Le mythe de la croissance? Un danger !

le Journal de Montréal, 23 mars 1979

La croissance a souvent été considérée, dans notre système capitaliste, comme un élément devant assurer le bien-être et la richesse à tous. Il faut dorénavant s’ouvrir les yeux devant une pareille fausseté. La théorie de la croissance économique et du développement des forces productives est une utopie intellectuelle car elle ne fait que creuser le fossé déjà grand entre l’opulence des riches et la misère des pauvres.

La situation actuelle est claire : nous assistons à ces pénuries graves car la production de « croissance » s’est faite de plus en plus gaspilleuse et destructive. Peu de gens savent qu’au Japon, par exemple, les policiers doivent prendre des bouffées d’oxygène pour respirer convenablement car l’air est devenu irrespirable à cause de la trop forte pollution.

Ou que certains pays doivent importer de l’eau car la leur est tellement polluée qu’elle n’est plus buvable et utilisable. Nous en sommes au point où des biens qui nous semblaient au départ inépuisables et infinis deviennent de plus en plus rares et sont même voués à l’extermination.

Ces situations inquiétantes, causées par la croissance dans une recherche d’un maximum de profits pour son utilisateur, imposent une réflexion sérieuse de la part de la société du « monde libre ». Le capitalisme de croissance ne pourra survivre, il nous mène tous à notre perte.

Cette réalité qui commence à se savoir (voir les campagnes de sensibilisation pour l’économie de l’énergie), doit amener les individus à se regrouper pour produire des biens qui colleront à leur volonté commune supprimant ainsi le gaspillage et tirant, conséquemment, un meilleur parti des ressources naturelles et productives.

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