Stress et communauté

Magazine Courants, janvier-février 1992

Encore le stress ! Articles de journaux et de magazines, émissions de télévision, vous en avez entendu parler si souvent que vous avez l’impression d’en savoir assez sur le sujet. Pourtant, avance le magazine Fortune, « ce que nous ne savons pas sur le stress pourrait remplir des volumes ». Le magazine fait part d’un sondage mené auprès de 600 travailleurs : près de la moitié des répondants considèrent leur travail comme très stressant et 34 % disent qu’il est si stressant qu’ils songent à le quitter.

Un des meilleurs antidotes du stress est l’appartenance à une communauté ou à un groupe, rapporte Fortune. Une recherche effectuée il y a plusieurs années par le Dr Stewart Wolf auprès de résidents de Roseto, en Pennsylvanie, est révélatrice à cet égard. Les résidents de cette localité sont principalement d’ascendance italienne. La majorité d’entre eux fume, boit de l’alcool et mange gras. Pourtant, le nombre de maladies coronariennes y était jusqu’à récemment très faible.

Selon Stewart Wolf, cette résistance aux problèmes cardio-vasculaires découle de la cohésion et de la stabilité propres à cette communauté. Mais il avait prédit que cette résistance aux maladies irait en s’érodant avec l’intrusion des valeurs modernes et matérialistes. La réalité lui a donné raison. À partir des années 70, les grosses voitures et les maisons cossues sont apparues, faisant voler en éclats la belle solidarité d’autrefois. Aujourd’hui, Roseto a le même taux de maladies coronariennes que la moyenne américaine.


Garantie pour l’éducation
Des garanties, on en trouve de plus en plus. Pour les VCR, les frigos, les autos. Elles sont devenues, ces dernières années, des sources de compétition entre entreprises. Mais il ne nous viendrait pas à l’esprit d’étendre ce concept à l’éducation. C’est pourtant ce que certaines écoles font aux États-Unis. Eh oui ! une garantie sur la qualité de votre formation. Il fallait y penser. Il s’agit en fait de 68 écoles de divers États, qui se sont regroupées et qui garantissent aux entreprises que leurs diplômés savent lire, écrire et calculer. Si l’entreprise qui embauche un diplômé trouve des failles sur ce plan, l’école s’engage à corriger les lacunes, à ses frais, en offrant des cours du soir.

Cette idée gagne en popularité aux États-Unis et certains prédisent qu’elle entraînera un changement dans la façon d’évaluer les élèves. Il est probable, en effet, qu’à l’avenir on décernera les diplômes non plus après la complétion des cours, mais sur la foi de tests prouvant hors de tout doute l’acquisition de certaines habiletés de base.

Salmigondis
Voici quelques statistiques intéressantes, tirées d’éditions récentes de revues canadiennes et américaines. Environ un homme sur deux dit accorder plus d’importance à sa famille et à ses amis qu’à son travail. Par contre, seulement 29 % des femmes croient effectivement que les hommes donnent plus d’importance à leurs proches qu’à leur boulot.

Dans la population en général, 11 % estime que les femmes pensent trop au sexe. Ce pourcentage fait un bond considérable quand on pose la question à propos des hommes : 52 % des répondants affirment qu’ils y pensent trop. Un sondage mené aux États-Unis révèle que 10 % des Américains sont persuadés que le diable leur a déjà parlé. Un sondage effectué il y a 1 an au Canada nous apprend que 27 % des Canadiens ont connu une expérience si désagréable avec une entreprise ou un commerce qu’ils n’y retourneront plus. Une étude américaine rapporte que 23 % des diplômés du high school aux États-Unis ne peuvent additionner correctement trois éléments sur une addition de restaurant.

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