{"id":123,"date":"2007-04-26T11:16:03","date_gmt":"2007-04-26T15:16:03","guid":{"rendered":"http:\/\/www.yvancliche.org\/?p=123"},"modified":"2013-11-21T17:02:16","modified_gmt":"2013-11-21T22:02:16","slug":"123","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.yvancliche.org\/?p=123","title":{"rendered":"L\u2019Afrique peut-elle s\u2019en sortir ? Pourquoi l\u2019aide publique ne marche pas"},"content":{"rendered":"<p>Robert Calderisi, L\u2019Afrique peut-elle s\u2019en sortir\u00a0? Pourquoi l\u2019aide publique ne marche pas, Fides, Montr\u00e9al, 2006<\/p>\n<p>Stephen Lewis, Contre la montre. Combattre le sida en Afrique, L\u00e9m\u00e9ac, Montr\u00e9al\/Actes Sud, Arles, 2006, 242 p.<\/p>\n<p>Nuit blanche, avril 2007<\/p>\n<p>Le secteur de l&rsquo;aide publique au d\u00e9veloppement, qui comprend des acteurs tels que l&rsquo;Agence canadienne de d\u00e9veloppement international (bas\u00e9e \u00e0 Gatineau), la Banque mondiale (Washington) et des ONG comme Oxfam, est peu connu du grand public. Pourtant, des milliards de dollars s&rsquo;y brassent et des projets d&rsquo;envergure s&rsquo;y r\u00e9alisent. Plusieurs firmes qu\u00e9b\u00e9coises, notamment dans le g\u00e9nie-conseil, tirent une part majeure de leurs revenus des contrats de l&rsquo;aide internationale.<\/p>\n<p>Coup sur coup, deux Cana\u00addiens viennent de publier des ouvrages sur le sujet. Le premier est celui d&rsquo;un diplomate bien connu, Stephen Lewis. Le second est l&rsquo;oeuvre d&rsquo;un ex-cadre de la Banque mondiale, Robert Calderisi. Malgr\u00e9 leur citoyen\u00adnet\u00e9 commune, les th\u00e8ses qu&rsquo;ils d\u00e9fendent sont diam\u00e9tralement oppos\u00e9es.<\/p>\n<p>Les deux nous font plonger dans le d\u00e9bat qui a pr\u00e9sente\u00adment cours dans ce petit milieu influent. Pour les uns, il faut de toute urgence augmenter les budgets d&rsquo;aide. C&rsquo;est la th\u00e8se de Lewis, conseiller sp\u00e9cial de l&rsquo;ONU sur la question du sida. Pour les autres, il faut au con\u00adtraire diminuer l&rsquo;aide et mieux la cibler, au profit des gouver\u00adnements affichant une bonne conduite en mati\u00e8re de droit et de d\u00e9mocratie. C&rsquo;est la th\u00e8se de Calderisi, qui a oeuvr\u00e9 pendant plus de 20 ans \u00e0 la Banque mon\u00addiale, notamment en Afrique.<\/p>\n<p>On comprend Stephen Lewis de s&rsquo;indigner, lui qui voit de tr\u00e8s pr\u00e8s les ravages du sida en Afrique. Il d\u00e9crie les m\u00e9faits des politiques de la Banque mondiale et du FMI, lesquelles, en insistant sur des r\u00e9formes structurelles draconiennes, emp\u00eachent les pays d&rsquo;ajouter des ressources au combat contre la maladie, qu&rsquo;il pr\u00e9sente comme la plus grave crise de l&rsquo;histoire de l&rsquo;humanit\u00e9, rien de moins. Selon lui, il faut doubler, voire tripler les ressources actuelles destin\u00e9es au combat contre ce virus. \u00c0 cet \u00e9gard, il condamne, dans un style vigoureux, \u00ab l&rsquo;in\u00addiff\u00e9rence cruelle et la n\u00e9gli\u00adgence coupable \u00bb de la commu\u00adnaut\u00e9 internationale.<\/p>\n<p>Le point de vue de Robert Calderisi ne manque pas de justesse. Il est bien connu que, pour la plupart, les gouverne\u00adments africains ont lamen\u00adtablement failli \u00e0 leur t\u00e2che de d\u00e9velopper leur pays, par cupidit\u00e9, par corruption, par mauvaise gouvernance.<\/p>\n<p>Devant ce constat, Calderisi, dans un t\u00e9moignage mi-analyse mi-m\u00e9moires personnels, pro\u00adpose d&rsquo;appuyer les pays afri\u00adcains, peu nombreux, qui d\u00e9montrent une r\u00e9elle d\u00e9ter\u00admination \u00e0 se sortir de l&rsquo;enfer de la pauvret\u00e9 end\u00e9mique : Botswana, Ghana, Mali, Mozam\u00adbique, Ouganda, Tanzanie.<\/p>\n<p>Les autres ? Qu&rsquo;on les laisse progresser vers plus de transpa\u00adrence, de respect des r\u00e8gles du droit, d&rsquo;ouverture politique avant de s&rsquo;engager plus avant. Loin de lui le \u00ab sanglot de l&rsquo;homme blanc \u00bb. Calderisi pointe du doigt les dirigeants africains. L&rsquo;Afrique est respon\u00adsable de ses propres malheurs, dit-il, et l&rsquo;Occident est devenu trop tol\u00e9rant devant l&rsquo;incurie des dirigeants de ce continent. Pire, les pays riches contribuent \u00e0 maintenir cette situation de d\u00e9pendance par leurs program\u00admes d&rsquo;aide trop g\u00e9n\u00e9reux envers les \u00c9tats n\u00e9gligents, peu sou\u00adcieux de rendre compte des sommes formidables qu&rsquo;ils re\u00e7oivent depuis des d\u00e9cennies.<\/p>\n<p>L&rsquo;auteur ne se contente pas de d\u00e9plorer. En conclusion de son ouvrage qui se lit d&rsquo;un trait, il propose des solutions con\u00adcr\u00e8tes et audacieuses quant aux fa\u00e7ons d&rsquo;orienter l&rsquo;aide internationale, et ce,<i> <\/i>de mani\u00e8re \u00e0 engager v\u00e9ritablement l&rsquo;Afrique vers un avenir plus reluisant. Une tr\u00e8s belle contribution \u00e0 la r\u00e9flexion dans ce domaine, dont d&rsquo;autres fonctionnaires inter\u00adnationaux retrait\u00e9s pourraient s&rsquo;inspirer.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Robert Calderisi, L\u2019Afrique peut-elle s\u2019en sortir\u00a0? Pourquoi l\u2019aide publique ne marche pas, Fides, Montr\u00e9al, 2006 Stephen Lewis, Contre la montre. Combattre le sida en Afrique, L\u00e9m\u00e9ac, Montr\u00e9al\/Actes Sud, Arles, 2006, 242 p. 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