Serment à la Reine : un énoncé déplacé et fâcheux

La Presse, 6 mai 2003

Je voudrais donner suite à la réplique de Nicole Léger, députée de Pointes-aux-Trembles à l’Assemblée nationale, publiée hier, au sujet du serment d’allégeance à la Reine imposée aux députés.

J’ai éprouvé le même inconfort, voire presque comme une provocation, ce même serment exigé aux nouveaux citoyens canadiens.

Ayant récemment assisté à la cérémonie de mon épouse, d’origine maghrébine, présidant l’acceptation d’immigrants reçus comme citoyens du Canada, j’ai été secoué de voir de nouveaux citoyens, provenant d’une trentaine de pays, déclarer, main droite levée, leur allégeance à une obscure reine d’Angleterre, dont ils n’ont assurément que faire.

La pensée nous vient alors d’imaginer le tollé immense qu’une même cérémonie provoquerait dans un Canada anglais obligé de déclarer sa fidélité à un fictif roi de France.

Bref, cet énoncé vient porter grandement ombrage à une célébration à forte portée symbolique et émotive et il serait grandement temps d’y renoncer.

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