L’école publique mise en concurrence

Magazine Courants, mars-avril 1989

Au Minnesota, finie l’époque où l’on envoie obligatoirement les enfants à l’école du quartier. Dans de nombreux districts, les parents ont le droit d’ignorer l’assignation des commissions scolaires pour envoyer leurs bouts d’choux dans les écoles publiques de leur choix.

En cette ère de consommation, où l’on jouit de la liberté de choisir entre différentes marques concurrentes, pourquoi ne pas étendre cette liberté à l’école, se disent des intervenants du milieu scolaire. Derrière cette affirmation, une philosophie : le libre choix forcera les écoles à améliorer leurs services sous l’effet de la concurrence. Déjà, 20 États américains ont adopté ou sont en voie d’adopter une législation permettant aux parents de choisir l’école ou ils enverront leurs enfants.

Selon un chercheur du Hudson Institute, Dennis Doyle, le mouvement pour le libre choix des écoles fera boule de neige. Le Minnesota est actuellement l’État le plus avance dans ce sens. Pour 1990 et 1991, il est prévu que les 435 districts de l’État appliqueront le système du libre choix.

L’idée a ses opposants. Certains craignent, en effet, la disparition complète des écoles dans les quartiers pauvres, incapables d’endiguer l’attraction qu’exerceront les écoles des quartiers plus favorises. D’autres soutiennent que le libre choix entrainera une baisse de d’engagement des parents dans la gestion des écoles. Au lieu de participer activement dans des comités pour améliorer la qualité de l’éducation, les parents choisiront simplement d’envoyer leurs enfants dans d’autres institutions.

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