Demandé : recteur d’université

Magazine Courants, mai-juin-juillet 1991

« ll s’agit probablement du travail, le plus exigeant qui soit aux États-Unis. » À lire cette déclaration, vous pensez sûrement à des fonctions comme président des États-Unis, de General Motors ou de Federal Reserve Bank. Eh bien non, il s’agit du poste de recteur d’université. Quoi ? Voilà un poste au contraire prestigieux, bien rémunéré, permet au titulaire de jouir d’avantages considérables (chauffeur cuisinier), de se promener de coquetel en réception et d’avoir ses entrées dans tous les milieux. Pourtant, Robert Rosenzweig sait de quoi il parle : il est le préside de l’Association des universités américaines. Diriger une université « ressemble à la fois aux fonctions de président d’entreprise et de politicien, mais sans les pouvoirs du président et l’influence du politicien », dit-il, dans une entrevue parue dans le magazine Newsweek.

À preuve, deux personnages bien en vue, l’un ancien conseiller à la Maison-Blanche, l’autre cadre universitaire, ont récemment refusé le poste de recteur de l’université Brandeis, de Boston, une chose qui ne s’était jamais vue il y a quelques années. C’est que le poste de recteur est devenu beaucoup plus complexe et plusieurs considèrent que le prestige rattaché au poste ne compense plus pour le contenu de la tâche.

Aujourd’hui, en effet, les recteurs doivent se débattre au milieu de montagnes de dettes tout en devant manoeuvrer au-dessus des luttes continuelles de pouvoir entre les divers départements. Résultat : plusieurs recteurs sont aux prises avec des problèmes familiaux ou de santé, en raison du stress grandissant relié à l’emploi. Même la plus célèbre université américaine, Harvard, a du mal à recruter : son nouveau recteur, Neil Rudenstine, 56 ans, a réfléchi pendant une semaine avant d’accepter l’offre finale de l’université.

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