HQI élargit son domaine d’affaires

Revue Choc, janvier 1995

Depuis sa création, en 1979, Hydro-Québec International (HQI) a généré pas moins de 150 M$ en retombées diverses pour le Québec, sans compter les 150 M$ qu’elle a été chercher en revenus de divers contrats distribués dans une cinquantaine de pays. Ne misant autrefois que sur l’assistance technique et la coopération, l’entreprise vise désormais également des projets d’investissements à haut rendement par le biais de la prise en charge de projets à l’étranger. Pour les entreprises québécoises, cela représente une possibilité supplémentaire d’étendre les marchés.

Le point sur la stratégie d’HQI avec Francis Dupuis, vice-président, Développement et Jean-Claude Simard, directeur, Développement.

CHOC : On entend de plus en plus parler d’activités internationales à Hydro-Québec. Est-ce là une fausse impression ?

HOI : L’international est effectivement l’un des principaux axes de développement d’Hydro-Québec et constitue même l’un de ses secteurs en pleine croissance. Outre l’exportation d’ électricité, nos activités internationales ont consisté surtout jusqu’à maintenant en assistance technique et en coopération, principalement en Afrique. À présent, nous concentrons nos efforts vers un troisième axe, soit le développement ou la gestion de réseaux électriques à l’étranger, en partenariat avec des électriciens, des industriels, ou des financiers québécois ou étrangers.

CHOC : Comment expliquer cette réorientation de la stratégie d’entreprise ?

HOI : Deux facteurs expliquent cette réorientation de notre stratégie. D’une part, les gouvernements, un peu partout dans le monde, veulent diminuer sensiblement le fardeau de leur dette et procèdent à la privatisation de leur réseau électrique. D’autre part, ces mêmes gouvernements veulent accroître l’efficacité de réseaux de production, de transport et de distribution d’énergie électrique. Cela crée un nouveau marché, dont les besoins tournent autour de la prise en charge des réseaux afin de les rentabiliser à moyen terme.

CHOC : Concrètement, comment cela se matérialise-t-il ?

HOI : Prenons le cas d’un pays qui entend développer une partie de son réseau. HQI pourrait intervenir, en partenariat avec un autre électricien ou un industriel, pour réaliser une partie ou la totalité du projet, en assumer la gestion pendant un certain temps, le remettre le « produit » final au gouvemement. Nous faisons déjà cela en Guinée où, en début d’année, not avons établi un partenariat avec Vibec, Dessau, Électricité de France, et la société française SAUR. Ensemble, nous assumerons la prise en charge du réseau électrique guinéen dans le but d’améliorer la qualité et la continuité du service aux consommateurs et d’assurer l’équilibre financier du secteur électrique. Il convient de souligner que cette décision du gouvernement guinéen de confier la gestion de l’électricité au groupement franco-québécois est conforme au souhait des bailleurs de fonds internationaux qui envisagent le financement de projets indispensables à l’approvisionnement électrique du pays.

CHOC : Quelles possibilités ce marché représente-il pour le secteur privé ?

HQI: Comme par le passé, HQI entend maximiser ses activités de développement au bénéfice des fournisseurs québécois. Nos partenaires au Québec restent, à l’international, des alliés naturels et complémentaires de nos actions lorsque vient le temps de se doter d’une expertise de grand calibre pour réaliser un projet à l’étranger. La complémentarité recherchée est soit de nature technique, de connaissance du pays ou carrément financière. Nous pouvons essentiellement contribuer à élargir leurs marchés et leur expertise dans leur domaine. Mais, pour réussir dans ce marché très compétitif, il faut combattre la concurrence et pour cela, une recette : la qualité à moindre coût.

CHOC : Quels sont les avantages d’HQI à cet effet ?

HQI : Nous sommes présents dans tous les aspects de l’exploitation d’un réseau électrique. Notre situation d’entreprise intégrée, assurant tous les métiers de production, transport et distribution et de conseil et d’ingénierie, nous place dans une situation favorable. De plus, Hydro-Québec est un acteur reconnu, jouissant d’une réputation enviable, d’autant que nos projets sont d’envergure et de conception récente, ce qui assure davantage notre crédibilité. Nous pouvons offrir notre contribution sur une palette d’activités et offrir au client le maximum de satisfaction au moindre coût. Plus particulièrement, nous disposons d’un avantage comparatif en matière d’hydroélectricité, de transport à très haute tension et d’interconnexions entre des réseaux. Ces domaines font tous appel à la haute technologie, depuis la conception jusqu’à l’exploitation.

CHOC: En termes géographiques, dans quelles zones seront concentrées les actions d’HQI ?

HQI : Bien sûr, nous interviendrons en priorité dans les zones où la croissance d’électricité est forte, où il y a un historique de relations d’affaires et où les bénéfices seront les plus importants pour l’entreprise et ses partenaires. À priori donc, aucune zone n’est écartée, tant dans les pays industrialisés que dans les pays dits émergents. Mais, personne ne peut nier l’intérêt des marchés asiatiques, où la croissance en énergie dépasse les 10 % annuellement.

C’est le sens de notre partenariat dans le Groupe Energie Asie, composé à parts égale d’Hydro-Québec, d’Ontario Hydro et de Power Corporation et doté d’un capital de 100 M$, avec comme objectif principal de devenir un chef de file dans le domaine de l’énergie électrique en Asie par la réalisation d’investissements à haut rendement dans des projets de production, de transport et de distribution d’électricité. Bien que ces investissements soient relativement faibles par rapport au besoins des pays de cette région, c’est un excellent début, qui nous permettra de nous positionner pour l’avenir et d’améliorer notre compétitivité même au Québec. Ces activités devraient générer des retombées pour l’économie québécoise, car les projets retenus seront réalisés en association avec les secteurs financier et manufacturier, de même qu’avec des partenaires oeuvrant dans les domaines de la gestion des projets, comme l’ingénierie et autres.

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