Burkina Faso : un hôpital tant attendu, si apprécié

Site web, Banque africaine de développement, octobre 2008

Nous sommes au début des années 2000. Dans le Sud-Ouest du Burkina Faso, peuplé de quelque trois millions d’habitants, deux districts (environ un demi million d’habitants chacun) sont en manque criant d’un accès permanent à des soins de santé. En effet, en 2000 la région sanitaire de Hauts Bassin comptait deux districts sur cinq ne disposant pas de centre médical avec antenne chirurgicale (CMA).

Mais la communauté et le gouvernement se prennent en mains. Ils montent un projet de développement sanitaire, contactent des donateurs. La BAD est du nombre. Des négociations s’engagent, et se concluent avec succès.

Un site est identifié et un projet démarre, à Bobo-Dioulasso, en 2001. Finalité : améliorer l’état de santé de la population. Ses objectifs : améliorer l’accès et la qualité des services de santé, réduire la mortalité, renforcer les capacités institutionnelles du secteur de la santé au niveau régional et national. Budget : 10 milliards de francs CFA, soit environ 25 millions d’UC.

Un projet fort bien mené, reconnaît François RAMDE, Coordonnateur du projet. De la formation, médicale et administrative, est prodiguée. Et un centre de santé , de 26 bâtiments émerge, et est mis en exploitation, depuis mars 2006.

Il couvre la chirurgie, la gynécologie, la pédiatrie, l’anesthésie, avec laboratoires et services d’hospitalisation, deux salles d’opération, sans compter les services annexes (buanderie, cuisine). En tout, 80 personnes y oeuvrent en permanence, dont trois médecins, et font tourner un hôpital qui tourne 24h sur 24, tous les jours de l’année.

« La mise en place de ce centre de santé est un très grand soulagement », dit François DRABO, Directeur régional de la santé des Hauts Bassins. Si le projet a été un succès, c’est en partie du fait que toutes les parties prenantes, y compris les bénéficiaires potentiels, ont été consultées tout au long du projet. Il y a eu en effet un partenariat permanent et diversifié. Tous ont pu exprimer leurs avis, préoccupations, et suggestions. »

Depuis, l’hôpital est des plus actifs. Qu’on en juge : 350 à 400 accouchements par mois ; 25 à 30 bénéficiaires par jour, pour des consultations diverses ; environ trois interventions chirurgicales quotidiennement, et plus de 6 000 analyses de laboratoire par an, mentionne Dr Tatianna KOUSSOBE, Directrice du CMA.

Des besoins qui en appellent à une expansion. Heureusement, le projet initial, prudent, a prévu une extension, sur le site actuel. On voudrait y ajouter des services d’imagerie médicale, d’ORL, d’ophtalmologie, entre autres. Les plans et devis sont prêts. Il ne manque que le financement.

Bref, une belle aventure, qui ne demande qu’à se poursuivre, pour le mieux être des habitants de la région.

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