Montréal en déclin

Le Devoir, le 16 novembre 1978

Il ne faut plus se bercer d’illusions, Toronto est en train de détrôner la ville de Montréal comme métropole du Canada. Et ce parce que la ville de Montréal se vide lentement de sa population tandis que la ville de Toronto, au contraire, voit grossir le chiffre de sa population d’année en année. Ce déclin de Montréal, tout le monde le soupçonnait. Toronto et les cinq banlieues de sa région métropolitaine ont toutes accru leur population au cours des dix dernières années. Par contre, douze des trente villes de banlieue qui forment le Montréal métropolitain ont vu passer leur propre population, et suprême humiliation, la ville même de Montréal a perdu une partie de ses habitants.

Évidemment, on a trouvé d’excellentes raisons pour expliquer cet affaiblissement prononcé de la ville de Montréal. On a rappelé que le taux des naissances, dans le Québec, était le plus bas de tout le Canada de nos jours. Après avoir été cité en exemple au monde entier pour sa « revanche des berceaux », le Québec semble avoir perdu sa réputée fertilité. On fait aussi remarquer que l’immigration, qui contribue depuis toujours à grossir la population de l’Ontario, ne joue pas du tout en faveur du Québec.

Enfin, on signale que les conditions économiques ont une influence marquée sur le chiffre d’une population. Quand l’économie est prospère en un point donné de quelque pays que ce soit, on y voit accourir du monde de toutes parts. Quand l’économie traverse une crise, le contraire se produit ; on fuit l’endroit pour aller n’importe où ailleurs.

De toute façon, qu’on dise quoi que ce soit, Toronto est en train de damer le pion à Montréal surtout depuis que l’on sait que plusieurs entreprises ont déménagé, dans la ville-reine, leur siège social respectif. Cette tendance va en s’accélérant, dorénavant, étant tout à l’avantage de la capitale ontarienne. Et nous pauvres Montréalais demeurons impuissants devant cette situation.

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