calderisi, qui a oeuvré pendant plus de 20 ans à la Banque mon­diale, notamment en Afrique.

On comprend Stephen Lewis de s’indigner, lui qui voit de très près les ravages du sida en Afrique. Il décrie les méfaits des politiques de la Banque mondiale et du FMI, lesquelles, en insistant sur des réformes structurelles draconiennes, empêchent les pays d’ajouter des ressources au combat contre la maladie, qu’il présente comme la plus grave crise de l’histoire de l’humanité, rien de moins. Selon lui, il faut doubler, voire tripler les ressources actuelles destinées au combat contre ce virus. À cet égard, il condamne, dans un style vigoureux, « l’in­différence cruelle et la négli­gence coupable » de la commu­nauté internationale.

Le point de vue de Robert Calderisi ne manque pas de justesse. Il est bien connu que, pour la plupart, les gouverne­ments africains ont lamen­tablement failli à leur tâche de développer leur pays, par cupidité, par corruption, par mauvaise gouvernance.

Devant ce constat, Calderisi, dans un témoignage mi-analyse mi-mémoires personnels, pro­pose d’appuyer les pays afri­cains, peu nombreux, qui démontrent une réelle déter­mination à se sortir de l’enfer de la pauvreté endémique : Botswana, Ghana, Mali, Mozam­bique, Ouganda, Tanzanie.

Les autres ? Qu’on les laisse progresser vers plus de transpa­rence, de respect des règles du droit, d’ouverture politique avant de s’engager plus avant. Loin de lui le « sanglot de l’homme blanc ». Calderisi pointe du doigt les dirigeants africains. L’Afrique est respon­sable de ses propres malheurs, dit-il, et l’Occident est devenu trop tolérant devant l’incurie des dirigeants de ce continent. Pire, les pays riches contribuent à maintenir cette situation de dépendance par leurs program­mes d’aide trop généreux envers les États négligents, peu sou­cieux de rendre compte des sommes formidables qu’ils reçoivent depuis des décennies.

L’auteur ne se contente pas de déplorer. En conclusion de son ouvrage qui se lit d’un trait, il propose des solutions con­crètes et audacieuses quant aux façons d’orienter l’aide internationale, et ce, de manière à engager véritablement l’Afrique vers un avenir plus reluisant. Une très belle contribution à la réflexion dans ce domaine, dont d’autres fonctionnaires inter­nationaux retraités pourraient s’inspirer.

Dictionnaire de l’Afrique. Histoire, civilisation, actualité

Bernard Nantet, Dictionnaire de l’Afrique. Histoire, civilisation, actualité, Larousse, Paris, 2006

Nuit Blanche, automne 2006

Parmi ceux qui ont mis les pieds en Afrique, que ce soit en Afrique du Nord ou en Afrique subsa­harienne, peu sont revenus sans avoir été envoûtés par ce con­tinent et ses populations si hétérogènes. Partout, l’exotisme véritable est au rendez-vous ; la sensation de dépaysement y est totale, tant l’environnement, les goûts, les sons, les couleurs, les manières d’être différent de nos propres expériences, ici en Occident. Mais le continent africain continue d’être une terre méconnue : à preuve, on cata­logue encore les Africains selon une caractérisation si vaste qu’elle en devient par trop réductrice.

La complexité du continent fait peur aussi : autant par sa géographie que par ses nombreuses ethnies, qui jouent encore un rôle majeur derrière des États nationaux souvent bien chancelants. Plus que jamais, devant la complexité du sujet, on requiert un guide, un fourre-tout informationnel qui permet de guider les pas, d’y voir plus clair, de mettre peu à peu les éléments en place.

L’ouvrage de Bernard Nantet s’attaque à ce très ambitieux objectif et… y parvient avec un louable succès. Il faut dire que le livre ratisse large. Il ne se cantonne pas uniquement à la réalité « afro-africaine », mais à tous les faits et personnages qui traitent de l’Afrique. Par exem­ple, une entrée existe pour l’écrivain américain W.E.B. Du Bois. C’est que Du Bois a beau­coup milité pour l’avancement des Noirs américains et pour la cause africaine.

J’ai déjà pour ma part consa­cré des heures à feuilleter ce dictionnaire : mes lectures régu­lières sur l’Afrique ont enfin trouvé un sage compagnon, aussi utile que précieux.

Le NEPAD, un nouveau départ ?

Bulletin MBA, octobre 2002

Parmi les grands problèmes mondiaux qui persistent en ce début de XXIe siècle, l’un des plus difficiles à endiguer reste le sous-développement chronique de l’Afrique.

Le premier ministre Chrétien l’a bien compris, lui qui veut faire du décollage économique africain l’un des derniers grands chantiers de sa longue carrière. Le premier ministre se fait en effet le champion du NEPAD, le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique, débattu l’été dernier lors du dernier sommet du G8.

Il s’agit d’un plan de relance de l’économie de l’Afrique, élaboré par les Africains eux-mêmes et qui a reçu l’appui des 53 états du continent. Le « cas » africain a en effet de quoi défier les meilleures analyses. Ce continent recèle en effet d’innombrables ressources matérielles, du gaz en passant par le diamant, voire même l’eau si l’on pense au fleuve Inga en République démocratique du Congo.

L’Afrique a reçu depuis trente ans des milliards de dollars en aide pour des projets de toutes sortes, notamment dans le domaine des infrastructures (énergie, télécommunications, transport, etc.), de la part des banques multilatérales et des banques de développement nationales, dont l’Agence canadienne de développement international (ACDI).

Richesses humaines aussi quand on pense que les dirigeants africains ont souvent été formés à des grades supérieurs dans les meilleures universités d’Europe et d’Amérique du Nord.

Pourtant … le continent s’enfonce dans la misère et cumule du retard par rapport à ses partenaires latino-américains et asiatiques.

L’expérience africaine démontre plus que tout qu’il ne suffit pas de construire des ponts et des routes, de bâtir des centrales. Encore faut-il que l’environnement politique, économique et social soit propice au développement. Or, c’est justement à ce niveau que l’Afrique est en déficit : les conditions générales de la société permettent peu à l’épargne de se développer et aux énergies créatrices de se manifester. .. et encore moins à l’argent de circuler et à l’investisseur d’assumer un risque calculé.

Les dirigeants africains, du moins certains d’entre eux, reconnaissent maintenant cette vérité et préconisent un ménage dans leur propre cour.

Au lieu de quémander de l’aide ou de blâmer des forces extérieures supposément liguées contre leurs pays, ces leaders disent, ouvertement, qu’il leur faut changer leur approche et implanter de vraies réformes pouvant conduire à l’émergence de leur économie nationale.

On parle ici de cadre légal et réglementaire ouvert et transparent, d’un système judiciaire indépendant, d’une fonction publique compétente, bref, de l’instauration de pratiques de saine et bonne gouvernance.

Il aura fallu du temps, beaucoup de temps, des échecs répétés et une aggravation marquée de la situation économique et sociale pour en arriver à ce difficile constat. Il est donc permis d’espérer que, cette fois, les dirigeants africains vont tenter d’infléchir les politiques de leur pays en procédant, en même temps, à l’assainissement des conditions économiques locales, mais aussi, encore plus important, à la promotion de valeurs appropriées au développement humain, soit celles de rigueur, de respect des règles de droit et d’intégrité de la société civile. Le succès du NEPAD et l’avenir du continent africain en dépendent largement.