La schizophrénie de l’islam

Anne Marie Delcambre, La schizophrénie de l’islam, Desclée de Bouwer, Paris, 2006

Nuit blanche, no. 105, hiver 2006-07

L’islamologue Anne-Marie Delcambre, déjà auteure de plusieurs livres savants sur l’islam, avance dans ce livre-ci une thèse provocante, dévas­tatrice. Pour la chercheure française, la religion islamique est essentiellement « schizophré­nique », en ce sens qu’elle incite soit à refuser la réalité par l’enfermement dans des textes sacrés promulgués au 7e siècle, et donc peu adaptés au monde moderne, soit à inventer un autre islam, mais sans lien avec ses fondements d’origine.

Contrairement au discours de la majorité des musulmans, qui soulignent continuellement le caractère dit modéré et pacifiant de l’islam, Anne-Marie Delcambre s’en prend directement au con­tenu de cette religion. Pas d’islam modéré, selon elle. L’islam aurait intrinsèquement une « nature schizoïde », qui tient entre autres des influences juives et chrétiennes du Coran, reniées avec force par les exégètes musulmans.

« C’est un délire religieux d’autant plus regrettable que si les musulmans se penchaient sur les textes juifs ils y verraient une réelle proximité avec leurs propres textes. C’est cet électrochoc qu’il faut souhaiter pour l’islam, afin d’éviter que la paranoïa ne conduise à assimiler les juifs au Mal absolu, c’est-à-dire au Diable. »

Outre son antisémitisme, l’islam entretient une décon­nection totale avec la réalité moderne. L’auteure tire ses preuves d’une analyse des fatwas (avis religieux) transmises par Internet (incluant des fatwas émises au Québec), qui concer­nent des sujets fort variés : les femmes, le mariage, le commerce, le comportement en société, etc. Ceux-ci promeuvent essentielle­ment une lecture dure de l’islam, une « affirmation dogmatique de principes intangibles ». Pire, l’islam agit maintenant comme un refuge facile, notamment auprès des convertis « parce qu’il décourage tout esprit critique. L’islam plaît parce que sa structure schizoïde […] préfère la stratégie du mensonge et de la dissimulation pour ne pas affronter la réalité… »

Une critique, majeure : cette nature supposément schizophré­nique de l’islam, si tant est qu’elle existe, n’est absolument pas pro­pre à cette religion. Elle s’applique à toutes les idées visant à donner une vision globale et utopique de la vie.

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