L’économie et la morale

Magazine Courants, mai-juin 1990

Qu’ont en commun des professeurs d’économie aussi renommes qu’Herbert Simon, Lester Thurow, des enseignants en gestion internationalement connus telle Rosabeth Kanter et des politicologues comme Richard Rose ?

Ils sont d’ardents promoteurs d’une nouvelle philosophie, nommée la socio-économie. La socio-économie, comme le décrit Le Monde, dénonce l’impérialisme du raisonnement économique dans la vie intellectuelle dans renseignement des « business schools ».

Animé par Amitai Etzioni, sociologue à Harvard, le mouvement est présent dans 15 pays ; il vient de tenir son deuxième congrès à Washington. La préoccupation des socio-économistes n’est pas farfelue : une enquête de la chercheuse américaine, Janet Walker, indique que la plupart des étudiants des écoles de commerce « associent naturellement les mécanismes du marche à des valeurs morales suprêmes ».

La socio-économie récuse l’image de l’homme comme simple consommateur utilitariste. Pour les socio- économistes, « l’homme est un sujet où s’affrontent l’utilité et la morale ». Ils s’inquiètent surtout des conséquences qu’entraine la propagation du dogme économique orthodoxe où priment les lois du marché et de l’argent sur la vie collective. Et ce, particulièrement chez les jeunes et les pauvres. Selon les socio- économistes, les écoles doivent faire davantage la promotion de la coopération et des projets collectifs.

 

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