Normalvilles aux États-Unis

Magazine Courants, mai-juin 1992

Pour les experts en marketing, rien de tel que de dénicher des endroits dans un pays où les habitudes des consommateurs reflètent les habitudes générales de consommation. C’est là qu’on y effectue les pré-tests avant de lancer un produit ou qu’on récolte les humeurs du moment à propos de tout et de rien. D’après le recensement général effectué aux États-Unis en 1990, on commence à entrevoir quelles seront les prochaines « Normalvilles »des États-Unis. L’agglomération la plus représentative est Tulsa en Oklahoma. Au deuxième rang, c’est Charleston en Virginie de l’Ouest, suivie de Midland au Texas. Parmi les villes les moins représentatives : Detroit. Étonnamment, des 20 agglomérations les plus représentatives, plus de la moitié sont situées dans les États du centre des États-Unis.

Instruction et revenus
S’instruire, c’est s’enrichir. Cet adage a du plomb dans l’aile. Un article récent publié dans le New York limes rapporte une étude de l’Economic Policy Institute de Washington selon laquelle l’augmentation des revenus des diplômés universitaires se situe depuis 1989 sous la courbe de l’inflation. « Un baccalauréat n’est plus un passeport assuré vers des revenus en hausse », mentionne l’article.

S’il n’y a pas davantage d’emplois créés aux États-Unis, de plus en plus de diplômés rejoindront les rangs des classes moins aisées. En effet, l’écart entre le salaire horaire moyen des diplômés du secondaire et des diplômés universitaires s’est rétréci : un diplôme universitaire procure toujours un avantage pécuniaire, mais de façon moins importante qu’auparavant. Si, au cours des années 80, le revenu moyen des diplômés avec 4 années universitaires s’est accru de 2 % en termes réels, il a chuté de 1,6 % depuis 1989. En quelques années donc, le gain d’une décennie a été presque entièrement grugé. Un diplôme universitaire ne signifie plus nécessairement revenus à la hausse.

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