Lutte à finir entre l’URSS et la Chine

Le Journal de Montréal, 29 janvier 1979

La situation politique dans le monde est sensiblement modifiée du fait que les deux grands du communisme en viennent à se tirer dessus.

Pendant plus de 20 ans, tous deux avaient considéré les États-Unis comme le principal ennemi et défini leur ligne de politique en conséquence.

Désormais, c’est chacun d’eux qui est, pour l’autre, l’ennemi principal. Cela ne saurait manquer d’avoir des conséquences politiques favorables aux États-Unis et à leurs alliés.

Le fait que le Vietnam attaque le Cambodge est en quelque sorte une agression indirecte de la Russie envers la Chine car, lors de la guerre du Vietnam en 1973, l’U.R.S.S. s’empara de ce dernier et la Chine en fit autant avec le Cambodge.

Les relations entre ces deux grandes nations communistes se sont constamment détériorées du fait des violentes divergences de vues sur la politique à l’égard des États-Unis et, aussi, en raison de l’implacable rivalité des deux pays pour la domination du mouvement communiste mondial.

Mais que se passerait-il si une conflagration éclatait ? Personne, à mon avis, ne pourrait remporter la victoire. Si les Soviétiques ont l’avantage des armes, les Chinois disposent d’un réservoir humain inépuisable, 800 millions d’hommes, contre 250 millions pour la Russie.

À vrai dire, il n’y a pas lieu de s’attendre à un véritable conflit armé. Les Chinois restent fort prudents dans leurs actes quand il s’agit de l’U.R.S.S. ou des États-Unis, en raison de la puissance nucléaire de ces deux pays. Il n’en reste pas moins que la guerre froide entre ces deux forces du pouvoir communiste se poursuivra encore pendant quelque temps.

Les États-Unis et leurs alliés peuvent espérer tirer avantage de la guerre froide sino-soviétique, car il suffit pour eux de constater qu’il vaut toujours mieux voir ses ennemis en proie à la discorde plutôt que solidement unis.

Ce qui avantage les États-Unis dans tout cela, c’est qu’ils sont désormais mieux placés face à ces deux pays, qui, malgré tout, demeurent foncièrement hostiles à eux. C’est là, déjà, un progrès considérable pour les États-Unis, et pour le système capitaliste en entier.

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