L’énergie en cinq points

Magazine Courants, mars-avril 1992

Daniel Yergin, l’auteur du célèbre ouvrage intitulé The Prize: The Epic Quest for Oil, Money and Power, paru en 1990, énonce dans le magazine Newsweek une proposition en 5 points pour une stratégie énergétique aux États-Unis. Quand on a rédigé un livre aussi fouillé sur l’histoire du pétrole, et qui fait dorénavant autorité, pas étonnant qu’on ait des idées sur le sujet.

Daniel Yergin constate que les importations de pétrole aux États-Unis ont augmenté de 63 % entre 1985 et 1989 et que les interventions gouvernementales pour favoriser l’indépendance énergétique des États-Unis ont échoué en raison, entre autres, des luttes politiques opposant les tenants des énergies traditionnelles et des énergies renouvelables. L’implantation d’une politique énergétique nécessite, soutient-il, une approche « œcuménique », qui rassemble une large coalition de partenaires. Quels en sont les éléments ?

– Promouvoir l’usage du gaz naturel, abondant et qui peut remplir de multiples fonctions.
Reprendre les efforts de conservation.
– Revigorer la production pétrolière aux États-Unis, à l’aide d’incitatifs fiscaux.
– Poursuivre un programme de recherche et développement en énergies nouvelles.
Développer plus de cohérence dans les politiques gouvernementales, notamment celles qui sont reliées à l’environnement, afin de permettre aux entreprises d’engager en toute confiance des programmes d’investisse­ment à long terme.

Le tiers monde énergétique
On connaît bien peu les besoins énergétiques des pays francophones africains. Dans un article publié dans Québec Science, Bernard Duhamel, directeur exécutif de l’Institut de l’énergie des pays ayant en commun l’usage du français (IEPF), dresse un portrait d’ensemble du tiers monde énergétique. Certains faits sont étonnants. Saviez-vous, par exemple, que l’écart de la consommation en kep (kilogrammes équivalent pétrole) entre le Canada et le Burkina-Faso est de 1 à 500 ? Une des principales difficultés des pays francophones africains est de se sortir de la « misère » énergétique, par laquelle « tout progrès enregistré dans l’augmentation de la disponibilité énergétique est absorbé par le surcroît de population ».

Autre indicatif de cette misère : l’utilisation du bois de feu, une des causes de la déforestation. Ce qui révèle une autre difficulté, soit la dualité énergétique de ces pays : l’un rural, avec des énergies traditionnelles, l’autre urbain, avec des énergies classiques (pétrole, électricité). Parmi les principaux défis qu’ont à assumer les pays francophones, il y a la formation et le financement. Pour assurer son développement énergétique, l’Afrique francophone doit former plus d’ingénieurs et de techniciens. Mais elle doit aussi pouvoir rassembler les énormes capitaux nécessaires pour financer les projets. Or, la situation économique de ces États est en général peu reluisante. Endettés, les pays africains peuvent difficilement mettre en oeuvre des projets pourtant si nécessaires à leur développement. Selon Bernard Duhamel, un espoir réside dans la diffusion d’un savoir technique au sein de ces pays, permettant l’implantation de solutions concrètes au développement énergétique.

 

 

 

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