Simplifier les choses

Magazine Courants, mai-juin-juillet 1991

Vous avez sûrement déjà entendu parler lors d’un colloque ou par un de vos collègues du principe KISS (Keep It Simple and Stupid). Le bulletin Boardroom le reprend et titre : Les bons patrons sont de grands simplificateurs. D’après le bulletin, les employés travaillent mieux quand ils ont une compréhension claire de ce qu’on attend d’eux. Cela n’est pas possible si les gestionnaires s’attaquent aux détails de chaque problème. Ce faisant, ils introduisent de la confusion chez les employés. Comment faut-il réagir ? En disant aux employés : « Il s’agit certes d’un problème complexe, mais ne vous perdez pas dans les détails. Initiez pour le moment des actions simples qui aideront à la solution du problème. »

Les réunions thérapeutiques
Vous trouvez que vous perdez trop de temps en réunions de toutes sortes ? Voici pourquoi, d’après une étude du consultant américain, Genie Laborde. C’est que les participants à une réunion y assistent souvent, sans le savoir, pour satisfaire certains besoins psychologiques. Génie Laborde en nomme trois : le besoin de satisfaire son ego, son importance pour l’entreprise ; le besoin d’être en relation avec d’autres, pour l’amitié, se gagner l’admiration ou le respect des pairs; ou pour découvrir à quel point nous sommes indispensable et influent.

Le consultant déplore que la plupart des réunions sont conduites sans règles et sans balises, ce qui entraîne de grandes pertes de temps. Pour éviter cet écueil, il propose que l’animateur identifie explicitement les objectifs dès le début de la réunion et qu’il ne tente pas de tout régler en une seule rencontre.

Voir à son stress
Lorsqu’un problème apparaît, certaines personnes deviennent préoccupées, tournant continuellement ce problème dans leur tête et aggravant la situation de ce fait même. D’autres évitent au contraire d’y penser en s’engageant dans de nombreuses activités comme le sport et les sorties sociales, afin de minimiser le stress qu’elles ressentent. Ni l’un ni l’autre de ces comportements ne peut apporter de solution pour maîtriser véritablement le stress. La meilleure façon de diminuer le stress, selon Harry Levinson, un conseiller américain en management, est de parler de ses problèmes à une personne en qui on a confiance. Cela permet d’examiner la situation en la décrivant Une oreille attentive et sympathique aide à préciser nos idées et à replacer nos problèmes en perspective, dans un contexte réaliste. La confession et la psychanalyse jouent un rôle semblable.

Les psychologues conseillent souvent de ne pas garder pour soi nos problèmes. Il semble que nous voyons toujours les difficultés qui nous arrivent de manière exagérée. S’en parler soulage et le fait de nous comparer démontre souvent que notre situation n’est pas pire que d’autres. « Lorsqu’on se regarde, on se désole, mais lorsqu’on se compare, on se console », disaient nos ancêtres. La confession dans la religion catholique et la psychanalyse jouent un rôle semblable. Elles permettent d’exprimer notre inconfort et nos angoisses face à des situations qui provoquent le stress, parce qu’elles ne sont pas en harmonie avec un comportement idéal. Parler de ses problèmes afin de les oublier et de repartir à neuf, c’est en somme avoir droit à l’erreur et le droit de repartir du bon pied.

 

 

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