E. Deming : nul n’est prophète…

Magazine Courants, novembre-décembre 1988

Mieux que quiconque, Edwards Deming pourrait révéler le sens de cet adage.  Père spirituel du concept de qualité, il est découvert aux États-Unis, après avoir été adulé au Japon. Nous sommes en 1946. Edwards Deming, alors statisticien forme à Yale, fonde son entreprise de consultation. 

Invité au Japon en 1950, il anime des séminaires sur les contrôles de qualité à l’aide de mesures statistiques. Ses tours font fureur.  Dès 1951, une médaille en son nom est créée et, toutes les années, remise à la firme japonaise qui a démontré le plus d’attention la qualité. 

À l’opposé, ses idées reçoivent un accueil tiède, pour ne pas dire indifférent, dans les États-Unis de l’après-guerre. La prospérité va bon train et la compétition est minime ; les dirigeants industriels ne voient pas la nécessite d’instaurer des systèmes de contrôle de qualité. 

Aujourd’hui, les choses ont bien changé.  Le Japon est devenu une puissance économique, la compétition s’intensifie et s’internationalise, la qualité est passée au rang des priorités dans l’agenda des grandes compagnies. Résultat : Edwards Deming n’a, à 87 ans, jamais été aussi populaire dans son pays. Les plus grosses sociétés demandent ses services, de Ford, Xerox en passant par Hewlett-Packard et AT & T. 

Et il ne cesse de leur dire la même chose : offrir un meilleur produit moindre coût.

 

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