{"id":1801,"date":"1989-02-11T17:57:24","date_gmt":"1989-02-11T22:57:24","guid":{"rendered":"http:\/\/www.yvancliche.org\/?p=1801"},"modified":"2014-01-20T12:29:05","modified_gmt":"2014-01-20T17:29:05","slug":"chez-thomson-france-des-createurs-dentreprises","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.yvancliche.org\/?p=1801","title":{"rendered":"Chez Thomson, France, des cr\u00e9ateurs d&rsquo;entreprises"},"content":{"rendered":"<p>Magazine Courants, janvier-f\u00e9vrier 1989<\/p>\n<p>Au groupe Thomson, de France, l&rsquo;intrapreneurship, connais pas ! Est-ce\u00a0\u00e0 dire que le g\u00e9ant de l&rsquo;\u00e9lectronique ne couve en son sein aucun esprit cr\u00e9ateur, pr\u00eat\u00a0\u00e0 faire profiter l&rsquo;entreprise de ses id\u00e9es novatrices ? Pas du tout ! C&rsquo;est que le terme intrapreneurship n&rsquo;est pas encore entre dans les bureaux des gestionnaires fran\u00e7ais, ou si peu. \u00ab Une simple question de s\u00e9mantique \u00bb, soutient Martine Bidegain, directrice du Service des implantations industrielles et du developpement r\u00e9gional chez Thomson, et invit\u00e9e au colloque sur l&rsquo;intrapreneurship, tenu en janvier\u00a0Reine Elizabeth. \u00ab En France, on parle plut\u00f4t de d\u00e9l\u00e9gation, de d\u00e9centralisation, de responsabilisation, d&rsquo;essaimage et de spin-off. Mais le processus et les r\u00e9sultats sont les m\u00eames ! \u00bb dit-elle.<\/p>\n<p>D&rsquo;abord, un mot sur le groupe Thomson. Des chiffres impressionnants : 15 milliards de revenus en 1987, dont 75 % sont r\u00e9alis\u00e9s\u00a0\u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger dans plus de 50 pays ; 110 000 employ\u00e9s, plus de 18 000 cadres et sp\u00e9cialistes. Nationalis\u00e9 en 1982, le groupe Thomson, dirig\u00e9 par Alain Gomez, a v\u00e9cu une gigantesque r\u00e9organisation. En 6 ans, environ 50 000 personnes ont \u00e9t\u00e9 embauch\u00e9es, et 60 000 employ\u00e9s ont quitt\u00e9 le groupe pour plusieurs raisons : ventes, acquisitions, fusions, d\u00e9parts naturels, suppression d&#8217;emplois, d\u00e9placements d&rsquo;activit\u00e9s, etc. Grand coup de barre, pour une firme qui\u00a0\u00e9tait au bord du gouffre. Aujourd&rsquo;hui, les choses vont mieux. Thomson a concentr\u00e9 ses activit\u00e9s autour de deux grands m\u00e9tiers : l&rsquo;\u00e9lectronique grand public et l&rsquo;\u00e9lectronique de d\u00e9fense. Une strat\u00e9gie qui lui a permis de renforcer ses positions dans le monde. Thomson est au 4e rang dans le secteur de l&rsquo;\u00e9lectronique grand public (t\u00e9l\u00e9viseurs) dans le monde, depuis le rachat de RCA. Dans le domaine de l&rsquo;\u00e9lectronique de d\u00e9fense, il est 1er en Europe et 2e dans le monde.<\/p>\n<p>Un des atouts gagnants du retour en force de la firme sur le chemin de la rentabilit\u00e9 : la d\u00e9centralisation, y compris par la cr\u00e9ation de filiales. Une fa\u00e7on comme une autre de donner aux unit\u00e9s et aux individus plus de pouvoir et ainsi plus d&rsquo;autonomie. Et qui dit autonomie dit aussi plus de facilit\u00e9\u00a0\u00e0 lib\u00e9rer les forces cr\u00e9atrices au plus grand profit de l&rsquo;entreprise&#8230; et des individus concern\u00e9s.<\/p>\n<p>Thomson encourage, en effet, ses employ\u00e9s aux temp\u00e9raments entrepreneurs\u00a0\u00e0 cr\u00e9er leur propre entreprise. Eh oui ! Thomson parraine un concours qui en sera, en 1989,\u00a0\u00e0 sa 4e \u00e9dition. Les gagnants obtiennent des bourses, qui leur permettent de s&rsquo;\u00e9tablir\u00a0\u00e0 leur propre compte. Martine Bidegain explique : \u00ab Chaque ann\u00e9e, des employ\u00e9s quittent l&rsquo;entreprise pour fonder leur propre firme. Nous avons \u00e9tudi\u00e9 ce ph\u00e9nom\u00e8ne et remarqu\u00e9 que ces individus avaient le go\u00fbt de faire leur propre cheminement, de prendre en main leurs propres affaires. Nous avons donc organis\u00e9 un concours afin d&rsquo;aider ces entrepreneurs, mais tout en les associant avec nous. \u00bb<\/p>\n<p>En quoi consiste le concours Thomson de cr\u00e9ateurs d&rsquo;entreprises ? Tout individu d\u00e9sireux de concevoir un produit ou un service soumet sa candidature. Cinq prix variant de 100 000 FF\u00a0\u00e0 300 000 FF (l&rsquo;\u00e9quivalent d&rsquo;environ 60 000 dollars) sont allou\u00e9s. Les gagnants ont, grosso modo, trois possibilit\u00e9s : mettre sur pied une filiale de Thomson, dont ils ont la direction ; fonder une societ\u00e9 o\u00f9 Thomson aura une participation minoritaire ; enfin reprendre une activit\u00e9 du groupe et devenir sous-traitant ou fournisseur. Ainsi, chacun y trouve son compte. \u00ab Ce n&rsquo;est pas une invitation\u00a0\u00e0 partir, souligne Martine Bidegain. Prix ou pas, les entrepreneurs nous quittent un jour.\u00a0Il s&rsquo;agit, d\u00e8s lors, de les accompagner et de s&rsquo;associer avec eux, au lieu de couper tous les liens. \u00bb<\/p>\n<p>Mondialisation de l&rsquo;\u00e9conomie, comp\u00e9tition plus vive&#8230;, autant de termes sans cesse repris par les revues de commerce et qui ont une signification concr\u00e8te chez Thomson. \u00ab Nous restructurons fr\u00e9quemment notre organisation, afin de la rendre plus souple, plus flexible. Nous avons, en ce moment, une organisation par chefs de projet. Rien d&rsquo;extraordinaire, mais cela permet une plus grande autonomie dans la gestion et, ainsi, plus de place \u00e0 l&rsquo;initiative. C&rsquo;est qu&rsquo;il faut \u00eatre en mesure de s&rsquo;adapter continuellement aux changements incessants qui surviennent dans un environnement de plus en plus incertain et impr\u00e9visible. Il nous faut toujours trouver la forme d&rsquo;organisation la plus appropri\u00e9e pour d\u00e9velopper l&rsquo;initiative, l&rsquo;inventivit\u00e9, la cr\u00e9ativit\u00e9, une capacit\u00e9 de riposte efficace. Surtout dans le domaine de l&rsquo;\u00e9lectronique. Notre survie en d\u00e9pend. \u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Magazine Courants, janvier-f\u00e9vrier 1989 Au groupe Thomson, de France, l&rsquo;intrapreneurship, connais pas ! 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