{"id":1387,"date":"2005-03-11T09:22:45","date_gmt":"2005-03-11T14:22:45","guid":{"rendered":"http:\/\/www.yvancliche.org\/?p=1387"},"modified":"2014-01-03T13:59:33","modified_gmt":"2014-01-03T18:59:33","slug":"finances-publiques-enfer-et-condamnation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.yvancliche.org\/?p=1387","title":{"rendered":"Finances publiques : enfer et (con)damnation"},"content":{"rendered":"<p>Bulletin MBA, mars 2005<br \/>\n<em>Chef de projets, Hydro-Qu\u00e9bec International<\/em><\/p>\n<p>Il en va des finances publiques comme des statistiques ou des \u00ab mots de coton \u00bb, qui veulent dire en m\u00eame temps une chose et son contraire : on y voit bien ce que l\u2019on veut y voir. En termes plus clairs, les finances publiques (au Qu\u00e9bec s\u2019entend) seront tout \u00e0 fait acceptables si l\u2019on verse \u00e0 gauche (et que l\u2019on mise sur la so-so-so-solidarit\u00e9) ou, au contraire, catastrophiques si l\u2019on est un papa fumeur de pipe et joueur de golf, bref de droite, donc \u00ab responsable \u00bb.<\/p>\n<p>Difficile, d\u00e8s lors, de faire consensus et, mieux, de mobiliser sur cette question en apparence r\u00e9dhibitoire, mais en r\u00e9alit\u00e9 fort sensible, si on accepte cette pr\u00e9misse que le budget national n\u2019est, ni plus ni moins, qu\u2019une photographie sociale, la lecture du gouvernement sur les besoins qu\u2019il doit satisfaire pour rendre \u00e0 peu pr\u00e8s toutes ses principales constituantes heureuses, du moins pas trop \u00ab f\u00e2ch\u00e9es \u00bb. Exercice p\u00e9rilleux, de haute voltige, et qui appara\u00eet chaque fois, notamment au Qu\u00e9bec, comme un remodelage \u00e0 peu de choses pr\u00e8s des m\u00eames probl\u00e9matiques, une couleur de teinte \u00e0 peine nuanc\u00e9e sur les m\u00eame enjeux colossaux.<\/p>\n<p><strong>La dette, r\u00e9alit\u00e9 incontournable<\/strong><br \/>\nD\u2019abord, les donn\u00e9es sur la dette publique. La dette cumul\u00e9e du Qu\u00e9bec, qui se situe autour de 112 milliards de dollars (mars 2004), soit environ 15 000 $ par habitant (le double de l\u2019Ontario), gruge environ 15 cents de chaque dollar per\u00e7u par le gouvernement du Qu\u00e9bec et repr\u00e9sente ainsi le troisi\u00e8me poste budg\u00e9taire, apr\u00e8s la sant\u00e9 et l\u2019\u00e9ducation. <\/p>\n<p>Ainsi, malgr\u00e9 l\u2019atteinte du d\u00e9ficit z\u00e9ro en 1998, la dette cumul\u00e9e constitue un poids lourd de notre \u00e9conomie. Et nul r\u00e9confort \u00e0 trouver en se comparant : le Qu\u00e9bec est la troisi\u00e8me \u00e9conomie de l\u2019OCDE avec la dette la plus \u00e9lev\u00e9e selon la taille du PIB (incluant sa part de la dette f\u00e9d\u00e9rale). Cette proportion se situe dans les 40 %, contre 25 % pour l\u2019Ontario. Cons\u00e9quence de cette situation coupl\u00e9e au d\u00e9ficit z\u00e9ro : alors qu\u2019auparavant, chaque dollar de revenus finan\u00e7ait 1,10$ de services, il n\u2019en finance plus qu\u2019\u00e0 peinte 90 cents pr\u00e9sentement.<\/p>\n<p><strong>Le d\u00e9s\u00e9quilibre fiscal<\/strong><br \/>\nL\u2019enjeu de la dette s\u2019approfondit dans le contexte actuel du d\u00e9s\u00e9quilibre fiscal. Ce sujet fait l\u2019objet d\u2019un consensus des partis politiques au Qu\u00e9bec, qui contestent l\u2019actuel partage de l\u2019assiette fiscale. En gros, le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral pompe des revenus croissants et fait face \u00e0 des d\u00e9penses moindres alors que la province subit, quant \u00e0 elle, de fortes pressions \u00e0 la hausse sur ses co\u00fbts, du fait entre autres du vieillissement de sa population (La tranche des personnes \u00e2g\u00e9es de plus de 65 ans devrait doubler d\u2019ici 25 ans. Il n\u2019y aura alors que deux travailleurs pour un retrait\u00e9, contre cinq actuellement). <\/p>\n<p>L\u2019alerte est donn\u00e9e depuis Qu\u00e9bec que la province renouera bient\u00f4t avec les d\u00e9ficits si elle n\u2019obtient pas un nouveau pacte en ce qui a trait au partage des transferts des argents tir\u00e9s des imp\u00f4ts f\u00e9d\u00e9raux, transferts qui repr\u00e9sentent presque 15 % des revenus du gouvernement. D\u00e9j\u00e0, la marge de man\u0153uvre des ministres des Finances du Qu\u00e9bec est fort mince quand on sait que les Qu\u00e9b\u00e9cois figurent au triste rang de la population d\u00e9tenant le fardeau fiscal global le plus \u00e9lev\u00e9 en Am\u00e9rique de nord\u2026 et comptent une proportion de 40 % de contribuables ne payant pas d\u2019imp\u00f4t (ce taux n\u2019\u00e9tait pourtant que de 25 % en 1987).<\/p>\n<p><strong>Un Qu\u00e9bec\u2026 plus riche que bien d\u2019autres<\/strong><br \/>\nMais tout n\u2019est pas si noir. La dette totale ne cesse de d\u00e9cro\u00eetre proportionnellement au PIB. De 52 % en 1998, celle-ci tourne autour des 43 % en 2004. Nous ne sommes par pauvres : on reste toujours \u00e9tonn\u00e9 de savoir que le PIB par habitant au Qu\u00e9bec surpasse celui du Japon, de la France, de l\u2019Allemagne et de Royaume-Uni.<\/p>\n<p>Mais les d\u00e9fis \u00e0 relever concernant les finances publiques qu\u00e9b\u00e9coises restent gigantesques. Ils consistent essentiellement \u00e0 retrouver une marge de man\u0153uvre afin de maintenir la p\u00e9rennit\u00e9 et la qualit\u00e9 des services publics. Ce ne sera pas partie facile. Laissons un ex-politicien, rompu \u00e0 ces enjeux, expliquer en partie la teneur de cette quadrature du cercle : \u00ab Le vrai d\u00e9fi n\u2019est donc pas de trouver quoi faire, mais de braver cette combinaison de groupes d\u2019int\u00e9r\u00eat qui s\u2019assurent que le premier cent qui appara\u00eet est aussit\u00f4t d\u00e9pens\u00e9, d\u2019une population qui se soucie surtout de la satisfaction de ses besoins imm\u00e9diats, et d\u2019une culture journalistique sensationnaliste qui traite ceux qui \u00e9noncent des v\u00e9rit\u00e9s d\u00e9rangeantes comme des semeurs de controverses  \u00bb.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bulletin MBA, mars 2005 Chef de projets, Hydro-Qu\u00e9bec International Il en va des finances publiques comme des statistiques ou des \u00ab mots de coton \u00bb, qui veulent dire en m\u00eame temps une chose et son contraire : on y voit bien ce que l\u2019on veut y voir. 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