{"id":2472,"date":"2018-01-01T15:22:59","date_gmt":"2018-01-01T20:22:59","guid":{"rendered":"http:\/\/www.yvancliche.org\/?p=2472"},"modified":"2018-01-01T15:22:59","modified_gmt":"2018-01-01T20:22:59","slug":"penser-et-ecrire-lafrique-daujourdhui","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.yvancliche.org\/?p=2472","title":{"rendered":"Penser et \u00e9crire l&rsquo;Afrique d&rsquo;aujourd&rsquo;hui"},"content":{"rendered":"<p>Nuit blanche, no.149, hiver 2018<\/p>\n<p>Sous la direction de Alain Mabanckou, PENSER ET \u00c9CRIRE L\u2019AFRIQUE AUJOURD\u2019HUI, Seuil, Paris, 2017, 212 pages.<\/p>\n<p>Issu d\u2019un colloque tenu en 2016 \u00e0 Paris, ce livre vise \u00e0 combler un grand d\u00e9ficit d\u2019\u00e9tudes et de r\u00e9flexions sur la litt\u00e9rature africaine en Europe, en France notamment.<\/p>\n<p>Une incons\u00e9quence \u00e9tant donn\u00e9 le destin tiss\u00e9 serr\u00e9 qui unit la France et le continent africain depuis deux si\u00e8cles. Qui de mieux pour traiter de cet enjeu qu\u2019Alain Mabanckou, auteur du roman prim\u00e9 M\u00e9moires de porc-\u00e9pic (2006) et professeur universitaire en Californie ; il est l\u2019initiateur de cette d\u00e9marche qui rassemble plusieurs intellectuels int\u00e9ress\u00e9s par le sujet.<\/p>\n<p>On trouve d\u2019ailleurs dans cet ouvrage un texte de Dany Laferri\u00e8re, sur Ha\u00efti, faisant le parall\u00e8le entre l\u2019\u00e9volution historique du pays et ses effets sur la litt\u00e9rature nationale.<\/p>\n<p>La litt\u00e9rature africaine est complexe : \u00e0 la fois \u00e9criture de proximit\u00e9 et \u00e9criture fortement teint\u00e9e du v\u00e9cu migratoire. Une litt\u00e9rature appel\u00e9e \u00e0 se d\u00e9velopper, \u00e9tant donn\u00e9 la forte croissance d\u00e9mographique du continent et les d\u00e9placements des populations africaines vers les continents plus riches et vieillissants d\u2019Am\u00e9rique du Nord et d\u2019Europe. Ce que l\u2019universitaire Achille Mbembe nomme, dans son texte \u00ab L\u2019Afrique qui vient \u00bb, le lieu o\u00f9 se joue \u00ab l\u2019avenir de la plan\u00e8te \u00bb dans un monde de migrations plan\u00e9taires accrues.<\/p>\n<p>Le commentaire qui m\u2019a le plus interpell\u00e9 est celui de C\u00e9lestin Monga, fonctionnaire international \u00e0 l\u2019ONU. L\u2019auteur rappelle les difficult\u00e9s bien r\u00e9elles du continent et s\u2019interroge sur les causes de cette pauvret\u00e9 injustifi\u00e9e. Selon les uns, elle est due \u00e0 des facteurs historiques, politiques, \u00e9conomiques (approche structuraliste) ; pour les autres, ce sont les choix, individuels et collectifs des Africains, notamment de leurs \u00e9lites, qui expliquent leur situation peu enviable (approche culturaliste). Lecture manich\u00e9enne qu\u2019il faut d\u00e9passer selon lui : la pauvret\u00e9 africaine n\u2019est pas une fatalit\u00e9, et il recommande aux intellectuels africains de prendre l\u2019\u00e9conomie plus au s\u00e9rieux.<\/p>\n<p>En gros, une des id\u00e9es fortes \u00e0 retenir de ces diverses contributions est la n\u00e9cessit\u00e9 pour nos pays de s\u2019approprier bien davantage la litt\u00e9rature africaine. Avec les migrations accrues, le m\u00e9tissage, elle n\u2019est plus une litt\u00e9rature exotique, mais une litt\u00e9rature plan\u00e9taire, qui ne peut que rejoindre nos propres exp\u00e9riences. Il faut donc lui faire une meilleure place dans nos choix de lecture et au sein des institutions du savoir. Cette litt\u00e9rature, pour exister, doit aussi \u00eatre reconnue, en somme elle doit faire partie du \u00ab r\u00e9cit national \u00bb, comme le signale un des auteurs, Pascal Blanchard.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nuit blanche, no.149, hiver 2018 Sous la direction de Alain Mabanckou, PENSER ET \u00c9CRIRE L\u2019AFRIQUE AUJOURD\u2019HUI, Seuil, Paris, 2017, 212 pages. Issu d\u2019un colloque tenu en 2016 \u00e0 Paris, ce livre vise \u00e0 combler un grand d\u00e9ficit d\u2019\u00e9tudes et de r\u00e9flexions sur la litt\u00e9rature africaine en Europe, en France notamment. 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