Les États-Unis post 11 septembre : l’immigration fortement perturbée

Interligne, août 2003
L’auteur, résident de l’arrondissement NDG (Montréal), revient d’un séjour de trois semaines aux États-Unis à l’invitation du gouvernement américain.

La société américaine n’est plus la même depuis le 11 septembre 2001. Une victime collatérale des tragiques événements qui ont secoué ce pays est la population de réfugiés et d’immigrants qui faisaient bon an mal an son entrée en sol états-uniens depuis des décennies.

Le programme d’accueil des réfugiés vit en effet ses moments les plus difficiles. À preuve, seulement 27 000 réfugiés ont été accueillis en territoire américain pour l’année fiscale se terminant le 30 septembre 2002, à comparer à un flot habituel d’environ 70 000 avant septembre 2001.

Selon les responsables d’organismes d’accueil des réfugiés rencontrés, notamment à Détroit et à Nashville, on n’entrevoit pas un retour au rythme habituel avant plusieurs années. Ces mêmes organismes ont même dû licencier du personnel, ayant un nombre plus réduit de cas à traiter.

C’est dire que les actions de Ben Laden et de ses acolytes ont non seulement écorché le sentiment de sécurité des Américains, mais aussi considérablement retardé les projets d’avenir de nombre d’individus persécutés, ayant choisi les États-Unis pour se faire une vie à l’abri des abus commis par des États répressifs. Cela se traduit, pour eux et leurs familles, par un prolongement de plusieurs mois dans des camps de réfugiés où ils ont souvent déjà patienté des années avant de se voir sélectionnés.

Une des principales raisons de cette baisse dramatique a trait aux nouvelles mesures de sécurité mises en place après le 11 septembre. Celles-ci sont devenues beaucoup plus contraignantes, les Américains voulant avoir le plus d’assurance possible sur le passé des candidats.

La FBI et la CIA ont donc dorénavant droit de regard sur les cas analysés, ce qui alourdit considérablement le processus.

Devant cette situation, plusieurs réfugiés préparent leurs dossiers pour venir au Canada, moins ébranlé par les drames d’il y a presque deux ans.

Ce changement subit dans le nombre de réfugiés aux États-Unis n’est pas sans inquiéter nombreux organismes. L’accueil et l’ouverture face aux réfugiés est une des forces caractéristiques du pays, disent-ils et il serait dommage que les événements du 11 septembre amenuisent à long terme cette qualité intimement liée aux valeurs de base de l’Amérique.

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