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L’épuisement professionnel : la brûlure interne

Magazine Courants, juin-juillet-août 1988

Herbert J. Freudenberger, L’épuisement professionnel : la brûlure interne, Gaétan Morin, éditeur, 1987.

Debout à l’aube, présents au bureau avant tout le monde, ils terminent leur journée à 6 heures, foncent tout droit vers les quartiers généraux de l’association dont ils assument la présidence, et rentrent à la maison tard le soir, avec la seule énergie d’embrasser les enfants déjà profondément endormis.

Faisant l’envie de partenaires moins ambitieux, ils font parfois la première page des magazines, qui acclament leur dynamisme, leur sens du travail et leur vitalité. Attention, il y · a une contrepartie à cette vie à 200 à l’heure, toute faite de défis continuels à affronter, dit Herbert J. Freudenberger dans son livre L’épuisement professionnel : la brûlure interne.

Définie comme l’épuisement des ressources physiques et mentales, la brûlure interne (le burn-out) guette surtout les personnes ambitieuses, dynamiques, se fixant des standards élevés d’excellence, et de nombreux objectifs à atteindre. Autrefois pleins d’énergie, ces individus deviennent subitement las, démotivés, cyniques et irritables, et sombrent parfois dans la dépression.

Pourquoi un tel revirement? Si on exclut les causes sociales, qui ont leur importance (l’anonymat des rapports humains, par exemple), l’auteur attribue ces incendies internes au dévouement excessif de personnes qui poursuivent des objectifs qui leur ont été imposés.

« Comme ses choix n’ont jamais été vraiment les siens, elle (la personne) en retire peu de réelle satisfaction. Conséquemment, elle recherche toujours plus d’exploits à réaliser pour se satisfaire, ce qui l’amène à se brûler », mentionne l’auteur, psychanalyste de formation.

Ayant d’ailleurs lui-même vécu et aidé de nombreux individus à se relever d’une brûlure interne, Herbert J. Freudenberger utilise un langage intimiste qui tranche avec le langage spécialisé que sa formation lui permettrait. Presque chaque thème traité est conclu par un cas vécu, ce qui ajoute beaucoup de véracité à l’explication du phénomène.

Et comme tout bon thérapeute, l’auteur ne se contente pas d’identifier les causes de la maladie. Il met en garde contre les fausses cures et propose des remèdes, qui se ramènent à une seule vérité, souvent dite et redite : l’importance de s’accepter tel que l’on est.