L’état du monde 1987-1988

L’état du monde 1987-1988, Montréal, La Découverte-Boréal, 1987.

Paux et sécurité, vol. 3, no. 1, printemps 1988.

Cette collection est devenue au fil des ans un outil d’information précieux pour tous ceux qui s’intéressent à l’actualité mondiale. La chronique Le monde en guerre de l’édition 1987-1988, comporte des articles-bilans sur le Sud-Pacifique, le Nicaragua. le Soudan et, pour une deuxième année consécutive, l’Afghanistan ct le conflit Iran-Irak.

L’analyse de Jean Chesneaux sur le Sud-Pacifique arrive à point pour nous renseigner sur la militarisation croissante de cette région, qui éveille de plus en plus les appétits des superpuissances, notamment les États-Unis.

Autre article apprécié, celui d’Anne Kraft sur le Sud-Soudan. Souvent oublié, le Soudan n’en est pas moins le site d’une guerre vieille des premières années de son indépendance.

L’auteure rappelle avec justesse que le conflit qui fait rage entre le Nord et le Sud oppose non seulement deux régions géographiquement différentes, mais deux cultures, l’une participant de l’islam l’autre de l’univers africain.

L’article de Marie-Chantill Barre sur le Nicaragua illustre les difficultés qu’ont les États-Unis à isoler le Nicaragua de ses voisins latino-américains. Ces derniers, en effet, ne voient pas l’intérêt qu’ils auraient de se départir d’un partenaire commercial, membre de plein droit des différents organismes d’intégration de la région.

Toutefois la radicalisation de l’idéologie sandiniste tend à justifier la po1itique américaine dans la région. L’auteure se demande si ce durcissement du régime sandiniste résulte des assauts de la Contra ou du processus interne propre à la révolution de 1979.

Un des traits marquants de l’année 1987 aura été le changement d’attitude du monde occidental face au régime d’apartheid régnant en Afrique du Sud.

Jean Claude Barbier note que ce ne sont pas les émeutes, mais la persistance du statu quo qui a secoué l’opinion internationale.

Suite aux sanctions timides adoptées contre l’Afrique du Sud, le chemin est long, mentionne l’auteur, avant que les pays occidentaux collaborent pour mettre fin au régime anachronique d’Afrique du Sud.

Le terrorisme est devenu, surtout depuis les années 1970, un instrument stratégique privilégié de groupuscules révolutionnaires désirant s’attirer un maximum de publicité. Sven Ortoli propose, dans son essai Le message, c’est l’attentat, une analyse du terrorisme dans le monde depuis la fin du 19e siècle.

Si les médias ne sont pas la cause du terrorisme, dit l’auteur, ils expliquent, du moins en partie, la croissance fulgurante du nombre et de l’ampleur des attentats commis pour des causes politiques. Auparavant, les terroristes s’en prenaient surtout aux représentants des États qu’ils voulaient humilier : ambassadeurs, attachés militaires, etc. Mais ils frappent aujourd’hui « ceux qui passent au mauvais endroit au mauvais moment ». Comme chacun peut être touché, la terreur n’en est ainsi que plus grande parmi la population.

Traitant de sujets variés et nombreux, L’état du monde 1987-1988 occupera pour de longs moments les férus de l’actualité mondiale.

Quelques faiblesses toutefois : le nombre élevé de collaborateurs a pour corolaire un traitement très diversifié des sujets abordés : quelques-uns peuvent plaire, d’autres moins. L’objectif de L’état du monde n’est pas de fournir aux lecteurs des analyses approfondies, mais de les initier aux thèmes brûlants de la vie internationale.

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