Conférence sur la guerre et le désarmement : Nord-Sud ou Est-Ouest ?

Le Continuum, le 25 octobre 1982

Le conflit des Malouines a été le premier affrontement entre un pays industrialisé du Nord et un pays du Tiers-Monde. Les pays industrialisés ont fait preuve d’une cohésion beaucoup plus solide que les pays du Sud et la victoire de la Grande-Bretagne sur l’Argentine constitue un avertissement net pour les pays du Tiers-Monde afin de les dissuader d’utiliser la force pour régler des conflits avec des pays du Nord.

Tel est l’essence du message présenté par le journaliste Bertrand de la Grange, invité, avec le professeur Harold Klépark, par le Club des Relations Internationales pour discuter sur le thème de
« La guerre et le désarmement ».

Pour M. de la Grange, correspondant du Monde et collaborateur au Devoir, la guerre des Malouines, plus qu’une violation du droit international, a mis en exergue la « solidarité naturelle » des pays industrialisés avec un pays du Nord, en l’occurrence la Grande-Bretagne, hormis les torts que pourrait avoir Londres dans le litige.

Pour le Nord, une défaite éventuelle de la Grande-Bretagne était « une humiliation qu’il fallait éviter ». Tous les torts ont été mis sur les Argentins, alors que Londres « portait une lourde responsabilité dans le conflit ». M. de la Grange s’est étonné de l’attitude du gouvernement canadien, qui « a refusé de jouer un rôle de médiateur ».

Il a également insisté sur les divisions du gouvernement américain, la conception pro-atlantique du général Haig se confrontant avec les idées de la représentante américaine à l’ONU, Mme Kirkpatrick, et sur les attitudes très diverses des pays latino-américains, qui ont réagi en fonction de leurs relations avec l’Argentine.

L’autre axe
M. Harold Klépark, professeur au Collège militaire de St-Jean, a principalement traité du côté militaire de la course aux armements. Il a mis l’emphase sur « les immenses ressources déployées par les deux Grands et la menace que cela posait pour la survie de l’humanité ». Tout le monde s’entend sur la nécessité du désarmement mais le problème se situe sur l’application concrète du désarmement. Au plan politique, le conflit Est-Ouest est alimenté par le manque de confiance entre les deux Grands, « l’un ne se fiant pas à l’autre ».

L’avancement technologique ajoute une difficulté : le développement de la technologie est de plus en plus en dehors du contrôle des gouvernements, la « technologie avançant par elle-même (laser, communications, ordinateurs) ». C’est donc le « je-ne-sais-quoi » de l’autre qui inquiète, ce qui permet de profiter d’une éventuelle avance technologique pour vaincre l’adversaire. C’est la peur de cette possibilité, présente dans l’esprit de ceux qui décident, des deux Super-Grands, qui peut devenir dangereuse pour la survie de la planète.

La conférence était une préparation à la semaine mondiale du désarmement, qui se déroule cette semaine et qui vise à sensibiliser les gens sur le problème de la course aux armements.

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