L’éducation à la maison

Magazine Courants, mars-avril 1991

Le magazine Time fait état d’un phénomène controversé aux États-Unis, celui de l’éducation à la maison. C’est que près de 500 000 enfants, souvent rendus à l’adolescence, n’ont jamais fréquenté le système scolaire, public ou privé. Ils ont, en fait, reçu leur éducation à la maison, de leurs propres parents. Autrefois marginal, ce phénomène a pris de l’ampleur, notamment grâce à l’appui des chrétiens fondamentalistes.

Ceux-ci sont d’avis que les systèmes d’éducation « polluent » l’éducation, tout en ne respectant pas la religion. «Le postulat dominant veut que la socialisation effectuée dans les écoles publiques est bonne et normale. Or, est-il normal que de jeunes enfants dans la même classe fassent la même chose au même rythme pour atteindre les mêmes résultats parce qu’ils sont du même âge ». Telle est l’opinion générale défendue par les adeptes de l’éducation à la maison.

Les parents de près de 500 000 jeunes Américains ont préféré la maison à l’école. Le débat soulève en fait un problème de fond. Qui, des parents ou de l’État, est responsable de l’éducation ? Les tenants de l’éducation domestique répondent que ce sont les parents. Du côté gouvernemental, on tente maintenant de réglementer l’éducation domestique, mais cela ne va pas sans problème. Chaque tentative de réglementation est contestée, si bien qu’aux États-Unis de nombreuses causes attendent leur solution devant les tribunaux.

Analphabétisme scientifique
Saviez-vous que 35 % des Canadiens ne savent pas que la Terre met un an à faire le tour du Soleil ? Que 15 % d’entre eux pensent que le Soleil tourne autour de la Terre ?

Voilà des statistiques étonnantes, voire inquiétantes, rapportées par le magazine Aspects, à partir d’une étude menée en 1990 parla firme Decima Research. Mentionnons toutefois que des études semblables entreprises aux États-Unis et en Grande-Bretagne arrivent sensiblement aux mêmes résultats. En dépit de la plus grande couverture médiatique accordée aux sciences ces dernières années, il semble que le pourcentage de personnes ayant des connaissances de base en sciences ait baissé depuis 30 ans, d’après Jon Miller, professeur à la Northern Illinois University.

Faut-il s’inquiéter de cet analphabétisme scientifique ? Non, disent certains, arguant le fait que, ce qui compte, c’est que la société dispose d’un bassin suffisant de spécialistes qualifiés. D’autres, par contre, croient qu’une connaissance rudimentaire est essentielle, afin que les citoyens puissent influencer les décisions gouvernementales sur des sujets tels l’entreposage des déchets. Alors, comment accroître l’intérêt pour les sciences, un des piliers de la réussite d’un pays ? En commençant par sensibiliser les professeurs du primaire et du secondaire, dont 75 % n’ont jamais suivi de cours de sciences lors de leur formation universitaire. Et en favorisant, entre autres, le rapprochement des scientifiques du grand public, par des visites dans les écoles et les institutions et par la vulgarisation scientifique.

 

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