Chronique montréalaise

Métro, le 19 juin 2001

Il est de ces situations où l’on se sent seul avec son opinion. C’est le cas avec le maire Bourque : je ne partage pas la sympathie que la majorité d’entre vous ont voué au maire de Montréal. Le bougre jouit d’une réputation favorable : quand on pense à lui, on entend les petits oiseaux et on imagine jardins et fleurs exotiques.

Ce n’est pas que ne vois en lui que des défauts. L’homme a le grand mérite d’avoir réhabilité l’art premier de la politique : celui de rencontrer du monde, bien du monde. Ce n’est pas un mince exploit en cette ère de gonflement médiatique. Il a presque imposé une limite à la puissance des médias : ces derniers ont tellement tapé dessus que les électeurs se sont rangés à ses côtés, appréciant son apparente simplicité.

En fait, mon point contre le maire actuel est que je suis convaincu que, sans un entourage efficace et le suivant au pas, celui-ci n’a pas la capacité liée à sa fonction.

Je soupçonne le maire Bourque de profiter du même effet qui a propulsé George W. Bush à la présidence des États-Unis contre le candidat démocrate Al Gore. Entre deux aspirants, l’un brouillon, mais sympathique, l’autre manifestement bonne tête mais un peu froid, la majorité des électeurs vont spontanément vers le premier. Ils préfèrent un candidat moins compétent mais qu’ils aimeraient inviter à leurs partys.

À l’heure actuelle, il semble que le même phénomène se reproduise en 2001. Entre un Bourque qui fait la rue et un Gérald Tremblay assurément fort compétent mais en apparence froid et trop parfait, les électeurs porteront comme premier maire de la future grande ville l’homme téflon. Mais ne soyons pas trop vite en affaires : les dés ne sont pas joués, la campagne électorale n’étant pas encore vraiment commencée.

Mont-Royal
Ainsi donc, ce serait Lemoyne. La toute nouvelle et grande Rive-Sud du nom d’une de ses plus petites composantes, d’à peine quelques milliers d’habitants.

Et nous, Montréalais ? Oui, pourquoi ne pas profiter de la fusion pour dénicher un nouveau nom à notre nouvelle ville? Pensez-y. Mont-Réal. Mes excuses à tous les Réal de ce monde, mais le nom n’apparaît pas des plus original, distinctif.

Au fait, qui est donc ce Réal… Oui, je sais, Montréal serait une contraction de Mont Royal. Alors, la question : pourquoi ne pas revenir au vrai nom, originel qui identifie d’emblée notre ville par l’élément qui la distingue le plus aux yeux des étrangers, soit ce beau mont posé au milieu de la ville.

Pas d’énervement, je ne me casserai pas à une jambe à promouvoir cette idée. Une simple suggestion : aux résidents de l’actuelle ville de Mont-Royal à prendre le relais, s’ils le veulent bien…

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