Modules solaires : comment s’y prendre ?

Panorama, septembre 2025

Par Yvan Cliche

Dans notre dernière édition, nous avons souligné l’enthousiasme mondial croissant pour l’énergie solaire, une ferveur qui a fini par atteindre le Québec. En l’espace de seulement cinq ans, cette forme d’énergie est passée de 1 % à 8 % de la production mondiale d’électricité, entre 2020 et 2025.

Devant cette évolution, Hydro-Québec prévoit mettre en place, dès 2026, un programme de subventions destiné à financer l’achat et l’installation de modules solaires. L’objectif : équiper plus de 125 000 toits québécois de modules photovoltaïques d’ici 2035. À l’heure actuelle, environ 1 000 clients sont déjà raccordés à un tel système.

Mais installer des modules solaires sur sa résidence n’a rien d’une simple formalité. Ce sont des équipements lourds, qui doivent être posés avec soin afin de ne pas compromettre la structure du bâtiment et d’optimiser la captation de l’énergie solaire.

Pour y voir plus clair, nous avons parlé à Patrick Goulet, président d’Énergie Solaire Québec. Cet organisme à but non lucratif vise à promouvoir les meilleures pratiques, réglementations et formations pour assurer des installations de qualité sur les résidences et édifices.

M. Goulet souligne qu’il n’existe actuellement aucune certification officielle des compétences pour l’installation de modules solaires. Il recommande donc aux particuliers de bien se renseigner avant de choisir un installateur : examiner les projets déjà réalisés, les garanties offertes, le service après-vente, ainsi que comparer les coûts et les modalités de paiement. Le marché québécois étant encore jeune, il est fortement conseillé de demander plusieurs soumissions.

Grâce à un soutien financier du gouvernement du Québec, l’organisme prépare un document d’information destiné aux citoyens : Le Guide Énergie Solaire pour le Québec, qui devrait paraître à l’automne. Rédigé par Bernard Cyr et Jimmy Royer, deux administrateurs de l’organisation, ce guide vise à accompagner les citoyens dans leur démarche.

Trois étapes clés pour une installation réussie
Évaluer le potentiel solaire de sa résidence. Il faut d’abord analyser l’orientation et l’inclinaison du toit pour estimer la captation solaire annuelle. Il convient également d’évaluer l’ombrage (arbres, bâtiments voisins) et l’espace disponible pour les modules.

Vérifier la structure du bâtiment. Le type de revêtement, l’âge du toit, la solidité de la charpente et le système de montage sont des éléments cruciaux. La structure doit être capable de supporter le poids des modules, surtout dans des conditions climatiques comme celles du Québec.

Choisir ou non une batterie. Ajouter une batterie augmente les coûts, mais offre une autonomie énergétique appréciable, notamment en cas de panne prolongée.

Porter attention aux règlements municipaux
Un autre aspect souvent négligé, mais essentiel : les règlements municipaux. Les villes québécoises devront adapter leur réglementation pour encourager l’implantation de l’énergie solaire sur leur territoire. Cela inclura les exigences liées aux permis de construction et aux règles de zonage (hauteur maximale, aspect visuel, etc.).

Certaines municipalités pourraient même aller plus loin en adoptant des mesures incitatives ou en proposant des aides financières.

Une chose est sûre : le visage de nos quartiers va changer avec la prolifération des modules solaires. Selon M. Goulet, avec le programme de subvention d’Hydro-Québec dès 2026, un véritable « tsunami » de projets photovoltaïques est à prévoir. Il conseille donc aux citoyens intéressés de se préparer bien à l’avance, en gardant à l’esprit que « chaque installation est unique — ce n’est pas du prêt-à-porter ».