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Lire ce qui été effacé

Magazine Courants, mai-juin 1992

Le US Postal Inspection Service démasque une plus grande proportion de criminels que tout autre service de lutte contre le crime, dont le FBI. C’est que l’organisme dispose d’un Institut de recherche à Washington, reconnu pour la mise au point de divers outils high tech très performants. L’un des derniers mis en circulation est un système vidéo capable de lire une inscription qui a été effacée, par exemple une signature sur une carte de crédit ou une adresse sur une enveloppe. Ce système donne déjà des résultats. Gare aux fraudeurs !

Médias et mensonges
Les gens perdent-ils confiance dans les médias ? C’est une question qu’il faut se poser à la suite d’un récent sondage mené en France sur la popularité des médias. L’étude révèle que la perte de confiance pour la radio est de 8 points, de 13 points pour les journaux, de 16 points pour la télévision. Un Français sur deux doute de la crédibilité des médias. Un fait assez troublant quand on se rappelle le rôle des médias en démocratie.

Parmi les sujets d’inquiétude, mentionnons l’uniformisation de l’information, à travers des réseaux comme CNN (phénomène qu’on a pu constater lors de la guerre du Golfe de 1991), l’influence culturelle des États-Unis, la domination du Nord sur le Sud. Autre sujet d’inquiétude : la sophistication des techniques de communication. La manipulation des opinions est rendue plus aisée par les progrès techniques que sont la haute définition et la reconstitution fictive des événements. Les gens se demandent également si on peut fabriquer un candidat aux élections, construire une image de toutes pièces au profit du premier politicien venu.

Normalvilles aux États-Unis

Magazine Courants, mai-juin 1992

Pour les experts en marketing, rien de tel que de dénicher des endroits dans un pays où les habitudes des consommateurs reflètent les habitudes générales de consommation. C’est là qu’on y effectue les pré-tests avant de lancer un produit ou qu’on récolte les humeurs du moment à propos de tout et de rien. D’après le recensement général effectué aux États-Unis en 1990, on commence à entrevoir quelles seront les prochaines « Normalvilles »des États-Unis. L’agglomération la plus représentative est Tulsa en Oklahoma. Au deuxième rang, c’est Charleston en Virginie de l’Ouest, suivie de Midland au Texas. Parmi les villes les moins représentatives : Detroit. Étonnamment, des 20 agglomérations les plus représentatives, plus de la moitié sont situées dans les États du centre des États-Unis.

Instruction et revenus
S’instruire, c’est s’enrichir. Cet adage a du plomb dans l’aile. Un article récent publié dans le New York limes rapporte une étude de l’Economic Policy Institute de Washington selon laquelle l’augmentation des revenus des diplômés universitaires se situe depuis 1989 sous la courbe de l’inflation. « Un baccalauréat n’est plus un passeport assuré vers des revenus en hausse », mentionne l’article.

S’il n’y a pas davantage d’emplois créés aux États-Unis, de plus en plus de diplômés rejoindront les rangs des classes moins aisées. En effet, l’écart entre le salaire horaire moyen des diplômés du secondaire et des diplômés universitaires s’est rétréci : un diplôme universitaire procure toujours un avantage pécuniaire, mais de façon moins importante qu’auparavant. Si, au cours des années 80, le revenu moyen des diplômés avec 4 années universitaires s’est accru de 2 % en termes réels, il a chuté de 1,6 % depuis 1989. En quelques années donc, le gain d’une décennie a été presque entièrement grugé. Un diplôme universitaire ne signifie plus nécessairement revenus à la hausse.

Lire, lire, lire

Magazine Courants, mars-avril 1992

Lors d’un récent colloque à Montréal, Gérald Tremblay, ministre de l’Industrie, du Commerce et de la Technologie du Québec, a plusieurs fois déploré l’analphabétisme d’une grande partie de la main-d’oeuvre québécoise. Le ministre a rappelé que le Québec ne pourra faire sa marque dans les marchés mondiaux s’il continue à tolérer cet état de fait.

La situation est la même aux États-Unis. Selon une étude de John Robinson, professeur de l’Université du Maryland, les Américains ne lisent que 24 minutes par jour, soit 25 % de moins qu’en 1965. Les ventes de journaux sont en baisse et un Américain sur deux ne lit à peu près rien, ni journaux, ni magazines et encore moins des livres. Plus inquiétant, selon le professeur : même les gens instruits lisent moins qu’auparavant. Une constatation que l’on peut faire autour de soi. Combien de fois entendons-nous en effet des collègues dire qu’ils ne lisent que durant leurs vacances, le seul moment où ils trouvent du temps pour lire. Pourtant, des études établissent un lien direct entre le taux de lecture et la réussite professionnelle. L’écriture reste encore le meilleur moyen de transmettre des notions complexes.

De plus, dans une société de l’information, lire est devenu un atout non négligeable. En favorisant la participation des employés, il faudra en effet s’assurer que ceux-ci puissent bien lire et qu’ils aiment le faire. La plupart des grandes entreprises ont compris cela. La firme de consultants Simon & Schuster évalue à 500 M $ annuellement les ventes de programmes permettant de remédier aux problèmes de lecture des travailleurs américains.

Pauvres soviétologues
Ils ont passé des décennies à analyser les moindres communiqués du Kremlin, à examiner les photographies officielles pour deviner quel dirigeant allait sombrer dans la disgrâce, à colliger de petites fiches d’information sur un régime qui leur semblait presque éternel. Et puis voilà, tout s’écroule du jour au lendemain.

Pauvres soviétologues ! Ces docteurs du savoir russe se retrouvent aujourd’hui au sommet de la liste de recyclage, constate le magazine Business Week. La demande pour leurs sages conseils connaît une baisse radicale. Un peu à la manière d’un secteur industriel en pleine restructuration, la soviétologie doit s’adapter à un contexte complètement différent de l’ancien et se renouveler, histoire de pouvoir trouver le financement nécessaire à sa survie. Les universités et centres de recherche sont dans le même bain : ils doivent repenser leur mission, se trouver de nouvelles niches de recherche, arrimer leurs travaux à une réalité en pleine ébullition. Un contraste frappant avec la stabilité des 45 dernières années. Comme quoi personne n’échappe au bouleversement qui secoue l’économie mondiale !

Tendances des années 90
La bicyclette : encore plus populaire durant les prochaines années. Le magazine The Futurist a récemment publié la liste des principales tendances montantes ou descendantes au cours des prochaines années.

Parmi les tendances et activités en déclin, The Futurist énumère la consommation d’alcool et de tabac, les retraites anticipées, le jogging, les pesticides, les emplois manufacturiers, les promotions, la sécurité d’emploi. Parmi les tendances et activités qui prennent de l’essor, il y a la biotechnologie, l’accroissement des prix énergétiques, les soins aux personnes âgées, l’utilisation des téléphones cellulaires, les heures flexibles, les bonus, le golf et la bicyclette, la commercialisation de l’espace, la congestion automobile et, malheureusement, l’augmentation des taxes. Dans l’ensemble donc, des choses que nous pouvions pressentir et qui sont là, du moins le dit-on, pour durer.

Amoral, avide et superficiel

Magazine Courants, août-septembre-octobre 1991

Voilà comment le magazine Business Week qualifie l’Américain moyen, dans un article qui recense un ouvrage intitulé The Day America Told the Truth : What People Really Believe About Everything That Really Matters.

Cet ouvrage, qui résulte d’une enquête auprès de 2 000 personnes à travers les États-Unis, nous apprend, entre autres, qu’un quart de la population adulte américaine abandonnerait sa famille pour la somme de 10 millions. À la question « Quel aspect de votre vie aimeriez-vous le plus changer», deux tiers des répondants mentionnent leur situation matérielle. Près de 50 % d’entre eux disent que personne ne les connaît véritablement. La plupart de leurs secrets sont de nature sexuelle et concernent notamment d’anciens partenaires.

Certaines révélations sont assez dures envers le monde du travail. Seulement un Américain sur dix est satisfait de son emploi et la moitié des répondants est d’avis que l’on s’élève dans la hiérarchie organisationnelle grâce à des manoeuvres politiques et non en travaillant avec ardeur. Les personnes sondées admettent qu’au bureau, elles consacrent en moyenne sept heures par semaine, soit l’équivalent d’une journée de travail, à des activités qui ne concernent pas leur tâche : appels à des amis, discussions, etc. Pire, elles mentent sur leur état de santé afin de rester à la maison. Révélation étonnante : plus d’hommes que de femmes aimeraient changer d’âge.

Cerveau et maladies
Même si elles n’ont pas obtenu toute la publicité qu’elles auraient pu attirer, des recherches récentes et très sérieuses, car menées par les réputés National Institutes of Health, près de Washington, tendent à démontrer de façon scientifique la relation directe entre le cerveau et le système immunitaire, écrit le bulletin Boardroom. Ces recherches ont même suscité, par leur ampleur, la création d’une nouvelle branche médicale : la neuro-immunomodulation.

Selon ces recherches, le cerveau peut moduler le système immunitaire de façon à protéger le corps contre certaines maladies, dont le cancer. Certes, depuis longtemps, le corps médical et scientifique soupçonne que les gens qui ont une attitude positive sont plus résistants à la maladie que les gens dépressifs et peu confiants en leurs moyens. Mais on n’est jamais véritablement arrivé à en faire la preuve scientifique. De plus en plus toutefois, des spécialistes du corps médical traitent non seulement le symptôme, mais les attitudes de leurs patients, afin d’augmenter leur résistance physique aux maladies.

Parmi les moyens recommandés, quelques-uns ressortent régulièrement. Parmi ceux-ci, rechercher l’appui de sa famille et de ses amis lors de périodes difficiles. Les solitaires ont en effet plus souvent tendance à être malades. Quand on doit affronter des difficultés, il ne faut donc pas se replier sur soi, mais au contraire s’ouvrir à des gens de confiance.

La génération X

Magazine Courants, juillet-août-septembre 1990

Les aspirations des nouveaux diplômés sont totalement différentes de celles de leurs ainés, soutient le journaliste Philip Schofield, du quotidien Financial Times. Les personnes qui les recrutent n’ont simplement pas affaire à des répliques de ce qu’elles étaient. La caricature qui accompagne l’article montre d’ailleurs un jeune diplômé en entrevue, qui demande à l’employeur : « Oublions le salaire, et parlez-moi plutôt de vos valeurs corporatives. »

Cette nouvelle génération de diplômés, surnommée la génération X, préfère la réalisation de projets que l’accomplissement de taches routinières. Les jeunes diplômés recherchent une rétroaction continue de leurs supérieurs, aiment être rapidement informés et accordent plus d’importance à l’ampleur des défis à réaliser qu’au statut. Ils veulent qu’on leur donne des objectifs concrets, avec des exigences très précises et font confiance à l’autorité. Ils ne sont pas à l’aise avec l’ambigüité. Sur le plan personnel, conclut l’article, les jeunes sont plus attachés que leurs ainés aux valeurs mariage et famille, en fonction desquelles ils veulent vivre davantage.

Priorité à la famille
Quatre-vingts pour cent des Américains accordent plus d’importance au temps passé auprès de leur famille qu’à la progression de leur carrière. C’est la conclusion d’un sondage de la firme Robert He International, effectué auprès de 1 000 personnes.

L’étude mentionne également que presque un Américain sur cinq accepterait une diminution de salaire de l’ordre de 6 à 10 % pour pouvoir disposer de plus temps avec sa famille. Enfin, deux tiers des hommes et des femmes interrogés ont dit qu’ils refuseraient une promotion si cela exigeait d’eux qu’ils consacrent moins de temps à leur famille.

Les travaux ménagers au jour le jour
Avez-vous parfois l’impression que vos heures de loisir sont consacrées aux travaux ménagers ? Si c’est le cas, consolez-vous, vous n’êtes pas seul à penser ainsi. Selon une enquête rapportée par Tendances sociales canadiennes, à partir de statistiques compilées en 1986, les Canadiens passent en moyenne 1 h 45 par jour à faire du ménage. Les femmes mettent toutefois plus de temps à nettoyer que les hommes, soit 2 h 30 contre 1 h pour les hommes. Dans une journée, 77 % des femmes consacrent 1 h 15 à la préparation des repas, alors que 29 % des hommes y mettent moins de trois quarts d’heure. Chez les couples où les deux conjoints travaillent, le déséquilibre se maintient : 89 % des femmes effectuent chaque jour des travaux domestiques comparativement à 51 % des hommes.

Sexe et âge

Magazine Courants, juillet-août-septembre 1990

Les hommes sont attirés par le sexe pour le plaisir physique et les femmes pour l’amour et l’intimité, vrai ?

Faux, selon une étude de deux professeurs américains, David Quadagno et Joey Sprague, rapportée par le magazine Psychology, Today. Cela dépend non pas du sexe, mais de l’âge de l’individu. Selon les chercheurs, les motivations émotives des femmes décroissent à mesure qu’elles vieillissent. En effet, 61 % des femmes entre 22 et 35 ans interrogées ont dit rechercher le sexe pour l’amour. Ce pourcentage chute à 38 % pour les femmes qui ont entre 36 et 57 ans.

Pour les hommes, c’est le processus inverse. 44 % des hommes âgés de moins de 36 ans ont dit que l’attrait physique est le moteur de leur désir. Cependant, pour les hommes de plus de 36 ans, ce taux chute à 36 %. Comment les chercheurs interprètent-ils leurs résultats ? Ils croient qu’au début de notre vie, nous sommes conditionnés par des attitudes stéréotypées face à la vie sexuelle. Vient ensuite un changement : à mesure que l’on vieillit, les hommes et les femmes veulent découvrir l’autre moitie « réprimée » de leur expression sexuelle.

Entre deux avions, garder la forme
En consultant votre agenda, vous constatez que la semaine qui vient sera fort chargée. En quelques jours, vous prendrez quatre avions et séjournerez dans trois villes. Or, depuis quelques mois, vous vous rendez régulièrement au studio de conditionnement physique. Ces voyages en avion, ces nuits à l’hôtel vous feront-ils reprendre les quelques kilos que vous avez si difficilement perdus.

Rassurez-vous. Les équipements physiques portatifs viennent de faire leur entrée sur le marche, grâce à une firme de Vancouver, Rhombus Lifestyle Products. Ces équipements légers et démontables peuvent aisément être insérés dans votre mallette. Pour les utiliser, vous pouvez les installer à la porte de votre chambre d’hôtel. Nul doute que ces équipements auront une certaine popularité. Les adeptes de la bonne forme physique savent combien le dégonflement des muscles est inversement proportionnel aux dures efforts déployés pour en gagner.