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Un Salon de l’emploi pour CDN/NDG

L’Interligne, juin 2003
Résident de NDG – Membre de la Commission interculturelle

Lieu de rassemblement de la majorité des nouveaux arrivants au Québec et à Montréal, l’arrondissement Côte-des-Neiges-Notre-Dames-de-Grâce s’est doté, en mai 2002, d’une Commission interculturelle, composée d’une vingtaine de membres, dans le but de conseiller et de donner avis sur les services et les politiques à mettre en œuvre afin de favoriser l’intégration et la participation des membres des communautés culturelles à la vie politique, économique, sociale et culturelle de l’arrondissement. Le conseil est présidé par Marcel Tremblay, conseiller municipal de Décarie.

Active depuis un an, la Commission tenait, le 21 mai dernier, sa première assemblée publique. Pour l’occasion, elle a présenté les principaux dossiers sur lesquels elle est intervenue. Parmi la gamme de sujets traités, les priorités identifiées sont la jeunesse et l’emploi.

Sur ce dernier point, la commission a fait l’annonce de l’organisation d’un Salon de l’emploi, de la formation et des stages, afin d’appuyer les jeunes dans leurs efforts d’accession au marché du travail, tant dans la fonction publique qu’au sein d’entreprises privées. L’événement, dont le président d’honneur est Michael Applebaum, président de l’arrondissement, aura lieu toute la journée du samedi 22 novembre 2003, à l’École des hautes études commerciales affiliée à l’Université de Montréal.

Le conseiller Tremblay explique que la salon, appuyé financièrement par Emploi Québec, prévoit la présence de 25 kiosques et des conférences, ouverts aux visiteurs de l’arrondissement et de l’ensemble de l’île, dans un format dynamique permettant de faire un arrimage entre les entreprises à la recherche de main-d’œuvre et les chercheurs d’emplois, dont plusieurs sont en déficit d’information sur les possibilités offertes dans leur nouveau milieu d’accueil. Déjà, plusieurs grandes entreprises et institutions ont confirmé leur participation.

« Ce salon constitue une action concrète et d’envergure afin de favoriser l’intégration sur le marché du travail de la population ethnoculturelle », signale Marcel Tremblay, qui rappelle que le départ prochain des babyboomers à la retraite crée des ouvertures uniques sur le marché du travail.

Arrondissement NDG, un havre méconnu

La Presse, 3 février 2003

JE NE VOUS DIRAI PAS de Notre-Dame-de-Grâce (NDG), avec ce ton de faux initié, que ce quartier de Montréal abrite les « meilleurs restos en ville », les bistros les plus charmants de la métropole ou l’atmosphère la plus branchée de la cité.

Ce que l’on aime à NDG, c’est justement cette assurance tranquille de vivre dans un quartier offrant une qualité de vie sans pareille, sans cette urgence de le déclamer.

Après presque 10 ans de plateau Mont-Royal, s’établir à NDG est comme une expatriation.

Tout diffère du quartier branché de Montréal : la représentation linguistique, encore
majoritairement anglophone, la composition religieuse (juive et protestante), les minorités ethniques qui y habitent (coréenne, russophone), sans compter les poussettes de la rue Monkland qui tranchent singulièrement avec les promeneurs solitaires de la rue Mont-Royal.

Ce sont justement les familles qui raffolent de NDG, et on les comprend.

Le quartier fait la synthèse parfaite entre les avantages de la vie urbaine et les bienfaits de la banlieue : belles maisons avec leur histoire gravées de pierres, grandes cours, parcs nombreux et animés, voisins avenants et chaleureux.

Mais, surtout, on chérit ces si agréables promenades de soirée, à pied ou à vélo, au rythme posé de cet îlot qui fait de NDG le meilleur quartier en ville, of course.

Montréal : le berceau du hockey

La Presse, 17 juin 2002

LES MÉDIAS ont rapporté récemment la publication d’une recherche de divers historiens confirmant que, selon les meilleures connaissances disponibles, Montréal est bel et bien le lieu de naissance du hockey.

Pourtant, rien en ville ne souligne ce haut fait d’armes. Au contraire, pendant que Montréal reste silencieuse, d’autres villes canadiennes revendiquent à renforts de musées et de panneaux le même exploit, donnant ainsi l’impression à leurs citoyens et visiteurs qu’ils ont donné naissance à notre sport national.

Je sais bien qu’il y a d’autres prlorlté en ce moment à la Ville, mais je me soucie du fait qu’à laisser d’autres clamer avec force ce qui nous appartient, un élément distinctif de notre passé soit relégué à l’oubli.

Il m’apparaîtrait donc pertinent que, par exemple, une petite cérémonie soit éventuellement organisée au cours de laquelle le maire et les dirigeants du hockey professionnel et amateur de Montréal et du Québec dévoileraient une plaque indiquant que Montréal est, incontestablement et pour toujours, le berceau officiel de ce grand sport.

Véritable démocratie

Métro, 4 mars 2002

Il y aura finalement un Sommet de Montréal en juin, plus précisément les 4, 5 et 6. Ainsi en a décidé le maire Gérald Tremblay, malgré la controverse entourant ce dossier. On le sait, la ville avait choisi, selon un processus d’appel d’offres en apparence conforme, une organisation peu connue, l’Institut pour le progrès socio-économique (IPSE), pour organiser ce méga-sommet doté d’un budget de 850 000$. Or, a-t-on appris, cet institut était jusqu’à récemment dirigé par M. Tremblay lui-même et avait eu droit à des informations privilégiées.

Sans nullement remettre en cause l’intégrité du nouveau maire, avouons que, pour un ex-ministre pourtant habitué à la gestion publique, le premier magistrat de la nouvelle ville a quelque peu manqué de jugement dans cette affaire. Le maire Tremblay ne pouvait pas ne pas savoir que de sérieux doutes seraient exprimés si l’IPSE était choisi pour un si lucratif contrat. On imagine bien ses habiles conseillers en relations publiques (ses « spin doctors ») le mettre en garde à ce sujet !

Mais saluons tout de même sa détermination à ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain en prenant prétexte de cette bourde pour annuler le Sommet. Car cet événement sera, après seulement six mois d’existence par la nouvelle ville, un moment déterminant pour dégager les grands choix de développement de l’île, qui ne manqueront pas d’avoir un impact certain sur notre vie de tous les jours.

Que l’on pense à l’urbanisme, le développement communautaire, l’intégration des immigrants, les loisirs, la sécurité publique ou la gestion du trafic urbain, les consensus qui émergeront deviendront en fait les engagements de la nouvelle administration, et sur lesquels elle sera jugée et évaluée. Il s’agit donc d’un exercice démocratique à l’avantage de tous ceux qui y participeront.

Une opposition crédible
Parlant de démocratie, voici une conséquence positive de la réalisation du projet
« une île, une ville » : l’existence d’une opposition forte et crédible. Bien souvent, la politique montréalaise était l’affaire du maire et de son cabinet. Celui-ci régnait presque sans partage, sans véritable opposition pour exercer un rôle critique de ses actions.

Grâce à l’élection de Gérald Tremblay et, surtout, à la décision heureuse de l’ex-maire Bourque de rester, on a maintenant droit à d’intéressants duels entre l’administration et l’opposition. Forts de leur expérience antérieure et de leur assise populaire, Pierre Bourque et son parti forment une opposition solide, très en mesure d’évaluer avec pertinence le travail de la nouvelle équipe au pouvoir. En ce sens, ce n’est pas seulement un meilleur partage des richesses qu’amène la nouvelle ville, mais aussi de réels débats démocratiques à la grandeur de l’île.

Montréal : ce qui fait la différence

La Presse, 2 novembre 2001

QUE PROPOSER comme vision rassembleuse de Montréal ? Pour ma part, cette vision ne s’articule pas d’emblée autour d’un quelconque plan de développement économique misant sur les secteurs de force de Montréal et visant à attirer nombre d’investisseurs. Ce sont là des actions normalement attendues de nos dirigeants. C’est pourtant essentiellement cela que l’on entend.

Non, mon rêve pour Montréal est celui d’une ville ouverte, multiethnique, francophone et différente par l’esprit des gens qui y habitent.

J’aimerais que, dans 10 ans, un journaliste d’un prestigieux magazine, en visite prolongée dans notre vie, raconte comment un Sri-Lankais et son épouse néerlandaise, mariés en France, ont délibérément choisi Montréal pour élever leurs deux enfants. Comment un Algérien a pu rencontrer ici une exilée chilienne dans un café du Plateau. Comment Joseph forme un couple heureux avec Djamila et ont refusé un travail à Vancouver pour poursuivre leur destin ici, point d’ancrage de leur union.

Une ville où tout ce beau monde se rallie autour de son attachement à Montréal, à sa qualité de vie et à la possibilité qu’elle offre de vivre en français, en Amérique, dans un environnement moderne, sécuritaire, à échelle humaine.

Voilà une vraie vision de notre Montréal, venant du coeur et donc mobilisatrice. Les chiffres, le plan de développement économique restent essentiels mais viendront après, comme moyens de concrétiser le rêve.

Chronique montréalaise

Métro, le 19 juin 2001

Il est de ces situations où l’on se sent seul avec son opinion. C’est le cas avec le maire Bourque : je ne partage pas la sympathie que la majorité d’entre vous ont voué au maire de Montréal. Le bougre jouit d’une réputation favorable : quand on pense à lui, on entend les petits oiseaux et on imagine jardins et fleurs exotiques.

Ce n’est pas que ne vois en lui que des défauts. L’homme a le grand mérite d’avoir réhabilité l’art premier de la politique : celui de rencontrer du monde, bien du monde. Ce n’est pas un mince exploit en cette ère de gonflement médiatique. Il a presque imposé une limite à la puissance des médias : ces derniers ont tellement tapé dessus que les électeurs se sont rangés à ses côtés, appréciant son apparente simplicité.

En fait, mon point contre le maire actuel est que je suis convaincu que, sans un entourage efficace et le suivant au pas, celui-ci n’a pas la capacité liée à sa fonction.

Je soupçonne le maire Bourque de profiter du même effet qui a propulsé George W. Bush à la présidence des États-Unis contre le candidat démocrate Al Gore. Entre deux aspirants, l’un brouillon, mais sympathique, l’autre manifestement bonne tête mais un peu froid, la majorité des électeurs vont spontanément vers le premier. Ils préfèrent un candidat moins compétent mais qu’ils aimeraient inviter à leurs partys.

À l’heure actuelle, il semble que le même phénomène se reproduise en 2001. Entre un Bourque qui fait la rue et un Gérald Tremblay assurément fort compétent mais en apparence froid et trop parfait, les électeurs porteront comme premier maire de la future grande ville l’homme téflon. Mais ne soyons pas trop vite en affaires : les dés ne sont pas joués, la campagne électorale n’étant pas encore vraiment commencée.

Mont-Royal
Ainsi donc, ce serait Lemoyne. La toute nouvelle et grande Rive-Sud du nom d’une de ses plus petites composantes, d’à peine quelques milliers d’habitants.

Et nous, Montréalais ? Oui, pourquoi ne pas profiter de la fusion pour dénicher un nouveau nom à notre nouvelle ville? Pensez-y. Mont-Réal. Mes excuses à tous les Réal de ce monde, mais le nom n’apparaît pas des plus original, distinctif.

Au fait, qui est donc ce Réal… Oui, je sais, Montréal serait une contraction de Mont Royal. Alors, la question : pourquoi ne pas revenir au vrai nom, originel qui identifie d’emblée notre ville par l’élément qui la distingue le plus aux yeux des étrangers, soit ce beau mont posé au milieu de la ville.

Pas d’énervement, je ne me casserai pas à une jambe à promouvoir cette idée. Une simple suggestion : aux résidents de l’actuelle ville de Mont-Royal à prendre le relais, s’ils le veulent bien…

Montréal en déclin

Le Devoir, le 16 novembre 1978

Il ne faut plus se bercer d’illusions, Toronto est en train de détrôner la ville de Montréal comme métropole du Canada. Et ce parce que la ville de Montréal se vide lentement de sa population tandis que la ville de Toronto, au contraire, voit grossir le chiffre de sa population d’année en année. Ce déclin de Montréal, tout le monde le soupçonnait. Toronto et les cinq banlieues de sa région métropolitaine ont toutes accru leur population au cours des dix dernières années. Par contre, douze des trente villes de banlieue qui forment le Montréal métropolitain ont vu passer leur propre population, et suprême humiliation, la ville même de Montréal a perdu une partie de ses habitants.

Évidemment, on a trouvé d’excellentes raisons pour expliquer cet affaiblissement prononcé de la ville de Montréal. On a rappelé que le taux des naissances, dans le Québec, était le plus bas de tout le Canada de nos jours. Après avoir été cité en exemple au monde entier pour sa « revanche des berceaux », le Québec semble avoir perdu sa réputée fertilité. On fait aussi remarquer que l’immigration, qui contribue depuis toujours à grossir la population de l’Ontario, ne joue pas du tout en faveur du Québec.

Enfin, on signale que les conditions économiques ont une influence marquée sur le chiffre d’une population. Quand l’économie est prospère en un point donné de quelque pays que ce soit, on y voit accourir du monde de toutes parts. Quand l’économie traverse une crise, le contraire se produit ; on fuit l’endroit pour aller n’importe où ailleurs.

De toute façon, qu’on dise quoi que ce soit, Toronto est en train de damer le pion à Montréal surtout depuis que l’on sait que plusieurs entreprises ont déménagé, dans la ville-reine, leur siège social respectif. Cette tendance va en s’accélérant, dorénavant, étant tout à l’avantage de la capitale ontarienne. Et nous pauvres Montréalais demeurons impuissants devant cette situation.