Courriels lors de la Révolution tunisienne

Courriels envoyés à mes proches durant la Révolution tunisienne

14 janvier 2011
Bonjour,

Nous allons bien. On vient de recouvrer internet.

On entend des coups de feu depuis des heures ici à La Marsa. Oui, la crainte les présente.

Situation confuse, instable. Selon toute vraisemblance, on devra quitter en urgence, sous peu. On est en lien avec l’ambassade à ce sujet.

15 janvier
Bonjour,

Énervant hier soir, coups de feu, hélicoptère de l’armée. Plus calme ce matin, mais couvre feu maintenue. Tout est fermé, épiceries compris, stations d’essence, tout, l’armée dans les rues.

Le président intérimaire a le destin du pays dans ses mains. Il doit clairement démontré la rupture avec le régime crapuleux de ben Ali et faire place aux forces démocratiques. Sinon les émeutes reprendront.

16 janvier
Bonjour,

Les faits :

-J’écris et un hélico de l’armée, à fort bruit, survole nos têtes depuis le couvre-feu, à 18 h.

-Pour la 3-4e nuit, on entend des coups de feu (gaz lacrymogènes, sommations ??)

-Mon quartier, comme partout, s’est organisé en auto-défense. On bloque les voies d’accès, on s’est muni de pierres, bouteilles et bâtons.

-Un enjeu est la fermeture de tous les magasins, stations d’essence. La pénurie alimentaire et les difficultés de déplacement deviennent plus sérieuses.

-La plupart des étrangers quittent, dont du personnel de l’ambassade canadienne (aujourd’hui).

-Mon employeur a fermé depuis jeudi pm et ferme de nouveau demain. Jeudi pm, j’ai assisté à une manif improvisée à Tunis, gaz lacrymogène, pneus brulés et tout.

-Notre principal enjeu est certes la sécurité ; et l’école. Si l’école US ferme, la famille devra quitter pour Montréal. La BAD envisage un transfert temporaire au Maroc.

-Chute ben Ali. Imprévue, mais régime honni, lui et sa femme, qui se sont enrichis sans vergogne pendant que la population stagnait. Victoire du peuple, car l’opposition est quasi inexistante, réprimée depuis deux décades. Et surtout, une victoire pour la liberté d’expression, les Tunisiens en ont marre du ridicule culte ben Ali et de l’impossibilité de s’exprimer (presse et Internet bâillonnée ; Internet devenu totalement accessible depuis le départ de ben Ali, incroyable). Un martyr inconnu : le jeune qui s’est immolé de rage dans un village perdu, la police voulait lui interdire de mener son petit commerce à quelques sous pour gagner sa misérable pitance pour sa famille. Cela a été le coup d’envoi de l’expression d’un ras le bol général, que l’on sentait très bien ici.

-Les troubles actuels sont menés par les brutes de ben Ali, mais leurs dirigeants ont été arrêtés, en partie. L’armée a pris le relais de la police, qui était l’outil de répression du régime. L’armée est entrainée par les USA.

-Ai pris des photos aujourd’hui d’une maison des Trabelsi, saccagée, résidence de la famille de la femme de ben Ali. Un des membres de cette famille détestée a sa résidence à Westmount.

-Certes, comme passionné d’histoire, je me sens privilégié de vivre cela, mais j’aimerais mieux vivre cette expérience avec ma famille en sécurité.

24 janvier
Bonjour,

Situation en apparence stabilisée en Tunisie. Le couvre feu est toujours maintenu toutefois, et les horaires de bureau, y compris à la BAD, et les horaires commerciaux restent toujours raccourcis.

Mais l’école a repris avec des horaires normaux, du moins ce matin.

Le principal enjeu politique tourne autour du maintien ou non de cinq ex ministres liés à l’ancien régime, dont le Premier ministre.

Certains souhaitent faire table rase total de tous ceux liés au passé, quelque soit leur « propreté » ; d’autres disent qu’il faut garder quelques têtes dirigeantes, non corrompues, pour leur expertise à diriger le pays.

Soit le gouvernement tient bon avec les ministres actuels ; soit tous démissionnent ; soit le Premier ministre lâche les ministres ciblés, et reste pour assurer une transition en ordre.

Ce qui est vécu ici est vraiment unique, c’est le virage à 180 degrés, presqu’en tout. Par exemple, tout ce qui est lié à ben Ali et à son régime (noms de rues, etc.) change d’appellation.

Le pays devient méconnaissable, la parole est enfin libérée et les gens en profitent.

PS Notre ex voisin, celui de notre première maison, très lié à l’ancien régime et à la personne de ben Ali, est assigné en résidence surveillé. Je ne lui prédis pas un avenir des plus heureux…

26 janvier
Bonjour,

Contrairement à ce qui était attendu par plusieurs, la situation reste animée en Tunisie, et l’onde de choc démocratique semble mordre en Égypte. Côté sécuritaire, cela reste stable, mais il est confirmé que des milliers de détenus se sont échappés, d’où un accroissement prévu du banditisme dans le pays.

Il va y avoir un remaniement ministériel aujourd’hui, et on s’attend à ce que des ministres liés à ben Ali partent. Plusieurs Tunisiens ont trop crainte que ceux dont on s’est débarrassés par la porte…reviennent par la fenêtre.

Je les comprends. Quand il a pris le pouvoir en 1987, ben Ali en beurrait beaucoup sur la démocratie, les droits de l’homme…pour mieux maquiller sa dictature. Un maquillage à la fin complètement asséché, et qui ne cachait plus le fait que le pouvoir de ben Ali ne se maintenait plus que pour servir les intérêts financiers de son clan. Parlant d’eux, la Tunisie vient d’émettre un mandat international d’arrestation contre lui et sa famille.

Mais il y a aussi les plus démunis, ceux qui n’ont presque rien, qui manifestent dorénavant, leur infortune trop longtemps ignorée.

Comme on peut s’y attendre en pareille situation, les Tunisiens dévoilent chaque jour des faits nouveaux sur le clan ben Ali. Ce matin, on apprend que le clan avait chassé le personnel de l’ambassade de Tunisie en France (Paris), voulant disposer du lieu à sa guise, malgré que la plupart avait déjà des résidences à Paris, et en plus dans les plus beaux quartiers.

Les Français en prennent pour leur rhume, en fait pour leur aveuglement devant leur copain ben Ali. Mais il n’y a pas eu qu’aveuglement, mais aussi lâcheté des autorités françaises, qui ne parlaient plus avec les opposants tunisiens, de peur de déplaire à l’ex-régime. L’ambassadeur actuel en Tunisie a été « limogé » ce matin, et remplacé par l’actuel ambassadeur de France en Irak.

Le couvre-feu est toujours maintenu, à 20h. Une catastrophe pour les restaurants, et pour le tourisme, 3e pourvoyeur d’emplois dans ce pays. Du coup, à la BAD, nous continuons dans des horaires écourtés.

2 février
Bonjour !

La journée d’hier (mardi) a été passablement folle, sous le régime de la rumeur. Les effets en sont concrets : collègues féminins demandant d’être raccompagnées chez elles (rumeur d’attaques contre des femmes !), classes dans des écoles coupées courts par des étudiants affolés de la venue de protestants « avec des sabres » !!!, parents accourant à l’école devant des rumeurs d’enlèvement d’enfants, etc. etc.

Bilan : à peu près toutes ces rumeurs étaient fausses !!!

Une nouvelle qui s’est avérée vraie toutefois a été l’attaque du nouveau ministre de l’intérieur, dans son propre bureau, alors qu’il est supposé être l’homme le mieux protégé du pays !

Il en est sorti sain et sauf, heureusement.

Mais il a compris qu’il y avait des complicités néfastes dans son ministère, et a limogé illico 40 cadres supérieurs de la police.

Aujourd’hui, les rumeurs sont moindres, mais la tension reste, notamment à voir la situation fort instable qui a cours en ce moment en Égypte…

Du côté de l’Égypte, les « partisans » que vous avez vu venir hier (mercredi) à la télé à la place Tahrir (Libération) au Caire n’en sont pas.

Ce sont des individus payés pour venir manifester et s’opposer au mouvement démocratique.

Lors de son tout dernier discours, le jeudi 13 janvier, Ben Ali avait annoncé qu’il ne se représenterait pas aux prochaines élections, et de supposés « partisans » avaient « bravé » le couvre-feu (et le « froid », dixit les journaux : 15 degrés !) pour venir célébrer le tyran et son unique sagesse.

Le lendemain, manif à Tunis (« Ben Ali, dégage ») et le tyran prenait lâchement la fuite…

Ces partisans ont depuis admis avoir été « incités » à venir manifester « spontanément »…

De tout ce qu’on peut entendre sur l’Égypte, et les amis égyptiens de la BAD me le confirment, eux qui ont leur famille là-bas, le ras-le-bol est généralisé, et transcende tout : classes sociales, groupes d’âge, appartenances religieuses.

J’avais eu le même sentiment en visitant ce pays en 2006. Une constante, partout, du nord au sud : une misère et un désespoir sans fin.

Le point commun Tunisie/Égypte : l’excès.

L’excès de corruption, l’excès de népotisme, l’excès d’arrogance, l’autisme d’un pouvoir bafouant quotidiennement la dignité des gens et dont la seule fin n’est pas de servir le peuple, mais de se maintenir en place, au nom d’une menace (combat contre l’intégrisme, la « stabilité » si chérie des pays occidentaux) qui, avec le temps, ne devient plus qu’un théâtre de carton-pâte maintenu à bout de bras par la police, les affairistes et les opportunistes.

En bref, la méritocratie n’y a aucune place. Il y est impossible d’y voir émerger un Obama local par exemple.

À terme, cet excès génère son contraire, et c’est, je pense bien, ce que l’on voit émerger actuellement.

PS Rappel de la condition non démocratique des régimes politiques arabes :
-Algérie : pays dirigé par l’armée, qui choisit le président
-Maroc : un roi, qui en plus fait des affaires dans son propre pays
-Libye : Kadhafi est là depuis 40 ans +, y sera jusqu’à sa mort, et prépare la succession à l’un de ses fils
-Égypte : Moubarak, trente ans au pouvoir, préparait la succession pour son fils
-Syrie : le président actuel y est depuis 10 ans, a succédé à son père, qui avait été au pouvoir des décennies
-Jordanie : un roi, qui a succédé à son père au pouvoir des décennies durant
-Yémen : le président est en poste depuis 30 ans
-Autres pays du Golfe : monarchies héréditaires, avec des cabinets ministériels accaparés par les frères, demi-frères, cousins, du dirigeant.

17 février
Bonjour à tous,

Fin du couvre-feu en Tunisie, mais maintien de l’état d’urgence, qui entre autres interdit les rassemblements. Bon signe, quoique l’incertitude persiste sur le front social. Encore hier, des prisonniers se sont évadés, et une certaine insécurité, inconnue autrefois dans ce pays autrefois policier, s’est installée dans le pays.

Et on a droit à une démocratie en direct : récemment, le nouveau ministre des Affaires étrangères, pourtant ex diplomate de haut rang, a fait une entrevue catastrophique à la télé, indiquant son « ravissement » de s’être retrouvé avec son homonyme française, Michèle Alliot-Marie, fortement sur la sellette en France pour ses liens avec l’ex régime Ben Ali. Devant le tollé populaire suscité par ses propos, il a dû démissionner…

(Alliot-Marie dans les faveurs du régime Ben Ali, le Premier ministre Fillon en voyage payée par Moubarak fin 2010, Sarkozy qui avait vanté lors de sa visite d’il y a deux ans « l’espace des libertés en Tunisie », l’ex ambassadeur de France n’ayant entretenu presqu’aucun lien avec les opposants pour ne pas déplaire à la clique dirigeante…hum, la France étatique n’apparait pas tellement reluisante ces temps-ci…).

Le journal La Presse (gouvernemental), autrefois si insipide, a fait un bon très coup hier, qui a crée un buzz dans le pays, en publiant une fausse UNE, avec une date en juin 2014, traitant de réalisations fictives de la Tunisie depuis la Révolution.

On y parlait d’un musée de la Révolution attirant les touristes de par le monde, de Formule 1 à venir, de réalisations agricoles… et de l’ouverture d’un 14e resto McDonald dans le pays ! (McDo et autres chaines n’ont aucune présence en Tunisie).

L’idée était d’inciter les gens à limiter leurs revendications et à se remettre au travail pour faire en sorte que ces belles prévisions se réalisent…

La grande nouvelle, c’est bien sûr la révolution égyptienne, elle aussi bien imprévue, mais combien importante pour la zone arabe.

Et voilà que cela repart de plus belle au Bahreïn (un régime monarchiste sunnite qui dirige un pays en majorité chiite), en Algérie (un régime militaire, où presque tous les jeunes rêvent de fuir), en Libye (Kadhafi au pouvoir depuis quatre décennies ans)…

La bête noire des Occidentaux, soit l’intégrisme islamique, n’est pas du tout le moteur de ce désir réel de changement. Chaque pays arabe est différent, mais tous partagent des points communs, notamment d’abriter une population jeune, qui ne souhaite plus être dirigée par des autocrates pour qui stabilité équivaut à statisme, désireuse de stopper l’incurie économique, l’injustice, l’absence de liberté d’expression.

Un état de fait largement dénoncé depuis des années par les intellectuels de ces pays, et il est si heureux que cela prenne fin.

À suivre !

1er mars
Bonjour à tous,

La situation reste fort instable en Tunisie post-révolutionnaire.

Des saccages secouent des villes en province et le centre-ville de Tunis, et une certaine pagaille perdure dans l’administration, avec des bureaux parfois fermés dans les heures de service, des employés qui veulent tout obtenir, tout de suite, sans accepter aucun compromis, des médias, surtout audiovisuels, qui laissent dire n’importe quoi.

Récemment, un jeune a dit souhaiter l’assassinat du premier ministre et la télé a laissé passer ce segment inacceptable de l’entrevue, d’autant plus dans le contexte actuel marqué de surenchères.

Eh bien, cet appel haineux a eu un certain effet, a reconnu le Premier ministre intérimaire, qui a effectivement démissionné.

Le premier ministre Ghannouchi a cédé sa place car trop associé à l’ancien régime.

Depuis 3-4 jours, il faisait face à la pression soutenue de la rue (70 000 personnes vendredi dernier), en sit-in permanent à la kasbah de Tunis. Pas moins de cinq morts ont été déplorés cette fin de semaine.

Selon plusieurs, moi compris, il aurait pu garder son poste si son gouvernement avait mieux communiqué sa feuille de route et pris un meilleur contrôle de la communication sur la révolution.

Or, reliquat de régime autoritaire probablement, les dirigeants actuels ont peu de culture communicationnelle, si bien que leurs réalisations ont peu de visibilité, et leur plan de match d’ici les élections prévues cet été, peu de lisibilité.

Devant une population jeune, suspendue à l’Internet, et qui, à raison, clame la paternité de la vague démocratique qui secoue tout le monde arabe, cette quasi absence est propice aux suspicions de toutes sortes et la crise de confiance perdure.

Certaines mauvaises décisions contribuent aussi à la fluidité actuelle.

Exemple : les jeunes du monde arabe souhaitent chasser les vieillards qui les dirigent depuis trop longtemps et le président intérimaire de la Tunisie, 78 ans, n’a pas trouvé mieux que de choisir comme remplaçant de M. Ghannouchi un individu, certes respectable mais âgé de … 85 ans !!!

Cela ne passe déjà pas chez plusieurs manifestants, qui annoncent poursuivre leur sit-in, et qui réclament en plus que l’on mette tout à plat, avec une nouvelle Constitution avant les élections, et non après.

Une plus grande anxiété est associée à cette période postrévolutionnaire, indiquent les médecins, psychologues et psychiatres qui ont vu le nombre de leurs patients augmenter considérablement, tous les repères anciens ayant volé en éclat et l’avenir étant bel et bien incertain.

Et comme si cela n’était pas assez, les Tunisiens se voient forcés de recevoir et de donner refuge à des milliers d’exilés venant de la Libye voisine, fuyant l’autisme d’un Ghaddafi plus caricatural que jamais, et qui ne règne plus que dans la capitale, Tripoli.

Même son infirmière ukrainienne, dont on avait appris l’existence par WikiLeaks, a pris la poudre d’escampette il y a peu, c’est dire…

Oui, la jeunesse arabe est bel et bien en plein bouillonnement et se cherche de nouveaux dirigeants pour canaliser leur profond désir de changement.

18 mars
Bonjour à tous,

La situation a passablement évolué depuis mon dernier courrier, situation normale dans un processus de changement aussi intense que connait la Tunisie depuis deux mois.

En général, la perception dominante est que les choses vont mieux…

La tension des premières semaines postrévolutionnaires a essentiellement porté sur le degré d’éradication des traces de l’ancien régime.

Ceux qui souhaitaient une rupture totale, complète l’ont emporté.

À preuve :
-L’ex parti unique, le RCD, a été dissous, officiellement, juridiquement ;
-La police politique également, et lors d’une cérémonie solennelle, émotive ;
-L’ancienne Constitution, dissoute ;
-L’élection le 24 juillet d’une Assemblé constituante, pour établir une nouvelle constitution ;
-Les sits ins et contre manifestations de la « majorité silencieuse » ont cessé, du moins pour l’instant.

Et un événement qui avait jeté la consternation, voire la peur, en Tunisie, soit l’assassinat d’un prêtre polonais, s’est finalement avéré une affaire policière, et non politique, le malheureux ayant été tué par un membre tunisien de son entourage professionnel, pour une affaire d’argent.

Les barons de l’ancien régime, sous résidence surveillée depuis le 14 janvier, ont été emprisonnés :

-Abdelaziz Ben Dhia (mon ex voisin de la ville de La Marsa !) : le verrou politique de Ben Ali (changement constitutionnels pour permettre au président de se représenter continuellement, malgré son cumul de mandats et son âge) ;
-Abdelwahab Ben Abdallah, le verrou idéologique (étouffement de la presse, de toute liberté d’expression) ;
-Abdellah Kallel, le verrou sécuritaire (emprisonnement/harassement/violence contre les opposants).

Depuis, eh bien, c’est une vraie explosion démocratique : 50 partis ont demandé et obtenu accréditation, dont bien sûr des partis islamistes, mais pour l’ensemble modérés, qui acceptent la laïcité, l’égalité des femmes, et une presse s’en donne à cœur joie, dénonçant sans vergogne Ben Ali et sa clique et commentant l’actualité en toute indépendance.

Et les courageux opposants d’hier (dont nombre de femmes), autrefois spoliés de tout droit et persécutés des années durant des plus ignobles manières, sont devenus – c’est combien mérité-, des héros enfin salués de tous, et s’acharnent pour qu’une véritable démocratie prenne racine dans le pays du jasmin.

Ceci dit, les défis sont (très) lourds : relance économique (croissance zéro prévue cette année), réfugiés aux frontières ayant fui un régime libyen chancelant, réformes nombreuses à entreprendre, dont celle de la police, auparavant essentiellement préoccupée de sécurité présidentielle, et qui doit maintenant se soucier du bien-être des citoyens.

Tout un défi que de bouleverser la mentalité d’un corps policier composé de 100 000 agents (autant que la France, qui compte pourtant 65 millions d’habitants, contre 10 millions pour la Tunisie).

Un changement attendu par bien du monde : le respect des règles de conduite automobile, une conduite souvent criminelle dans ce pays. Malheureusement, de ce côté, la révolution tunisienne n’a pas encore fait évoluer les mentalités !

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