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Les pacifistes contre Ottawa

Le Continuum, 8 novembre 1982

Des manifestants venus de partout au Canada, de plusieurs régions des États-Unis et même d’autres pays, se sont mobilisés le 30 octobre dernier à Ottawa pour afficher leur opposition à l’essai de missiles nucléaires en sol canadien, et pour sensibiliser l’humanité à l’importance de cette laborieuse marche vers la paix devant conduire au désarmement.

C’est en effet par milliers – 15 000 personnes selon les estimations « officielles»-, que des individus partageant des couleurs politiques les plus diverses, se sont rassemblés dans la capitale canadienne pour dire leur opposition aux essais des missiles nucléaires Cruise, de conception américaine.

Cette nouvelle arme, 15 fois plus puissante que la bombe d’Hiroshima, ouvre une nouvelle phase de la course aux armements, du fait que ce missile a été conçu pour attaquer les installations militaires soviétiques, et non pour riposter à une
« agression extérieure ».

La manifestation d’Ottawa s’apparentait, sur plusieurs points, à celle du 12 juin dernier à New York, à la différence près qu’à Ottawa, le contrôle policier était beaucoup plus serré et omniprésent, surtout devant l’ambassade des États-Unis, protégée comme une forteresse.

Après le voyage en autobus, le groupe québécois a rejoint la délégation ontarienne et celle des autres provinces, pour ensuite déambuler, notamment devant le siège social de la compagnie Litton System (qui participe à la fabrication des « Cruise ») et devant le Parlement fédéral, là où une série d’activités (discours, danse en soirée etc.) attendait les manifestants pacifistes.

Cette manifestation, même si elle n’empêchera probablement pas la signature de l’accord canado-américain, montre toutefois que l’opinion publique, autant au Canada que dans le reste du monde, est de plus en plus alarmée et consciente des dangers nucléaires et des conséquences néfastes de la course aux armements.

Commerce militaire : voir la réalité en face

Le Continuum, 1er novembre 1982

Le commerce militaire est aujourd’hui une affaire de 550 milliards de dollars par année. Entre 1978 et 1982, 1 600 milliards de dollars ont été consacrés pour l’achat ou la vente de produits militaires à travers le monde.

Il serait trop facile de s’étendre sur les chiffres et les statistiques qui traitent de cette question. Tous savent que le commerce militaire implique des sommes gigantesques, fabuleuses.

À l’Université de Montréal, un Comité pour le désarmement a récemment vu le jour pour tenter de créer, en milieu étudiant, une conscientisation sur ce phénomène qui, pour plusieurs, constitue le problème numéro un de l’heure.

Une semaine mondiale du désarmement, qui s’est organisée un peu partout dans le monde, vient de se dérouler (25-29 octobre) et a été l’occasion pour plusieurs de s’informer sur l’état actuel de l’armement au niveau international. À ce titre, une bonne partie des participants ont été surpris de constater jusqu’à quel point l’arme nucléaire peut être destructrice et sans pardon.

Si, auparavant, la destruction totale était impensable, elle est aujourd’hui tout à fait concevable. Autant d’armes pour tuer autant d’humains, sans vainqueur, sans perdant, et ce au moment où les ressources deviennent encore plus inégalement réparties dans le monde.

C’est cette logique que remet en cause le mouvement antinucléaire. Les pacifistes ont pour objectif de créer les conditions pouvant amener la « nécessité du désarmement » et à faire prendre conscience de l’importance de regarder la réalité en face et se pas se rendre indirectement complice de la course actuelle aux armements.