L’aéroport d’Enfidha de la Tunisie : promouvoir des partenariats public-privé

Site web, banque africaine de développement, 6 octobre 2010

Selon les experts en développement, le partenariat public-privé constitue la solution tout indiquée pour mettre pleinement en valeur le potentiel de l’Afrique.

Le projet de l’aéroport Zine El Abidine Ben Ali à Enfidha, en Tunisie, une ville émergente située à environ 100 km au sud de Tunis et à 60 km de l’aéroport de Monastir, en est une bonne illustration, autant pour l’Afrique du Nord que pour tout le continent africain.

Selon les autorités tunisiennes, la modernisation et l’expansion des infrastructures aéroportuaires étaient devenues une priorité, notamment en raison des importants projets de développement touristique et industriel programmés.

Les principaux aéroports actuels de la Tunisie, situés au nord-est du pays, sont soit déjà saturés (Aéroport de Monastir), soit proches de la saturation (Aéroport de Tunis- Carthage). Ils desservent les principales zones touristiques de Sousse, Hammamet et Monastir, sur la côte méditerranéenne.

Un nouvel aéroport devenait donc nécessaire, et la participation du secteur privé a agit comme catalyseur pour la conception et la réalisation du projet.

Logique : Au lieu d’assumer seuls les coûts et les risques du projet, les autorités tunisiennes ont préféré se fier à l’apport du capital privé, misant au surplus sur la capacité managériale du secteur privé et sur ses technologies de pointe.

Résultat : un aéroport moderne, spacieux, confortable et efficace.

Le projet d’Enfidha
Le modèle retenu d’investissement implique des contrats de concession pour 40 ans. Le premier pour l’exploitation, la maintenance et le développement de l’aéroport de Monastir, et le second, sous le modèle «construction/exploitation/transfert», pour un tout nouvel aéroport à Enfidah.

Le projet a été décerné à TAV Airports Holding, une compagnie turque basée à Istanbul, spécialisée dans la construction, l’exploitation et la gestion des aéroports. En plus de Monastir et d’Enfidah en Tunisie, TAV gère présentement quatre aéroports en Turquie, à savoir Istanbul Ataturk, Ankara Esenboga, Antalya Gazipasa et Izmir Adnen Menderes, deux aéroports en Georgie, Tbilissi et Batumi, et deux autres en Macédoine, Skopje et Ohrid.

En mai 2008, TAV Airports, par le truchement de sa filiale TAV Tunisie S.A., a élaboré un plan financier faisant intervenir la Société financière internationale (SFI), filiale de la Banque mondiale, et plusieurs banques commerciales.

Cependant, suite aux perturbations intervenues sur les marchés financiers mondiaux, les banques commerciales ont dû revoir à la baisse le niveau d’investissement envisagé dans le projet.

La Banque africaine de développement (BAD), ainsi que d’autres institutions financières, ont ainsi été approchées pour aider à combler le manque de financement et réaliser le bouclage financier. La BAD a fait une contribution financière de 70 millions d’euros à titre de prêt.

Le projet a débuté en juillet 2007 et la première phase a été complétée en octobre 2009.

Selon la direction de l’aéroport, l’aéroport a déjà atteint les standards de performance internationaux. Il dispose d’une capacité de traitement de quelques 4 500 bagages l’heure, tout en respectant les standards de sécurité des aéroports européens.

L’aéroport se fait une fierté d’offrir les meilleurs services aux passagers, tout en minimisant leur temps d’attente à l’arrivée comme au départ.

Les impacts du projet
Pendant la phase de construction du projet, qui durera environ deux ans, environ 2 200 emplois directs à plein temps ont étés créés.

Près de 70 % de la main d’œuvre a été recrutée localement, le reste étant constitué essentiellement d’expatriés turcs.

Durant la phase d’exploitation, le projet génère environ 1 400 emplois directs.

Rencontrés sur place, des employés ont exprimé leur fierté de travailler à l’aéroport d’Enfidha. Pour plusieurs, ce projet leur procure un emploi de qualité, un salaire compétitif et leur évite l’exil vers les grands centres urbains.

Des passagers interrogés expriment aussi leur surprise à l’arrivée à l’aéroport, surprise qui contribue à les mettre en confiance dès le début de leur séjour.

La stratégie de la Banque pour la Tunisie (2007–2011) s’articule autour du renforcement des politiques macroéconomiques et l’accélération des réformes, la modernisation des infrastructures (le transport en particulier), le renforcement du secteur productif et la consolidation du capital humain.

Le projet d’Enfidha s’inscrit dans le deuxième chapitre, qui prévoit la modernisation de l’infrastructure, le développement d’opportunités pour la création de richesses dans le domaine des infrastructures et la fourniture aux divers acteurs économiques d’un ensemble d’installations à un coût abordable.

Ceci s’inscrit pleinement dans le droit-fil de la priorité accordée par la Banque à l’accélération du développement des infrastructures en Afrique par le biais des partenariats public-privé.

Le projet de l’aéroport Enfidha Zine El Abidine Ben Ali est également conforme à cet objectif, étant désormais plus important investissement public-privé en faveur de l’infrastructure à ce jour en Tunisie.

Le projet constitue de plus la première concession dans le domaine du transport en Tunisie et la première concession d’aéroport dans la région du Maghreb.

Via ce projet, la Banque et le gouvernement tunisien reconnaissent le rôle vital que joue l’infrastructure dans le développement économique du pays et ailleurs sur le continent.

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