Un magazine bukinabé pour renforcer la voix des femmes

Site web, Banque africaine de développement, octobre 2008

Malgré le fait que la promotion du rôle de la femme soit explicitement reconnue comme un pilier du développement des sociétés africaines, la voix des femmes est encore trop peu entendue sur le continent africain. Heureusement, certaines s’activent pour faire davantage écho à la présence des femmes. C’est le cas de Khadidja Touré, fondatrice et directrice de publication du magazine Femme idéale, publié au Burkina Faso.

A travers ce produit d’information mensuel, existant depuis trois ans, publié en français et tiré à 3 000 exemplaires, Khadidja Touré combine son amour du journalisme et sa conviction relativement au rôle central des femmes pour réussir le pari du développement.

Question : Comment vous est venue l’idée de fonder ce magazine ?
Kahdidja Touré (KT) : Ce magazine est né d’une initiative de Femmes de la Communication, un organisme féminin du milieu des médias au Burkina Faso. Les membres ont constaté l’absence dans notre pays de support médiatique dédié aux enjeux propres des femmes et l’intérêt d’en développer un pour soutenir leur rôle dans le développement du Burkina Faso.

Q : Et quelle est sa vocation ?
KT : Nous visons à montrer des exemples de réussite de la femme, et ceci pour contribuer à l’avancée du Burkina Faso et de l’Afrique en général. En premier lieu, nous voulons sensibiliser la femme sur la place qui lui revient, pour qu’elle prenne conscience des possibilités qui lui sont offertes de s’épanouir dans son milieu de vie. En deuxième lieu, nous visons des changements de comportement, afin que la femme agisse en faveur de son épanouissement, de la réalisation de son plein potentiel.

Nous voulons montrer que les femmes peuvent se prendre en mains et réussir dans leur carrière, sans renier leur rôle familial. Nous parlons ainsi de sujets sensibles, comme les mariages précoces, les mariages forcés, qui doivent être soulevés pour amener des changements progressifs dans notre pays.

Q : Quels sont les grands défis que vous rencontrés ?
KT : Certes, un des grands défis est lié à l’alphabétisation. Notre magazine est publié en français et les femmes doivent comprendre cette langue pour lire notre produit. Cette problématique est particulièrement vraie en zones rurales. C’est pourquoi nous développons un projet d’alphabétisation en zones rurales, afin que les messages diffusées dans notre magazine puissent atteindre les femmes dans ces régions.

Q : Et les hommes, comment réagissent-ils à l’existence de ce magazine ?
KT : Bien sûr, certains raillent notre existence, mais cela ne nous dérange pas trop, car nous savons pourquoi nous sommes là, nous sommes convaincues de la légitimité de notre cause, qui dépasse celui des femmes et s’inscrit dans le registre du bien commun. Nous avons entre autres un appui financier de l’Etat, qui reconnaît ainsi la validité de notre mission.

Q : Et quelle est-elle, la femme idéale en Afrique ?
KT : La femme idéale existe en chacune des femmes, c’est une femme qui a quelque chose à apporter, à sa famille, à ses proches, à la société. La femme idéale, c’est celle qui veut s’épanouir et partager.

Propos recueillis à Ouagadougou.

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