Hydro-Québec et EDF, une affinité naturelle

Hydro-Presse, fin février 1994

Quelques mois avant de partir pour mon stage à Électricité de France (EDF), un reportage télévisé de Radio-Canada portant sur la réorganisation se concluait ainsi : « Hydro, c’est gros … »

En arrivant à EDF, j’avais en tête ce commentaire en jetant un oeil sur leurs statistiques. Imaginez : notre consoeur française fait plus de six fois notre taille !

Des revenus de 42 milliards de dollars (7 milliards pour Hydro), un parc de production de près de 96 000 MW (30 000 MW pour Hydro), 28 millions de clients (3,5 millions pour Hydro) et 118 000 employés (27 000 à Hydro).

Chiffres impressionnants, qui placent EDF comme la plus grande entreprise d’électricité du monde, et de loin. C’est que contrairement à plusieurs de ses voisins européens, qui n’exercent leurs activités que sur une partie de leur territoire national, EDF dessert tout le territoire français.

Malgré cette différence (de taille !) entre nos deux entreprises, Hydro-Québec et EDF ont beaucoup en commun. Comme Hydro, EDF est la propriété de l’État. Elle exerce également un quasi-monopole sur la production, le transport et la distribution d’électricité.

Elle occupe une place importante dans l’activité économique nationale, de par sa présence sur tout le territoire, et a une politique de tarifs uniformes (qui s’applique aussi loin que Saint-Pierre-et-Miquelon !).

Plus globalement, nous partageons une culture commune, faite d’un attachement à l’entreprise et d’une relative stabilité dans l’emploi. Enfin, et ce n’est pas à négliger, nous avons une même langue, le français.

Pour ces raisons, avec un minimum de bonne volonté, un employé d’Hydro-Québec peut facilement trouver des points de repère et s’intégrer à EDF. D’autant plus qu’il trouvera là-bas un accueil chaleureux, nos « cousins français » se montrant d’emblée sympatiques aux Québécois.

Cela étant, il y a aussi des différences. La plus frappante a trait sans nul doute à la source de production d’électricité. Ici, nous utilisons surtout de l’eau. En France, à peu près toutes les rivières ont été harnachées ; le pays dispose de ressources limitées en combustibles fossiles, pétrole, charbon ou gaz.

Réduite à un état de grande dépendance face à des sources extérieures d’approvisionnement, la France a donc fait le choix, dans les années 70, de la filière nucléaire.

Les résultats ont été spectaculaires : la dépendance énergétique de la France a réduite de moitié, et le nucléaire assure maintenant 75 % de la production d’électricité avec 56 réacteurs dispersés sur une vingtaine de sites. La France est, avec le Japon, un leader de l’énergie nucléaire dans le monde.

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