{"id":1130,"date":"2008-10-06T13:53:12","date_gmt":"2008-10-06T17:53:12","guid":{"rendered":"http:\/\/www.yvancliche.org\/?p=1130"},"modified":"2013-12-06T14:01:44","modified_gmt":"2013-12-06T19:01:44","slug":"projets-agricoles-au-burkina-faso-grandes-avancees","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.yvancliche.org\/?p=1130","title":{"rendered":"Projets agricoles au Burkina Faso, grandes avanc\u00e9es"},"content":{"rendered":"<p>Site web, Banque africaine de d\u00e9veloppement, octobre 2008<\/p>\n<p>Avec des investissements pourtant relativement peu spectaculaires, quelque 30 000 m\u00e9nages vivant de l\u2019agriculture se sortent de leurs conditions modestes pour se b\u00e2tir de petits p\u00e9cules, mettre de l\u2019argent en banque, am\u00e9liorer leur vie quotidienne, et aussi pr\u00e9parer l\u2019avenir, en utilisant leurs ressources suppl\u00e9mentaires pour envoyer leurs enfants se faire instruire \u00e0 l\u2019\u00e9cole. <\/p>\n<p>Ces petits miracles de vie, ils se r\u00e9alisent gr\u00e2ce \u00e0 la BAD au Burkina Faso, dans le sud-ouest de l\u2019Etat, une r\u00e9gion agricole fertile, car bien arros\u00e9e, consid\u00e9r\u00e9e comme le grenier du pays.<\/p>\n<p>\u00ab Les moyens de faire d\u00e9coller l\u2019agriculture en Afrique sont la formation, les moyens techniques et commerciaux ad\u00e9quats et la confiance \u00e0 donner aux paysans \u00bb, souligne Dominique Dyemkouma, coordonnateur du Projet d\u2019appui au d\u00e9veloppement local des provinces de la Comoe, L\u00e9raba et du K\u00e9n\u00e9dougou (PADL\/CK).<\/p>\n<p>Un simple coup de pouce, mais suffisant pour permettre aux agriculteurs de transiter d\u2019une culture pluviale \u00e0 une culture annuelle. Les bienfaits : une augmentation notable des quantit\u00e9s de production et une auto-suffisance accrue.<\/p>\n<p>Ces projets misent sur une meilleure productivit\u00e9 agricole pour augmenter d\u2019au moins 40 % la production agricole locale, mais aussi favoriser l\u2019\u00e9coulement des surplus d\u00e9gag\u00e9s, la professionnalisation des agriculteurs par le renforcement des capacit\u00e9s, en technique, en commerce, sans oublier l\u2019alphab\u00e9tisation. Ils concernent une superficie agricole de plus de 100 000 hectares, avec des productions vari\u00e9es comme le sorgho rouge, le mais, le manioc, les arachides, les agrumes, les mangues, les bananes. <\/p>\n<p>Des projets, signale Dominique Dyemkouma, choisis et g\u00e9r\u00e9s par les communaut\u00e9s elles-m\u00eames, regroup\u00e9es dans presque 500 comit\u00e9s ou organisations paysannes. Pour \u00eatre b\u00e9n\u00e9ficiaires en effet, celles-ci ont d\u00fb y mettre du leur, en g\u00e9n\u00e9ral en assumant environ 10 % du co\u00fbt total de l\u2019initiative retenue. Une fa\u00e7on de les impliquer, de les responsabiliser, afin que les communaut\u00e9s s\u2019approprient les projets, une des cl\u00e9s du d\u00e9veloppement. <\/p>\n<p>Et dans cette recherche de la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire : une approche respectueuse de l\u2019environnement, qui valorise la productivit\u00e9 plus que l\u2019accroissement des superficies cultiv\u00e9es. <\/p>\n<p>Le projet pr\u00e9conise l\u2019utilisation des mati\u00e8res premi\u00e8res comme engrais, pour des raisons de co\u00fbts certes, mais aussi de durabilit\u00e9 des sols. On cherche ainsi \u00e0 bien exploiter les sols d\u00e9j\u00e0 d\u00e9di\u00e9s \u00e0 l\u2019exploitation agricole avant de d\u00e9fricher d\u2019autres terres. M\u00eame les cl\u00f4tures pour emp\u00eacher le passage d\u2019animaux sont teint\u00e9es d\u2019\u00e9cologisme : on utilise plut\u00f4t des \u00e9pineuses, qui font ce travail au naturel.<\/p>\n<p>Voici un court portrait de ces valeureuses initiatives qui permettent aux Burkinab\u00e9 de faire de grandes avanc\u00e9es dans la lutte contre la pauvret\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Passer \u00e0 travers la crise<\/strong><br \/>\nPrintemps 2008. Dans le monde, on assiste \u00e0 la flamb\u00e9e des prix du p\u00e9trole et des denr\u00e9es alimentaires. En Afrique, la crise s\u00e9vit partout. Le Burkina Faso ne fait pas exception. Le prix du sac de riz est en hausse. R\u00e9sultat : la plupart des m\u00e9nages ne peuvent plus s\u2019en procurer, sinon doivent r\u00e9duire consid\u00e9rablement les portions quotidiennes. La grogne gronde. Il faut faire quelque chose, rapidement.<\/p>\n<p>Heureusement, la BAD r\u00e9agit prestement. Parmi les mesures concr\u00e8tes lanc\u00e9es pour face \u00e0 l\u2019augmentation des prix alimentaires, on compte sur une meilleure productivit\u00e9 des plantations. <\/p>\n<p>Un cas : Niangoloko. Une communaut\u00e9 de 1 000 agriculteurs. En juin 2008, elle re\u00e7oit des centaines de sacs de semences et d\u2019engrais, pouvant couvrir une superficie de 200 h. Juste \u00e0 temps pour la plantation de saison. L\u2019op\u00e9ration dure une semaine. A voir la qualit\u00e9 et la beaut\u00e9 des champs ainsi cultiv\u00e9s, les effets semblent des plus positifs. <\/p>\n<p>\u00ab La situation \u00e9tait fort difficile il y a quelque temps, dit Edouard, un agriculteur. On manquait de semences, d\u2019engrais, et les r\u00e9coltes n\u2019auraient pu \u00eatre au rendez-vous pour nourrir tout le monde. Gr\u00e2ce \u00e0 cet appui inattendu, nous allons faire face \u00e0 la situation et passer au travers. Un gros merci \u00e0 ces appuis. \u00bb<\/p>\n<p><strong>Petit cultivateur devenu entrepreneur<\/strong><br \/>\nTiankoub\u00e9, 33 ans, de Nafona, d\u00e9bute sa vie active comme la plupart des membres de sa famille : agriculteur. Pauvre, sans moyens ad\u00e9quats pour entretenir des plantations banani\u00e8res vigoureuses, fertiles l\u2019ann\u00e9e durant. Une grosse emb\u00fbche se dresse sur son chemin, comme pour tous les agriculteurs du pays : une irrigation irr\u00e9guli\u00e8re, abondante durant six mois (avril et novembre) et inexistante les autres mois. Or, les plantations ont besoin d\u2019un apport r\u00e9gulier d\u2019eau pour donner un rendement ad\u00e9quat. Il utilise certes des arrosoirs, mais celles-ci sont peu efficaces et ext\u00e9nuantes \u00e0 exploiter.<\/p>\n<p>La solution est bien simple, mais encore faut-il avoir les ressources pour l\u2019implanter : une moto-pompe, qui permettrait, gr\u00e2ce \u00e0 des conduits enterr\u00e9s dans le sol, d\u2019irriguer les surfaces cultiv\u00e9es. Ce syst\u00e8me \u00ab californien \u00bb, le projet PADL\/CK est en mesure de l\u2019installer.<\/p>\n<p>Les r\u00e9sultats sont \u00e0 l\u2019avenant. D\u2019une surface cultiv\u00e9e de moins d\u2019un hectare en 2002, Tiankoub\u00e9  en cultive maintenant\u2026 5, chacune ayant sa sp\u00e9cialit\u00e9 : banane, manioc, mais. Spectaculaire, le succ\u00e8s du jeune homme l\u2019inspire \u00e0 poursuivre sur cet \u00e9lan. En 2006, il se procure, par ses propres moyens, une autre moto-pompe, qui lui permet d\u2019augmenter sa productivit\u00e9, d\u2019embaucher des travailleurs. Six employ\u00e9s sont maintenant \u00e0 sa charge, dont il prend en sus les frais d\u2019h\u00e9bergement et de sant\u00e9. <\/p>\n<p>Cette nouvelle situation (ce p\u00e8re de trois enfants a maintenant deux comptes bancaires, un cellulaire, un v\u00e9lo, une moto) lui permet d\u2019envisager l\u2019avenir avec optimisme. Il s\u2019est construit une maison, et ne compte pas en rester l\u00e0. Il entend diversifier sa production. En somme, le projet a fait vibrer les fibres d\u2019un jeune entrepreneur, qui contribue \u00e0 hausser les conditions de vie environnantes et donne le go\u00fbt \u00e0 d\u2019autres de se lancer aussi \u00e0 l\u2019assaut de cette agriculture rentable.<\/p>\n<p><strong>Une production croissante<\/strong><br \/>\nL\u2019apport bien concret des moto-pompes profite aussi \u00e0 l\u2019exploitation Tangr\u00e9la. Ici, la culture de la bananeraie, du ma\u00efs et des cacaoyers se fait maintenant avec une irrigation \u00e0 l\u2019ann\u00e9e. L\u2019exploitation initiale de 2 hectares s\u2019est agrandie jusqu\u2019\u00e0\u2026 65 hectares. <\/p>\n<p>Si bien que le groupement responsable de l\u2019exploitation s\u2019est ouvert un compte conjoint \u00e0 la caisse populaire et profite de ses deniers si bienvenus pour s\u2019acheter de meilleurs outils, exploiter davantage, vendre ses surplus. Les habitants se r\u00e9jouissent de cette vie plus digne : meilleures habitations, acquisition de moyens modernes de d\u00e9placement. <\/p>\n<p><strong>L\u2019eau, devenue accessible<\/strong><br \/>\nDe longs kilom\u00e8tres parcourus tous les jours, \u00e0 force de longues heures \u00e9puisantes, du temps qui p\u00e8se sur les vies de ces habitants, qui peinent pourtant tr\u00e8s fort pour se faire une vie minimalement d\u00e9cente et nourrir correctement leurs enfants. <\/p>\n<p>Nul doute, disposer d\u2019eau aux abords du village de Panga serait une avanc\u00e9e pr\u00e9cieuse pour cette communaut\u00e9 rurale. Depuis mars 2008, cet espoir si longtemps entretenu se mat\u00e9rialise : un puits est mis en op\u00e9ration et permet, aux femmes surtout, d\u2019aller chercher une eau potable \u00e0 proximit\u00e9, \u00e9pargnant les longues heures et la fatigue d\u2019autrefois.<\/p>\n<p>\u00ab Notre vie est tellement plus facile, nous dit une r\u00e9sidente, c\u2019est incomparable. Un merci de tout c\u0153ur au projet pour cette nouveaut\u00e9, que nous ch\u00e9rissons chaque jour. \u00bb<\/p>\n<p>Un m\u00eame changement de vie \u00e0 Yend\u00e9r\u00e9, o\u00f9 quelque 50 agriculteurs profitent depuis 2008 de deux puits. Un b\u00e9n\u00e9ficiaire, Yacoub\u00e9, explique : \u00ab On souffrait beaucoup auparavant. On devait creuser \u00e0 m\u00eame le sol, parfois sans succ\u00e8s, souvent loin dans la brousse. Maintenant, la vie est vraiment meilleure. L\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau nous permet d\u2019accro\u00eetre notre production, de nous sp\u00e9cialiser par type de culture. On gagne ainsi plus d\u2019argent en vendant nos exc\u00e9dents. Bref, on s\u2019\u00e9puise moins, tout en gagnant plus. On s\u2019est \u00e9lev\u00e9 d\u2019un cran. \u00bb<\/p>\n<p><strong>Un moulin, qui fait le travail en deux minutes  <\/strong><br \/>\nDes efforts surhumains, journaliers, \u00e9puisants, voil\u00e0 ce que devaient fournir les femmes du village de Mondon pour moudre le manioc afin de faire vivre leurs familles. Quand les responsables du projet \u00e9changent avec elles pour d\u00e9terminer quelle technologie leur permettrait d\u2019am\u00e9liorer leurs conditions de vie, le choix n\u2019est pas difficile \u00e0 identifier : un moulin pour transformer en petits morceaux comestibles le manioc si durement recueilli et hach\u00e9 selon les m\u00e9thodes traditionnelles. <\/p>\n<p>Maintenant, la communaut\u00e9 peut disposer de manioc hach\u00e9 en deux minutes, une t\u00e2che occupant ais\u00e9ment trois bonnes heures auparavant, et ce sans efforts, lib\u00e9rant au surplus du temps pour d\u2019autres travaux. Mieux : une production accrue, permettant la vente aux communaut\u00e9s avoisinantes, et des ressources cumul\u00e9es pour mieux se nourrir et garder les enfants \u00e0 l\u2019\u00e9cole. <\/p>\n<p>De plus, le projet offre des cours d\u2019alphab\u00e9tisation. Durant deux mois, la communaut\u00e9 a en effet rejoint les bancs d\u2019\u00e9cole pour apprendre \u00e0 lire, \u00e0 compter, pour mieux s\u2019autog\u00e9rer. \u00ab On a d\u00e9pass\u00e9 l\u2019auto-suffisance, et on peut d\u00e9gager des ventes aupr\u00e8s des march\u00e9s. C\u2019est un avantage ind\u00e9niable. On tient \u00e0 poursuivre dans cette voie, dit K.Sombi\u00e9, pr\u00e9sident du groupement de quelque 100 femmes. De plus, avec cet appui, nous pourrons aider nos membres en cas de besoins. \u00bb<\/p>\n<p><strong>Natures, c\u2019est bien, s\u00e9ch\u00e9es, c\u2019est encore mieux<\/strong><br \/>\nQui ne raffole pas des mangues, ce fruit si juteux, si savoureux ? Or, comme ce fruit pourrit rapidement, peu peuvent en profiter, hormis les chanceux habitants situ\u00e9s tout pr\u00e8s des plantations. La fa\u00e7on de p\u00e9renniser les vertus de la mangue et d\u2019en faire profiter d\u2019autres heureux : le s\u00e9chage.<\/p>\n<p>La coop\u00e9rative s\u2019approvisionne aupr\u00e8s des quelque 150 agriculteurs membres, puis transforme le produit, en le chauffant pour lui faire perdre son eau. Ensuite celui-ci est mis en sachets, selon des formes dict\u00e9es par le march\u00e9 : en galettes, en chips, en b\u00e2tonnets. Le tout sans additifs chimiques. R\u00e9sultat : une activit\u00e9 \u00e9conomique qui d\u00e9passe celle du coton dans la r\u00e9gion. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Site web, Banque africaine de d\u00e9veloppement, octobre 2008 Avec des investissements pourtant relativement peu spectaculaires, quelque 30 000 m\u00e9nages vivant de l\u2019agriculture se sortent de leurs conditions modestes pour se b\u00e2tir de petits p\u00e9cules, mettre de l\u2019argent en banque, am\u00e9liorer leur vie quotidienne, et aussi pr\u00e9parer l\u2019avenir, en utilisant leurs ressources suppl\u00e9mentaires pour envoyer leurs [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[387],"tags":[403,404],"class_list":["post-1130","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles","tag-burkina-faso","tag-projets-de-developpement"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.yvancliche.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1130","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.yvancliche.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.yvancliche.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.yvancliche.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.yvancliche.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1130"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.yvancliche.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1130\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1132,"href":"https:\/\/www.yvancliche.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1130\/revisions\/1132"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.yvancliche.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1130"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.yvancliche.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1130"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.yvancliche.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1130"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}