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Afghan et musulman

Zabi Enâyat-Zâda, Carolyne Jannard, Afghan et musulman. Le Québec m’a conquis, Trois-Pistoles, Trois-Pistoles, 2015, 130 p.

Nuit blanche, site web

C’est une audacieuse mais pertinente contribution que fait ici Zabi Enâyat-Zâda sur son expérience intime d’intégration au Québec et à la société occidentale.

Avec une franchise qui l’honore, l’auteur, vivant au Québec depuis maintenant des décennies, nous donne le point de vue d’un immigré provenant d’un horizon culturel (très) différent, soit celui de l’Afghanistan.

Sans surprise pour ceux qui s’intéressent à ce sujet, c’est sans conteste la place de la femme – que sa société d’origine confine à l’exclusion presque absolue – qui demande le plus grand effort d’adaptation à ce nouvel immigrant.

À son arrivée au Québec à l’aube de l’âge adulte, l’auteur vit – cela est tout à fait compréhensible de son point de vue – une bouleversante expérience culturelle simplement à s’asseoir dans un autobus à côté d’une femme, surtout en été, et ainsi à être cuisse contre cuisse sur les bancs contigus. Dans son pays d’origine, pudique à l’excès au point de couvrir les femmes dans ces burqas fantomatiques, cela s’apparenterait à rien de moins que de la grossière indécence…

Outre les différences culturelles, l’auteur ne l’a pas facile. Peu de temps après son arrivée au Québec, sa mère bien-aimée meurt à l’hôpital et son père, de culture traditionnelle, ne s’adapte pas bien du tout à son nouvel environnement.

Avec son frère un peu plus vieux, le jeune Zabi doit prendre soin de la famille nombreuse, six enfants, rien de moins, et travailler sans relâche, à petit salaire, tout en poursuivant ses études collégiales.

Malgré le temps qui passe, il reste écartelé, jusqu’à la maladie, presque, entre deux cultures, soit entre la vision rigoriste que lui impose sa tradition culturelle et celle, bien plus permissive, de sa société d’accueil. Un carcan « étouffant », dit-il. Quant à son père, il se remariera avec une Afghane de New York, et veillera à ce que ses enfants ne le « déshonorent » pas (lire : qu’ils respectent les coutumes et ne fréquentent pas les mécréants, soit les non-musulmans). Mais avec le temps, dit l’auteur, le père s’adoucira un peu et constatera bien que les « mécréants » sont aussi, parfois, de bonnes personnes !

À la suite des meurtres odieux de filles afghanes qui ont eu lieu au Québec et qui ont fait la manchette en 2012 (crimes dits d’honneur dans la culture afghane), Zabi se sent interpellé et se dissocie vertement de ces pratiques dans un texte paru dans les médias. Ce geste simple, mais public, lui donne un sentiment de libération envers certains traits étouffants de sa culture.

À travers son précieux témoignage, on constate bien que le vrai blocage culturel vient de l’oppression de la femme, des questions d’honneur et du lourd silence qui entoure encore ces pratiques d’un autre âge. La liberté viendra clairement de là, impossible autrement, dans ce pays encore étouffé par une conception absolument antimoderne de la religion et du monde.

L’utilisation de la force a ses raisons

Métro, 20 septembre 2001

Le message pacifiste publié dans la tribune du journal Métro le 19 septembre est drapé de vertu facile, a été maintes fois entendu avant, pendant et après les deux guerres mondiales du 20e siècle.

Bien sûr qu’on voudrait que ce soit comme l’auteur le dit. mais on aimerait aussi lui rappeler qu’on utilise pas la force pour le plaisir de la chose, mais parce qu’on cherche à atteindre certains objectifs, dont notre sécurité.

Une anecdote, révélatrice : suite au bombardement de la Libye par les Américains, il y a de cela plusieurs années, suite à des actes de terrorisme commis par ce pays, le colonel Khadafi a complètement quitté le paysage du terrorisme.

La force a été utilisée lors de la guerre du Golfe de 1991. Résultat : Saddam Hussein est bien sage avec ses voisins depuis.

La force est, qu’on le déplore ou non, encore un moyen à utiliser pour calmer des gens aux desseins bien mal intentionnés.