{"id":3238,"date":"2022-11-23T18:21:24","date_gmt":"2022-11-23T23:21:24","guid":{"rendered":"http:\/\/www.yvancliche.org\/?p=3238"},"modified":"2022-12-05T18:28:02","modified_gmt":"2022-12-05T23:28:02","slug":"en-europe-lhiver-de-tous-les-dangers","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.yvancliche.org\/?p=3238","title":{"rendered":"En Europe, l&rsquo;hiver de tous les dangers"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/lactualite.com\/auteurs\/yvan-cliche\/\">L&rsquo;Actualit\u00e9<\/a>, 23 novembre 2022<\/p>\n<p>Une saison rigoureuse s\u2019annonce pour la solidarit\u00e9 europ\u00e9enne face \u00e0 Moscou dans la guerre en Ukraine. L\u2019absence de gaz russe dans les mois \u00e0 venir pourrait forcer certains gouvernements \u00e0 laisser tomber Kyiv pour \u00e9viter \u00e0 leurs citoyens de mourir de froid.<\/p>\n<p>Yvan Cliche<br \/>\n23 novembre 2022<br \/>\nL\u2019auteur est chercheur en \u00e9nergie au Centre d\u2019\u00e9tudes et de recherches internationales<br \/>\nde l\u2019Universit\u00e9 de Montr\u00e9al (C\u00c9RIUM) et auteur de\u00a0Jusqu\u2019\u00e0 plus soif. P\u00e9trole-gaz-<br \/>\n\u00e9olien-solaire\u00a0: enjeux et conflits \u00e9nerg\u00e9tiques, Fides, 2022.<\/p>\n<p>Il\u00a0y a gros \u00e0 parier que Vladimir Poutine jettera chaque jour un \u0153il \u00e0 la temp\u00e9rature qui s\u00e9vira cet hiver en Europe. Le pr\u00e9sident russe esp\u00e8re qu\u2019un hiver polaire et des prix \u00e9lev\u00e9s de l\u2019\u00e9nergie am\u00e8neront les populations frigorifi\u00e9es dans leurs r\u00e9sidences \u00e0 exiger de leurs dirigeants le r\u00e9tablissement du flux gazier avec Moscou.<\/p>\n<p>Avec 80\u00a0% moins de gaz provenant de la Russie par rapport \u00e0 2021, l\u2019Europe devra composer dans les prochains mois avec moins de carburant pour se chauffer, produire de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 et faire tourner ses industries.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019inverse, les chefs d\u2019\u00c9tat et de gouvernement europ\u00e9ens prient pour que la saison hivernale soit douce, pour que personne ne meure de froid, comme cela est d\u00e9j\u00e0 arriv\u00e9 quand Moscou avait coup\u00e9 le gaz \u00e0 l\u2019Europe pendant deux semaines, en 2009, en raison du conflit gazier entre la soci\u00e9t\u00e9 russe Gazprom et son \u00e9quivalente ukrainienne Naftogaz. L\u2019arr\u00eat des transits avait interrompu le flux de gaz russe vers l\u2019Europe de l\u2019Ouest et les Balkans de fa\u00e7on importante.<\/p>\n<p>Pour \u00e9viter la catastrophe, les Europ\u00e9ens ont d\u00e9ploy\u00e9 des efforts consid\u00e9rables pour acheter la moindre mol\u00e9cule de gaz sur le march\u00e9 international depuis l\u2019invasion russe de l\u2019Ukraine, en f\u00e9vrier. Mais il leur<br \/>\nfaudra aussi beaucoup de chance.<\/p>\n<p>Le combat actuel men\u00e9 par les Europ\u00e9ens contre Moscou passe essentiellement par la r\u00e9duction de leur d\u00e9pendance \u00e9nerg\u00e9tique. En 2021, Gazprom, la compagnie russe de distribution de gaz, fournissait plus de<br \/>\n40\u00a0% des importations de gaz en Europe.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s l\u2019invasion de l\u2019Ukraine en f\u00e9vrier dernier, les dirigeants europ\u00e9ens ont cherch\u00e9 \u00e0 faire mal au tr\u00e9sor de guerre de la Russie, la vente d\u2019hydrocarbures (charbon, p\u00e9trole, gaz), en diminuant leurs achats<br \/>\nprovenant de ce pays.<\/p>\n<p>Mais pour le gaz, c\u2019est plus compliqu\u00e9. Il occupe une place centrale dans la consommation \u00e9nerg\u00e9tique de l\u2019Europe. Il sert \u00e0 la fois au chauffage, \u00e0 la production d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 et comme intrant aux processus industriels, notamment dans l\u2019industrie chimique.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s l\u2019invasion russe, les pays d\u2019Europe se sont fix\u00e9 comme cible de r\u00e9duire des deux tiers d\u00e8s cette ann\u00e9e leurs importations de gaz russe, et d\u2019y mettre fin avant 2030. C\u2019est l\u2019objectif principal du programme REPowerEU de la Commission europ\u00e9enne, pondu en urgence en mai. Un d\u00e9fi rendu plus difficile par le fait qu\u2019on n\u2019a pas pu remplacer le gaz par d\u2019autres formes d\u2019\u00e9nergie\u00a0: la production nucl\u00e9aire a \u00e9t\u00e9 plomb\u00e9e en France par des probl\u00e8mes de corrosion, et celle d\u2019hydro\u00e9lectricit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 sous la moyenne en raison de la s\u00e9cheresse. Bref, pour l\u2019Europe \u00e9nerg\u00e9tique, 2022 aura \u00e9t\u00e9 une \u00ab\u00a0temp\u00eate parfaite\u00a0\u00bb\u2026<\/p>\n<p>Aux sources du n\u0153ud \u00e9nerg\u00e9tique<br \/>\nSi le destin \u00e9nerg\u00e9tique de l\u2019Europe est si li\u00e9 \u00e0 la Russie, c\u2019est un peu \u00e0 cause de la guerre froide. Avant la chute du mur de Berlin et du rideau de fer \u00e0 la fin des ann\u00e9es 80, les dirigeants de l\u2019Allemagne de l\u2019Ouest militaient pour une politique de rapprochement\u00a0: il s\u2019agissait de mettre en place des int\u00e9r\u00eats mutuels, de sorte que les deux camps \u2014 l\u2019Occident et l\u2019Union sovi\u00e9tique \u2014 ne puissent raisonnablement entrer en conflit. Le commerce du gaz est devenu le liant de cette relation de d\u00e9tente.<\/p>\n<p>Ces projets de consolidation des liens \u00e9nerg\u00e9tiques entre Moscou et l\u2019Europe n\u2019ont pas du tout eu l\u2019heur de plaire \u00e0 Washington. Les \u00c9tats-Unis consid\u00e9raient que cette d\u00e9pendance ne pouvait que favoriser les Sovi\u00e9tiques, en leur donnant un levier potentiel pour faire chanter<\/p>\n<p>l\u2019Europe. Et, gr\u00e2ce aux importants revenus tir\u00e9s de la vente de gaz, pour renforcer leur arm\u00e9e.<br \/>\nL\u2019Europe n\u2019a pas appr\u00e9ci\u00e9 ces r\u00e9criminations am\u00e9ricaines et a rappel\u00e9 que Moscou s\u2019av\u00e9rait depuis le d\u00e9but un partenaire fiable. L\u2019effondrement de l\u2019Union sovi\u00e9tique en 1991 l\u2019a confort\u00e9e dans sa conviction que cette d\u00e9pendance \u00e9tait finalement b\u00e9n\u00e9fique, favorable \u00e0 la paix, et qu\u2019elle r\u00e9sistait aux sursauts de la politique mondiale.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 cela, les Am\u00e9ricains sont rest\u00e9s au front pour s\u2019opposer \u00e0 la construction d\u2019un nouveau gazoduc jumeau de celui d\u00e9j\u00e0 op\u00e9rationnel depuis 2011, nomm\u00e9 Nord Stream, qui achemine directement le gaz de la Russie vers l\u2019Allemagne.<\/p>\n<p>Cette fois, les Am\u00e9ricains \u00e9taient appuy\u00e9s dans leur opposition par d\u2019ex- pays d\u2019Europe de l\u2019Est autrefois sous le joug de Moscou, la Pologne notamment, qui critiquaient la na\u00efvet\u00e9 de l\u2019Allemagne face \u00e0 Moscou. D\u2019autres pays ont aussi particip\u00e9 \u00e0 cette opposition, dont la Lituanie. Des coupures momentan\u00e9es de gaz vers l\u2019Europe de la part de la Russie en 2006 et 2009, puis l\u2019invasion de la Crim\u00e9e en 2014, l\u2019ont convaincue de se d\u00e9barrasser de toute d\u00e9pendance \u00e0 la Russie. Depuis avril\u00a02022, ce pays n\u2019importe plus une seule mol\u00e9cule de gaz de Moscou\u2026<\/p>\n<p>L\u2019invasion de l\u2019Ukraine par la Russie est survenue tout juste avant l\u2019inauguration de ce nouveau gazoduc, appel\u00e9 Nord Stream 2. Il n\u2019a jamais re\u00e7u l\u2019autorisation requise de Berlin pour \u00eatre op\u00e9rationnel. Ce sont 11\u00a0milliards de dollars, le co\u00fbt de l\u2019infrastructure, qui s\u2019envolent \u00e0 jamais\u2026<\/p>\n<p>R\u00e9sister \u00e0 l\u2019hiver<br \/>\nQu\u2019en est-il maintenant pour le prochain hiver\u00a0? L\u2019Europe a \u00e9t\u00e9 aid\u00e9e par l\u2019internationalisation accrue du commerce du gaz. Ce dernier, autrefois une \u00e9nergie locale, au mieux r\u00e9gionale car distribu\u00e9e essentiellement au moyen de gazoducs, s\u2019ach\u00e8te depuis 20\u00a0ans dans un march\u00e9 de plus en plus mondialis\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 la liqu\u00e9faction. Cette technologie permet de faire passer le gaz de l\u2019\u00e9tat gazeux \u00e0 l\u2019\u00e9tat liquide\u00a0: cela facilite son transport par bateau.<\/p>\n<p>Ce commerce du gaz naturel liqu\u00e9fi\u00e9 (GNL) a d\u00e9coll\u00e9 notamment \u00e0 la suite de l\u2019accident nucl\u00e9aire de Fukushima, au Japon, en 2011\u00a0: en fermant tous ses r\u00e9acteurs nucl\u00e9aires, Tokyo a d\u00fb remplacer cette \u00e9nergie par du gaz venant de l\u2019\u00e9tranger.<\/p>\n<p>Avec l\u2019invasion de l\u2019Ukraine et les sanctions prises contre la Russie, l\u2019Europe s\u2019est vue oblig\u00e9e de magasiner du gaz ailleurs pour remplir au maximum ses r\u00e9serves, avec un objectif fix\u00e9 \u00e0 80\u00a0%. On a cogn\u00e9 aux portes des fournisseurs distribuant d\u00e9j\u00e0 du gaz au moyen des gazoducs, en Alg\u00e9rie, en Azerba\u00efdjan et en Norv\u00e8ge. Mais aussi chez ceux disposant de terminaux d\u2019exportation de GNL\u00a0: en Australie, aux \u00c9tats-Unis et au Qatar.<\/p>\n<p>La contribution am\u00e9ricaine est particuli\u00e8rement int\u00e9ressante. Avant la r\u00e9volution du gaz de schiste, dans les ann\u00e9es 2010, les Am\u00e9ricains cherchaient \u00e0 importer du gaz naturel, craignant des p\u00e9nuries. Avec la combinaison de la fracturation hydraulique et du forage horizontal, ils sont devenus, et tr\u00e8s rapidement, les premiers producteurs de gaz au monde et ont ainsi voulu l\u2019exporter. En seulement sept ans, soit de 2015 \u00e0 2022, ils ont surpass\u00e9 le Qatar comme premier exportateur de GNL.<\/p>\n<p>Cette ann\u00e9e, leurs ventes vers l\u2019Europe ont explos\u00e9, ce qui a cr\u00e9\u00e9 une certaine raret\u00e9 du gaz et fait monter les prix aux \u00c9tats-Unis. Cette situation, incidemment, b\u00e9n\u00e9ficie aux Qu\u00e9b\u00e9cois. Comme le gaz servant \u00e0 la production d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 est le principal concurrent d\u2019Hydro-Qu\u00e9bec sur ses march\u00e9s d\u2019exportation aux \u00c9tats- Unis, sa raret\u00e9 actuelle contribue \u00e0 la croissance des prix de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 sur les march\u00e9s nord-am\u00e9ricains. Les ventes et les profits de la soci\u00e9t\u00e9 d\u2019\u00c9tat ont ainsi gonfl\u00e9 cette ann\u00e9e\u00a0: au troisi\u00e8me trimestre, on observait une augmentation de 132\u00a0% de ses ventes hors Qu\u00e9bec, un b\u00e9n\u00e9fice net en hausse de presque 100\u00a0% par rapport \u00e0 la m\u00eame p\u00e9riode l\u2019an dernier.<\/p>\n<p>Dans un march\u00e9 mondial du GNL d\u00e9j\u00e0 serr\u00e9, les Europ\u00e9ens ont malgr\u00e9 tout jou\u00e9 de chance\u00a0: les mesures de confinement en Chine ont r\u00e9duit les achats d\u2019\u00e9nergie de ce pays, ce qui a lib\u00e9r\u00e9 du gaz que les Europ\u00e9ens ont achet\u00e9 \u00e0 fort prix, souvent \u00e0 la barbe des pays asiatiques moins nantis.<\/p>\n<p>Et le Canada\u00a0? Malgr\u00e9 son statut de puissance \u00e9nerg\u00e9tique disposant de fortes r\u00e9serves de gaz, surtout en Alberta, il n\u2019a rien pu faire de concret pour aider l\u2019Europe. Le gaz albertain est confin\u00e9, n\u2019ayant aucun acc\u00e8s \u00e0 la mer.<\/p>\n<p>Cela complique l\u2019exportation des ressources canadiennes. La seule exportation de GNL pr\u00e9vue se fera \u00e0 partir de la Colombie-Britannique et d\u00e9butera en 2025. Elle vise surtout le march\u00e9 asiatique.<\/p>\n<p>La s\u00e9curit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique passe par la transition \u00e9nerg\u00e9tique<br \/>\nL\u2019Europe pourra-t-elle passer l\u2019hiver sans rationnement de l\u2019\u00e9nergie\u00a0? Difficile \u00e0 dire. Son premier objectif, soit de remplir ses r\u00e9serves, a \u00e9t\u00e9 atteint. Celles-ci n\u2019ont toutefois pas \u00e9t\u00e9 mises en place pour faire face \u00e0 des ruptures d\u2019approvisionnement, mais plut\u00f4t \u00e0 des pointes de la demande. En Allemagne, les r\u00e9serves couvrent \u00e0 peine deux mois de consommation hivernale.<\/p>\n<p>Pour que tout se passe sans trop de heurts, il faudra une conjonction de plusieurs \u00e9l\u00e9ments favorables\u00a0: un hiver doux, la contribution de la population, qui est invit\u00e9e \u00e0 r\u00e9duire de 10\u00a0% sa consommation (notamment en baissant le thermostat \u00e0 19\u00a0degr\u00e9s), et une demande \u00e9nerg\u00e9tique pas trop forte en Chine et en Asie, gr\u00e2ce \u00e0 une \u00e9conomie au ralenti.<\/p>\n<p>L\u2019Europe a d\u00e9j\u00e0 consacr\u00e9 des milliards d\u2019euros \u00e0 ses citoyens et ses industries pour les prot\u00e9ger de la hausse vertigineuse des co\u00fbts de l\u2019\u00e9nergie. Si elle traverse l\u2019hiver sans pertes de vies, sans trop d\u2019industries mises \u00e0 mal de mani\u00e8re d\u00e9finitive, elle pourra pousser un soupir de soulagement\u2026 mais pas pour longtemps.<\/p>\n<p>Car si, comme cela est envisag\u00e9, plus aucun gaz russe ne circule au printemps 2023 entre la Russie et l\u2019Europe, le continent devra encore suppl\u00e9er \u00e0 ce manque \u00e0 gagner pour l\u2019hiver 2023-2024. Or, les producteurs gaziers roulent d\u00e9j\u00e0 \u00e0 plein r\u00e9gime. De nouvelles installations de production seront pr\u00e9sentes en 2023 aux \u00c9tats-Unis et au Qatar, mais d\u2019autres qui pourraient grandement aider, au Canada et aussi possiblement en Afrique, ne seront op\u00e9rationnelles que dans quelques ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Pour la population europ\u00e9enne, notamment celle de l\u2019Allemagne, pays le plus d\u00e9pendant du gaz de la Russie, l\u2019hiver qui s\u2019en vient sera celui de tous les dangers. Il faudra se serrer les coudes\u2026 au propre comme au figur\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;Actualit\u00e9, 23 novembre 2022 Une saison rigoureuse s\u2019annonce pour la solidarit\u00e9 europ\u00e9enne face \u00e0 Moscou dans la guerre en Ukraine. L\u2019absence de gaz russe dans les mois \u00e0 venir pourrait forcer certains gouvernements \u00e0 laisser tomber Kyiv pour \u00e9viter \u00e0 leurs citoyens de mourir de froid. Yvan Cliche 23 novembre 2022 L\u2019auteur est chercheur en [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[387],"tags":[891],"class_list":["post-3238","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles","tag-europe-gaz-russie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.yvancliche.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3238","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.yvancliche.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.yvancliche.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.yvancliche.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.yvancliche.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3238"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.yvancliche.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3238\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3239,"href":"https:\/\/www.yvancliche.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3238\/revisions\/3239"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.yvancliche.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3238"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.yvancliche.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3238"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.yvancliche.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3238"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}