Les désillusions économiques suite au 11 septembre

Métro, 22 octobre 2001
Professionnel au sein d’une entreprise d’État.

Dans la presse économique, le discours entendu il y a à peine un an était que la machine économique nord-américaine était huilée à a perfection. Aux États-Unis, notamment, les indicateurs utilisés pour jauger la santé économique, tous positifs étaient presque du jamais vu: chômage à 4 % ; inflation maitrisée; taux d’intérêt à as niveau permettant aux entreprises d’investir es aux ménages de consommer ; croissance économique depuis dix ans; Bourses enflammées, ajoutant chaque fois son lot de millionnaires ; confiance soutenue des consommateurs ; ouverture mondiale des marchés.

Même les indicateurs sociaux participaient à la réjouissance : le taux de pauvreté aux États-Unis avait aussi connu une baisse marquée pour la première fois depuis des lustres. Même le Québec, avait son déficit endigué, s’était joint à la fête, en relâchant un peu la corde sur nos portefeuilles fatigués, par une baisse d’impôt sur les particuliers.

Tout cela a basculé depuis le 11 septembre. Comme dans un mauvais rêve, ce que l’on croyait presque acquis s’est en partie volatilisé. Les grandes entreprises se sont mises à annoncer, presque à l’unisson, des baisses importantes de leurs chiffres d’affaires envisagés pour les prochains mois, et des nécessaires pertes d’emplois.

Ce ne sont pas seulement ces annonces, en partie attendues par un ralentissement déjà engagé, mais leur ampleur : à coup de dizaines de milliers d’emplois directs et chez des noms qui, au Québec, font la fierté de notre tissu économique : Bombardier, Air Canada, General Motors, Pratt & Whitney.

Morale : la société (et notre qualité de vie), c’est comme la santé, c’est bien fragile. Tout comme un simple rhume peut entrainer une pneumonie, puis l’hospitalisation pour des mois, quelques hommes embrigadés et déterminés peuvent jeter la morosité et une profonde incertitude à une société dont l’avenir paraissait pourtant, il y a peu, rempli d’optimisme.

Une proposition
Pour l’un, c’est le djihad (guerre sainte) au nom d’Allah. Pour l’autre, les actions entreprises pour le contrer sont engagées sous le paravent de God Bless Us. Bref, comme en des temps immémoriaux, Dieu est encore, en ce 21e siècle, invoqué avec ferveur pour des fins pourtant bien terrestres et si humaines.

Les événements récents font en tout cas passer pour prophète l’écrivain André Malraux, qui aurait déclaré que « le 21 e siècle sera religieux ou ne sera pas »…

Une solution donc, concrète, pour couper court à ces prédications : un Sommet mondial, réunissant les autorités les plus respectées du judaïsme, du christianisme et de l’islam, condamnant fermement l’utilisation de la terreur commise au nom de Dieu.

Certes, ce n’est pas cette initiative qui va mettre fin aux risques que nous courrons, mais ce concile » permettrait à toue le moins de court-circuiter la justification religieuse d’attentats terroristes.

Une manière pour des jeunes et leurs parents, recrutés par des imams autoproclamés, de contester leur prétention de » plaire à Dieu » et d’accéder au paradis en enlevant la vie de milliers de pauvres innocents et à brimer irrémédiablement celle de leurs proches.

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