Les grandes idées du management. Des classiques aux modernes

W. Jack Duncan, Les grandes idées du management. Des classiques aux modernes, Paris, Afnor Gestion, 1990.

Magazine Courants, octobre 1992

Si vous avez des penchants pour les ouvrages de référence, les livres que l’on consulte épisodiquement mais fidèlement, vous apprécierez Les grandes idées du management – Des classiques aux modernes, de W. Jack Duncan.

Professeur d’université, l’auteur, prolifique et très engagé dans divers organismes de recherche en management aux États-Unis, s’est donné l’ambitieux défi d’exposer les grandes idées ayant permis au management de se constituer en tant que discipline d’étude. Son point de départ se situe en Angleterre et en Écosse au XVIIIe siècle, berceau de la révolution industrielle, avec les penseurs Charles Babbage, chantre de la division du travail, et Andrew Ure, apôtre de la mécanisation. Mais c’est aux États-Unis que se poursuivra l’essentiel de la pensée managériale, indique Jack Duncan, notamment avec le développement de 1’industrie automobile.

On voit alors apparaitre les concepts de production de masse et d’économie d’échelle et leur corollaire, l’automatisation et la spécialisation du travail.

« L’ingénierie est la discipline mère du management », écrit Jack Duncan. Face à la recherche d’une efficacité toujours croissante, pas étonnant que s’affirme au début du siècle le credo de la gestion scientifique, dont les principaux porte-parole sont Frederick Taylor et Harrington Emerson.

Les efforts des théoriciens visent à rendre cette discipline le plus scientifique possible afin de lui assurer respectabilité et légitimité. Les travaux de Lyndall Urwick (1944) poseront de façon systématique cette tentative de marier science et gestion, qui entraîneront par la suite des études centrées sur la rationalité dans le processus de prise de décision, notamment par l’entremise de l’école Carnegie-Mellon, et sur le comportement des dirigeants (recherches de Kotter et de Mintzberg).

Mais gérer, c’est chercher à atteindre un but, rappelle Jack Duncan au début de son ouvrage. Pas étonnant que le management ait fait une large place à la gestion des tâches et des objectifs comme pilier du succès des entreprises, concept qu’un auteur comme Peter Drucker a largement contribué à populariser. Et c’est aussi gérer des humains et, là, le management s’y est beaucoup attaqué, entre autres à propos de l’étemelle question de la motivation : Maya, Maslow, Vroom, par exemple, y ont apporté de contributions importantes, qui se sont portées ces dernières années sur la question du leadership, restée pour plusieurs un mystère du management.

Que retenir de ces 200 années de travaux et de réflexions sur le management ? Jack Duncan nous rappelle une vérité première : rien ne se crée dans le vide. Lire : les idées actuelles « ne sont que le prolongement logique d’idées développées ailleurs et d’autres époques ». Il en tire dix leçon celles qui valent pour les générations successives de managers.

La lecture en est fortement recommandée. Citons la dernière : « Les principes du management sont pour la plupart relatifs. L’absolu est l’exception. »

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