Montréal : ce qui fait la différence

La Presse, 2 novembre 2001

QUE PROPOSER comme vision rassembleuse de Montréal ? Pour ma part, cette vision ne s’articule pas d’emblée autour d’un quelconque plan de développement économique misant sur les secteurs de force de Montréal et visant à attirer nombre d’investisseurs. Ce sont là des actions normalement attendues de nos dirigeants. C’est pourtant essentiellement cela que l’on entend.

Non, mon rêve pour Montréal est celui d’une ville ouverte, multiethnique, francophone et différente par l’esprit des gens qui y habitent.

J’aimerais que, dans 10 ans, un journaliste d’un prestigieux magazine, en visite prolongée dans notre vie, raconte comment un Sri-Lankais et son épouse néerlandaise, mariés en France, ont délibérément choisi Montréal pour élever leurs deux enfants. Comment un Algérien a pu rencontrer ici une exilée chilienne dans un café du Plateau. Comment Joseph forme un couple heureux avec Djamila et ont refusé un travail à Vancouver pour poursuivre leur destin ici, point d’ancrage de leur union.

Une ville où tout ce beau monde se rallie autour de son attachement à Montréal, à sa qualité de vie et à la possibilité qu’elle offre de vivre en français, en Amérique, dans un environnement moderne, sécuritaire, à échelle humaine.

Voilà une vraie vision de notre Montréal, venant du coeur et donc mobilisatrice. Les chiffres, le plan de développement économique restent essentiels mais viendront après, comme moyens de concrétiser le rêve.

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