Lire, lire, lire

Magazine Courants, mars-avril 1992

Lors d’un récent colloque à Montréal, Gérald Tremblay, ministre de l’Industrie, du Commerce et de la Technologie du Québec, a plusieurs fois déploré l’analphabétisme d’une grande partie de la main-d’oeuvre québécoise. Le ministre a rappelé que le Québec ne pourra faire sa marque dans les marchés mondiaux s’il continue à tolérer cet état de fait.

La situation est la même aux États-Unis. Selon une étude de John Robinson, professeur de l’Université du Maryland, les Américains ne lisent que 24 minutes par jour, soit 25 % de moins qu’en 1965. Les ventes de journaux sont en baisse et un Américain sur deux ne lit à peu près rien, ni journaux, ni magazines et encore moins des livres. Plus inquiétant, selon le professeur : même les gens instruits lisent moins qu’auparavant. Une constatation que l’on peut faire autour de soi. Combien de fois entendons-nous en effet des collègues dire qu’ils ne lisent que durant leurs vacances, le seul moment où ils trouvent du temps pour lire. Pourtant, des études établissent un lien direct entre le taux de lecture et la réussite professionnelle. L’écriture reste encore le meilleur moyen de transmettre des notions complexes.

De plus, dans une société de l’information, lire est devenu un atout non négligeable. En favorisant la participation des employés, il faudra en effet s’assurer que ceux-ci puissent bien lire et qu’ils aiment le faire. La plupart des grandes entreprises ont compris cela. La firme de consultants Simon & Schuster évalue à 500 M $ annuellement les ventes de programmes permettant de remédier aux problèmes de lecture des travailleurs américains.

Pauvres soviétologues
Ils ont passé des décennies à analyser les moindres communiqués du Kremlin, à examiner les photographies officielles pour deviner quel dirigeant allait sombrer dans la disgrâce, à colliger de petites fiches d’information sur un régime qui leur semblait presque éternel. Et puis voilà, tout s’écroule du jour au lendemain.

Pauvres soviétologues ! Ces docteurs du savoir russe se retrouvent aujourd’hui au sommet de la liste de recyclage, constate le magazine Business Week. La demande pour leurs sages conseils connaît une baisse radicale. Un peu à la manière d’un secteur industriel en pleine restructuration, la soviétologie doit s’adapter à un contexte complètement différent de l’ancien et se renouveler, histoire de pouvoir trouver le financement nécessaire à sa survie. Les universités et centres de recherche sont dans le même bain : ils doivent repenser leur mission, se trouver de nouvelles niches de recherche, arrimer leurs travaux à une réalité en pleine ébullition. Un contraste frappant avec la stabilité des 45 dernières années. Comme quoi personne n’échappe au bouleversement qui secoue l’économie mondiale !

Tendances des années 90
La bicyclette : encore plus populaire durant les prochaines années. Le magazine The Futurist a récemment publié la liste des principales tendances montantes ou descendantes au cours des prochaines années.

Parmi les tendances et activités en déclin, The Futurist énumère la consommation d’alcool et de tabac, les retraites anticipées, le jogging, les pesticides, les emplois manufacturiers, les promotions, la sécurité d’emploi. Parmi les tendances et activités qui prennent de l’essor, il y a la biotechnologie, l’accroissement des prix énergétiques, les soins aux personnes âgées, l’utilisation des téléphones cellulaires, les heures flexibles, les bonus, le golf et la bicyclette, la commercialisation de l’espace, la congestion automobile et, malheureusement, l’augmentation des taxes. Dans l’ensemble donc, des choses que nous pouvions pressentir et qui sont là, du moins le dit-on, pour durer.

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