Echos de l’UNIPEDE

Magazine Courants, août-septembre-octobre 1991

Du 10 au 14 juin, une délégation d’Hydro-Québec participait à Copenhague, au Danemark, au 22e congrès de l’Union internationale des producteurs et distributeurs d’énergie électrique (UNIPEDE). L’UNIPEDE, fondée en 1925, compte 23 membres actifs, auxquels s’ajoutent 20 membres affiliés, représentant entre autres des électriciens non européens dont Hydro-Québec, ainsi que des membres adhérents, principalement des entreprises, établissements et groupements professionnels du domaine de l’industrie électrique.

La grande nouvelle de ce congrès pour Hydro-Québec est la nomination de Richard Drouin, président du Conseil et chef de la Direction, à titre de président du Comité spécifique sur l’environnement de l’UNIPEDE. Richard Drouin partagera cette tâche avec Rémy Carle, directeur général adjoint d’EDF.

Les grands thèmes
« Le Comité spécifique sur l’environnement permet aux membres de mettre en commun des expériences, d’échanger des idées en la matière et de développer une approche collective en matière d’environnement, déclare Rémy Carle, de passage récemment à Montréal. Une action qui s’impose d’autant plus que les électriciens sont très pris à partie sur ce sujet. C’est que les électriciens sont un symbole de modernité, et ils attirent davantage l’attention des écologistes. De plus, les préoccupations en environnement sont devenues internationales et nous devons ainsi coordonner nos efforts afin d’optimiser les résultats. » Pourquoi l’élection d’un membre affilié à la présidence d’un comité de travail d’un organisme européen, une première dans l’histoire de l’UNIPEDE ?

« L’expérience d’Hydro-Québec en matière d’environnement est fort importante et en même temps différente de la nôtre, en raison de sa situation spécifique. Nous avons voulu consacrer ce partage d’expérience entre une entreprise nord-américaine et des entreprises européennes. »

De quoi a-t-on discuté lors du congrès de l’UNIPEDE ? II y avait cette année quatre grands thèmes principaux, soit l’Europe des électriciens, l’environnement, la production de l’énergie dans l’avenir et les relations avec les gouvernements et la clientèle. D’autres comités ont abordé divers thèmes, dont la distribution, les ressources humaines, la sécurité, la recherche.

L’Europe des électriciens est animée par un débat acrimonieux entre partisans de la réglementation et partisans des forces du marché. Tous les intervenants de la scène énergétique européenne savent inéluctable l’établissement d’un réseau électrique intégré de l’Atlantique à l’Oural. Or, comment se fera cette Europe électrique ? C’est là que le bât blesse. À Bruxelles, la Commission de l’énergie de la Communauté économique européenne prône l’établissement d’un tarif unique paneuropéen et l’application de normes communes et standards. Le Commissaire européen de l’énergie, Antonio Cunha Cardoso, y a d’ailleurs été d’un commentaire choc au début du congrès, fustigeant les monopoles d’importation et d’exportation au nom des droits du consommateur. Cette approche soulève l’ire des électriciens européens qui, tout en acceptant un minimum de normes, veulent qu’on leur laisse la latitude nécessaire pour bâtir la grande Europe de l’électricité.

Souplesse et flexibilité
C’est le vice-président, Environnement, Daniel Dubeau, qui a présenté l’allocution d’ouverture de la séance consacrée à l’environnement. Daniel Dubeau a insisté sur la quotidienneté des mesures préventives à prendre en environnement. Il s’agit selon lui du « vrai défi » des sociétés d’électricité « La protection de l’environnement doit devenir quotidienne et routinière. De tous les défis qui se posent aux gestionnaires, c’est peut-être le plus complexe. Pour ce faire, il nous faudra intégrer l’environnement à tous les niveaux décisionnels, nous assurer du contrôle et du suivi de nos décisions et nous doter de moyens pour mesurer l’effort consenti en matière d’environnement. »

Du côté européen, on croit que les entreprises d’électricité ont un rôle de mandataire des projets de production électrique et que c’est au gouvernement et au publie de faire les choix en ces domaines. Mais on insiste sur les échanges d’information auprès du public, afin de l’éclairer sur les compromis à faire entre les coûts, l’environnement et la sécurité d’approvisionnement.

En fait, la société continue de croître et le mandat des électriciens est de répondre la demande croissante d’électricité qui s’en suit. Mais de quelle façon ? Autour de cette question, les inquiétudes sont nombreuses. Le nucléaire est aux prises avec de sérieux problèmes d’image, le charbon est décor sidéré du point de vue écologique, l’énergie hydraulique fait face à des oppositions environnementales soutenues, les technologies renouvelables se heurtent à l’obstacle des prix. Reste le gaz, mais, encore là, certains doutent de sa rentabilité à long terme. En somme, il n’est aucune forme d’énergie qui ne présente des inconvénients en termes économiques et environnementaux. C’est pourquoi la souplesse et la flexibilité sont de rigueur pour l’industrie électrique.

En marge du congrès, les représentants d’Hydro-Québec ont pu rencontrer de nombreux intervenants du monde électrique. Ils ont ainsi constaté qu’il y aurait lieu pour l’entreprise d’accroître ces échanges, afin d’enrichir sa propre réflexion et son action dans les nombreux secteurs d’activité où elle est engagée.

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