L’Algérie oubliée

La Presse, 18 mai 2002

DEPUIS quelques semaines, on parle beaucoup, avec raison, de la violence au Proche-Orient et des nombreux morts résultant du conflit dans cette région, dont l’issue reste des plus inconnue. Cela a toutefois tendance à nous faire oublier qu’il est d’autres pays où, chaque jour, on est tout aussi inquiets pour la vie du conjoint, de l’enfant, d’un proche parent. C’est le cas de l’Algérie un des principaux partenaires économiques du Canada en Afrique et un des plus importants pays d’immigration pour le Québec.

Le 3 mai, le journal La Presse rapportait la nouvelle, stupéfiante quand on s’y arrête un peu, que pas moins de 90 personnes ont été assassinées dans ce pays, simplement depuis le début d’avril. Or, depuis 10 ans, 150 000 personnes qui sont mortes dans ce pays en raison de violences politiques récurrentes.

Ici, à Montréal, la communauté algérienne n’est pas à l’abri de ces inquiétudes. À chaque jour, plusieurs se demandent, dans l’angoisse, si un des leurs a été une des victimes innocentes de cette terreur aveugle. Il ne faut pas oublier qu’il est bien d’autres endroits dans ce monde où la souffrance humaine existe, mais sans attirer une telle attention mondiale.

Les commentaires sont clôturés.