La démocratie, c’est comme la santé

Métro, 5 juin 2001
L’auteur a une formation de politicologue.

Il vous arrive de parler politique, que ce soit municipale, provinciale ou fédérale ? Comme la plupart des gens, pas souvent. Et, quand cela arrive, il y a sûrement une personne de votre entourage qui clos la question en disant : « bah, la politique, c’est sale » ou encore : « les politiciens, ils tous sont pareils ».

Permettez-moi deux commentaires à ce propos.

Primo : la démocratie, c’est comme la santé : on l’apprécie seulement quand on ne l’a pas. Comme peut-être plusieurs d’entre vous, j’ai côtoyé des immigrants ayant très peur de s’exprimer sur la politique de leur pays, car risquant leur propre vie et celle de leur entourage.

Ici, au Québec, au Canada et dans une minorité de pays dans le monde, non seulement nous pouvons nous désintéresser de la politique, nous pouvons entre amis accuser nos politiciens des pires maux, devant 10, 15 personnes, oublier le tout et aller prendre un pot. sans risque aucun pour notre sécurité.

Normal que tout cela ? Dans seulement 25-30 pays sur les 175 (environ) que compte la planète pouvons-nous agir ainsi. Ailleurs, on viendrait nous chercher à la bastonnade, nous accuser sans autre forme de procès et nous mettre au cachot. Dans une prison où les rats seraient la seule présence vivante à nos côtés. Ou si ce n’est que nous serions simplement exécutés.

Deuxio : cette politique, que tous contestent, nous la faisons toutes et tous. Simplement à une échelle différente. Avez-vous déjà entendu parler de certaines luttes intestines de conseils d’administration d’organismes communautaires, pourtant dédiés à la veuve et à l’orphelin ?

À voir les couteaux voler aussi bas, ce sont nos politiciens professionnels qui ont l’air d’enfants d’école…Et que pensez-vous des guerres de pouvoir dans nos entreprises, au sein des conseils scolaires ou même autour de l’équipe sportive de fiston ?

Nous y vivons des luttes de pouvoir et d’influence semblables à celles de nos représentants élus. Alors, je vous la repose la question : sommes-nous vraiment mieux que les politiciens qui nous représentent ?

Personnellement, à l’inverse de plusieurs de nos concitoyens, je tiens la plupart de nos politiciens en bonne estime. Ils ne sont pas sur une planète différente. Ils sont issus de nos communautés. la plupart sont intègres, avec leurs ambitions personnelles certes, mais soucieux de bien nous représenter tout en essuyant nos vives et parfois injustes critiques.

Vous savez quoi ? À mon avis, cette supposée désinvolture face à la vie politique cache, à la vérité, une grande confiance que nos représentants élus font, au total, à peu près correctement leur travail.

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